L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle, Bernard Lani Davo était hier dimanche, l’invité de l’émission « Zone Franche » de la chaîne de télévision privée Canal3. Entres autres sujets évoqués par le ministre Davo, il y a l’affaire Cen-Sad et le deuxième congrès ordinaire du Parti social démocrate(PSD) tenu le week-end dernier à Cotonou. A cet effet, il a désavoué son ancien collègue de l’Alphabétisation qui a tenu selon lui, des propos à la limite irresponsables. Quant à Bruno Amoussou, il déplore son maintien à la tête du PSD.
Par : Edgar GNIMAVO
L’affaire Cen-Sad qui a connu son épilogue la semaine dernière avec le rapport de la Commission Kpognon, continue d’alimenter les débats. Même en vacances gouvernementales, les ministres continuent d’expliquer la démarche du gouvernement dans ce dossier. Hier, dimanche 16 août 2009, sur l’émission « Zone Franche » de la chaîne de télévision privée Canal3, le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle, Bernard Lani Davo est revenu une fois encore sur cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Réagissant par rapport aux déclarations de l’ex-ministre de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales, Roger Gbégnonvi, qui avait déclaré sur la même chaîne de télévision, il y a une semaine que le Chef de l’Etat est bel et bien informé des surfacturations qu’il y a eu dans le cadre de l’organisation du 10ème sommet de la Cen-Sad, Bernard Davo a laissé entendre que nul n’a le droit de se prévaloir de sa propre turpitude. « Si ce n’est de la naïveté, c’est qu’il ne connaît pas le fonctionnement de l’administration », a-t-il ajouté. Selon Bernard Davo, le Président de la République, Boni Yayi, n’est pas tenu de tout maitriser dans son gouvernement, car chaque ministre a ses prérogatives bien définies. C’est d’ailleurs pourquoi, il a qualifié les propos de l’ancien ministre de l’Alphabétisation, de pas suffisamment responsables. Fustigeant l’attitude de Roger Gbégnonvi, le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle dit ne pas comprendre pourquoi, c’est maintenant qu’il n’est plus au gouvernement qu’il se décide à parler si tant est qu’il a des reproches à faire au Chef de l’Etat. Estimant que tout a été dit sur ce dossier avec le rapport de la commission Kpognon qui constitue la dernière phase de l’enquête administrative, le ministre Bernard Davo pense qu’il faut profiter de cette affaire Cen-Sad pour éclaircir un certain nombre de choses au niveau des uns et des autres. Selon lui, le Chef de l’Etat n’est pas obligé de se comporter comme il l’a fait dans le dossier Cen-Sad. « C’est de son propre chef et de sa responsabilité qu’il a demandé à l’Ige d’aller voir comment les choses se sont passées. Et dans l’histoire du Bénin, c’est pour la première fois qu’un Président de la République décide de punir même dans ses rangs. Au lieu d’encourager cette initiative, on déblatère, ce qui n’est pas bien », a-t-il indiqué. Pour finir, il a fait remarquer que ce sont ceux qui ne maîtrisent rien du fonctionnement de l’administration qui accusent le Chef de l’Etat dans ce dossier.
Le maintien de Bruno Amoussou en question
Comme il fallait s’y attendre, le deuxième congrès ordinaire du PSD tenu au Palais des congrès de Cotonou n’a pas été occulté au cours de cette émission. En tant qu’ancien membre actif de ce parti, le ministre Davo a fait remarquer qu’il a applaudi à l’annonce du congrès du parti. « J’ai poussé un ouf de soulagement car cela fait partie des raisons de mon départ », a-t-il dit. Mais « au finish, le congrès s’est terminé comme un spot publicitaire avec le maintien de son président », a-t-il regretté, car, à l’en croire, c’est une décision qui ne favorise pas le parti qui regorge de jeunes cadres capables de donner une nouvelle dynamique à cette formation politique. Il a profité de l’occasion pour poser le récurrent problème du non-respect des statuts des partis politiques. Selon lui, si l’opportunité était offerte aux uns et aux autres de faire campagne dans le cadre de ce congrès, il n’est pas sûr que Bruno Amoussou soit réélu. « Après ce congrès, j’aurais aimé que le PSD se prononce sur certains sujets qui concernent la nation mais, je suis resté sur ma faim et c’est dommage », a-t-il conclu. Par ailleurs, le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle a levé un coin de voile sur les dispositions qui sont en train d’être prises pour que la rentrée ait lieu à bonne date. Pour ce faire, il a annoncé la tenue cette semaine du conseil sectoriel de son ministère au cours de laquelle, les modalités pratiques à cet effet seront prises. « Je souhaite que la rentrée ait lieu à bonne date et je compte sur l’indulgence et la compréhension des autres acteurs pour y arriver », a dit le ministre Davo.