L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La 14ème édition de la fête nationale des religions endogènes du Bénin s’est déroulée samedi sur la place Wéhondji du musée historique d’Abomey. Cette célébration a été l’occasion d’un passage rythmé des divinités présentes. Une exhibition précédée d’une multitude d’allocutions qui, toutes, ont applaudi l’initiative dont la finalité est de promouvoir les religions endogènes.
Par : Francis-Hervé Sanoussi
Pour le ministre chargé des relations avec les institutions, « rien ne sera possible si nos cultures ne sont pas promues et si nous continuons à nier notre identité culturelle et occultons nos religions endogènes ». Les critères de développement doivent, a conclu M. Zachari Baba Body, au terme de son allocution, s’étendre aux paramètres culturels. Quant au ministre de la Culture, de l’Alphabétisation et de la promotion des langues nationales, M. Galiou Soglo, il a déclaré que l’institutionnalisation de la fête des religions endogènes au Bénin répond au souci de respecter l’équité entre les religions. C’est une occasion de « valorisation et de préservation du Vodoun en particulier et de toutes les religions traditionnelles en général ». A cette occasion, a-t-il laissé entendre, chaque Béninois est invité « à rendre grâce et à célébrer la diversité des expressions culturelles et cultuelles endogènes ». Représentant le Chef de l’Etat à cette cérémonie, le ministre Joseph Ahanhanzo-Glèlè a remercié les adeptes des religions traditionnelles pour les prières à l’endroit du chef de l’Etat, du gouvernement et des Béninois. « Que vos prières éloignent de nous les démons de la division et que le Vodoun aide à former des citoyens bâtisseurs de la nation », a-t-il souhaité. C’est le représentant du Comité de suivi des religions endogènes qui, mieux que tous les autres intervenants, captivera l’attention de l’auditoire avec des idées évolutives. En effet, pour lui, d’importants défis attendent les adeptes des religions traditionnelles, à savoir, une réorganisation structurelle, la préservation des valeurs cultuelles et culturelles et l’orientation ou réorientation de ces valeurs en concordance avec la nécessité d’une éducation civique et morale fondée sur les valeurs républicaines. Honorée d’accueillir cette 14ème édition de la fête du Vodoun, Abomey a été aussi encensée par le préfet des départements du Zou et des Collines pour le rôle central que tient le royaume du Danhomè dans la perpétuation du Vodoun. "Prêtres, prêtresses et adeptes du culte Vodoun, votre participation massive à cette fête témoigne de ce que la cité des houégbadjavi est le berceau d’une brillante civilisation au cœur de laquelle le vodoun occupe une place importante", a dit M. Maurice Armand Nouatin. Ce n’est que justice, estime-t-il. Car, selon lui, le 14ème arcane majeur du Fâ augure de beaux jours. Par conséquent, son souhait est que cette 14ème édition incarne d’heureuses perspectives pour les "Africains animistes et syncrétistes". La fête à Abomey, avait également, pour sa part, fait remarquer le ministre Baba Body, est la reconnaissance de la nation aux combats historiques menés par les rois du Danhomè au cours de la période précoloniale. A la fin des allocutions, les adeptes des divinités présentes ont défilé. Il a été noté que Ségbo Lissa, la mère de toutes les divinités, Tohiô, Hêbiosso, Ogou, Sinamboura, Tchinan, Sakpata, Yawoitcha, Egungun ont marqué de leur présence cette fête.