L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le collectif des partis politiques du G13, G4 et Force Clé se retrouvent à Bohicon, dès ce jour, pour des journées de réflexion sur la crise politique nationale. Selon les indiscrétions, ces formations politiques réservent bien des surprises à l’issue de leurs échanges. Certaines sources bien informées renseignent déjà que le Prd se prépare à faire une déclaration à la fin des assises.
Par : Barnabé HOUNKANRIN
Que peut-on attendre de cette Université de vacances du collectif des partis politiques du G13, G4 et Force Clé ? C’est la question qu’on se pose ce jour où démarre à Bohicon, le conclave entre ces formations politiques qui, au départ, n’ont pas les mêmes objectifs, encore moins les mêmes aspirations politiques. Le collectif dont il s’agit ici est un groupe hétéroclite dans lequel, les différentes formations politiques ont des opinions diverses et des enjeux divers. Au sein du G13, il y a les députés dissidents des Fcbe, qui se réclament toujours de la majorité présidentielle, mais se donnent la liberté de porter un regard critique sur les actions du pouvoir. Visiblement et à en croire les déclarations de ces députés, ils sont toujours prêts à collaborer avec le Chef de l’Etat pour des actions futures. Le parti Force Clé reste presque neutre. Sans se prévaloir de la majorité présidentielle ni d’une opposition qui ne dit pas son nom, l’honorable Lazare Sèhouéto travaille à enraciner son parti et l’impose désormais sur l’échiquier politique national.
Il est presque impossible aujourd’hui de parler des partis politiques au Bénin sans citer Force Clé. Il serait certainement dans la dynamique de donner une base solide à son parti pour des résultats futurs meilleurs aux précédents. Au sein du G4, c’est un ensemble de quatre partis politiques que certains appellent « la vieille garde politique ». Il s’agit du Parti Social Démocrate (Psd) de Bruno Amoussou, de la Renaissance du Bénin du président Nicéphore Soglo, du Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (Madep) de l’honorable Séfou Fagbohoun et du Parti du Renouveau Démocratique de Me Adrien Houngbédji. Le gros nœud du problème se situe au sein de ce regroupement du G4. Chacun des partis le composant ont à ce jour, des objectifs différents pour les échéances de 2011. Au Psd, le leader charismatique Bruno Amoussou étant frappé par le critère d’âge, n’a pas de potentiel candidat pour la présidentielle de 2011. C’est un parti qui cherchera à faire chemin avec le cheval gagnant pour son existence.
Le Madep de l’honorable Fagbohoun, quoi qu’on dise aujourd’hui, collabore avec le pouvoir en place à travers ses deux représentants au sein du gouvernement, même si sur la question, le parti semble divisé. Le cas de la Rb reste une question de principe : le potentiel candidat de ce parti en 2011, Léhady Soglo, a tout intérêt à rester dans une position de collaborateur, pour espérer rogner plus tard, dans l’électorat de l’actuel président de la République. L’enjeu pour ce parti serait de préparer l’échéance présidentielle de 2016, tout en affutant ses armes en 2011. Il reste le Parti du Renouveau Démocratique (Prd) de Me Houngbédji qui joue sa dernière carte politique en 2011, et n’est donc pas dans la même logique que ses alliés politiques d’aujourd’hui. Toujours est-il que les partis du G4 restent encore solidaires dans leurs actions et déclarations. Voici un peu peint, le tableau des forces politiques qui se retrouvent demain pour des journées de réflexion commune. Il faut dire que ce conclave vient à un moment où la vie politique béninoise tourne une nouvelle page de son histoire à travers le décret d’application de la loi portant statut de l’opposition qui vient mettre fin à une polémique de vieille date.
Que peut-on attendre de la rencontre de Bohicon ?
Les dés sont jetés depuis quelques jours du côté du gouvernement par rapport à la loi portant statut de l’opposition en République du Bénin. Le gouvernement du Président Boni Yayi a posé l’acte salutaire dans la clarification des positions des partis politiques et dans la résolution de la crise entre opposition et mouvance présidentielle.
Juste après la prise du décret portant modalités d’application de la loi 2001-36 du 14 octobre 2002 portant statut de l’opposition, certaines bouches véhiculaient déjà, entre autres, la déclaration officielle du parti de Me Adrien Houngbédji comme parti de l’opposition. C’est le seul parti remplissant les conditions prévues par le décret d’application de la loi et qui n’a jamais collaboré avec le pouvoir en place contrairement à ses alliés politiques du G4. Il est vrai qu’en déhors du Prd, les prises de position de certains partis et regroupements politiques faisaient entrevoir à travers la rencontre de Bohicon, une séance de réaffirmation des positions par rapport à l’ambiance politique dans le pays.
Mais après les échanges des différents leaders politiques avec le Chef de l’Etat juste après la prise du décret et dans le cadre de la décrispation politique, on se demande si ces entretiens ne vont pas moduler la position des uns et des autres en attendant le dialogue politique initié par le gouvernement. Mais de sources bien informées, on apprend que le Prd n’attendra plus longtemps et se prépare déjà à faire sa déclaration d’opposition à la fin des assises de Bohicon. Plusieurs raisons pourraient motiver ce parti à aller dans cette direction. Le décret d’application de la loi prescrit des critères que tous les partis ne remplissent pas, du moins pour l’heure.
Il se dégage, à la date d’aujourd’hui, que le seul parti remplissant les conditions décrites par le décret est le Prd de Me Adrien Houngbédji. Va-t-il profiter du fait que son parti remplit les conditions pour se désolidariser des autres ou choisira-t-il d’attendre le dialogue politique dont il approuve l’opportunité ? Les jours à venir nous en diront plus.
Photo : les leaders de la classe politique organisatrice de la rencontre de Bohicon