L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La concession d’un nouveau Terminal à conteneurs au Port de Cotonou au groupe français Bolloré par le gouvernement béninois, continue de défrayer la chronique. Reçu vendredi dernier sur l’émission Dossiers à la Une de la télévision nationale, le ministre en charge de l’économie maritime, des transports maritimes et Infrastructures portuaires est revenu largement sur les tenants et aboutissants de cette transaction. Tout en rétablissant la vérité, Issa Badarou-Soulé n’a pas manqué d’inscrire la construction de ce Terminal financée par un programme américain dans le cadre des réformes indispensables engagées par le régime actuel afin d’augmenter le trafic portuaire au Bénin.
Par : Bernadin MONGADJI
« Réformes portuaires. Pourquoi Bolloré « ? C’est le thème de l’émission ‘’Dossiers à la Une’’ qui a reçu, vendredi dernier, le ministre Issa Badarou-Soulé. En faisant le tour d’horizon de ce sujet qui défraie depuis quelques jours l’actualité nationale, l’actuel ministre en charge de l’Economie maritime, des Transports maritimes et Infrastructures portuaires, a levé le voile sur ce qu’il est convenu d’appeler le ‘’Dossier Bolloré ‘’ou la privatisation du Port de Cotonou. De l’avis du premier responsable de ce secteur, il n’est pas question pour le gouvernement béninois de vendre le Port de Cotonou. « Le port de Cotonou est géré par le Port Autonome de Cotonou, et continuera de l’être par cette entreprise d’Etat », a-t-il clarifié pour couper court aux rumeurs faisant état d’un bradage au groupe français Bolloré de ce poumon de l’économie nationale. Il s’agit en fait, à en croire, Issa Badarou- Soulé, de la mise en concession du terminal à conteneurs qui, du reste, est financé par le Programme du Millenium Challenge Account ( MCA). Cette mise en concession, a tenu à préciser le ministre, est d’ailleurs l’une des exigences de la convention liant le Bénin aux Etats-Unis d’Amérique à travers le Millenium Challenge Corporation, convention signée en 2006 avant l’arrivée au pouvoir du régime de Boni Yayi. La mise en concession découle d’un des projets de cette convention à savoir l’Accès aux marchés’’ et a pour objectif l’amélioration des performances du Port de Cotonou. C’est dans ce cadre que le Mca va financer la construction de deux quais. Le groupe Bolloré- Smtc, aura quant à lui, à faire un investissement de 125 milliards pour construire un terre-plein pour le stockage des conteneurs, acquérir des portiques de quai et d’autres équipements pour les opérations de manutention aussi bien à quai que sur le terre-plein afin de parachever l’ouvrage pour obtenir le terminal à conteneurs dont l’exploitation lui est concédée. Selon Issa Badarou- Soulé la construction de ce terminal va permettre au port de Cotonou d’accueillir de gros navires et d‘augmenter considérablement le trafic. En effet, précise le ministre, « alors que les infrastructures actuelles permettent de recevoir 350.000 conteneurs par an, le terminal sud en recevra environ 450.000 » dans la même période. De plus, le rythme d’enlèvement des conteneurs qui était à moins de quinze par heure passera à plus de 40 pour le même temps, grâce aux portiques que le concessionnaire va mettre en place et qui doit permettre d’avoir une fluidité appréciable au niveau du trafic. Bolloré- Smtc qui entend faire du port de Cotonou, grâce à cette concession, le second port du Grand Lagos, participera à la construction d’un port sec à Badagry (Nigeria) pour y acheminer le trafic du Grand Lagos, du port sec de Parakou et au renforcement et à la modernisation des chemins de fer du Bénin en prévision du trafic en provenance ou à destination du Niger. En conclusion, Issa Badarou- Soulé a réaffirmé la transparence qui a caractérisé la concession du Terminal à conteneur au Groupe français Bolloré qualifié suite à un appel d’offre international conduit conjointement par le programme américain MCA et le gouvernement béninois. A preuve souligne-t-il, c’est le Port autonome de Cotonou en tant qu’opérateur portuaire qui en a fixé les redevances fixes et variables. Ce qui permet au gouvernement béninois de tirer de substantielles ressources financières évaluées à 92 milliards en huit et à 450 milliards en 25 ans. « C’est une opération intéressante pour le Bénin », a indiqué le ministre en charge de l’économie maritime. Cette concession vient booster aussi la modernisation et la compétitivité du Port de Cotonou et crée par ailleurs des milliers d’emplois.
La situation des dockers
Comme à son habitude,le ministre Issa-Badarou a réitéré une fois encore le grand intérêt qu’il accorde aux dockers. Afin de mieux cerner les difficultés qu’ils traversent, l’autorité a mis en place un comité qui devrait lui faire des propositions qui devront lui permettre de prendre des décisions qui amélioreront leurs conditions de vie et de travail. C’est dans ce cadre qu’il les avait invités à rester sereins et éviter de se faire manipuler. En fin, le ministre a annoncé l’organisation d’un grand symposium africain sur l’économie maritime du 28 septembre au 02 octobre 2009 par son département. Cette rencontre qui est une première permettra au Bénin de jouer un grand rôle désormais dans cet important secteur et d’être au cœur des grandes décisions à l’avenir.