L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le premier sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays membres du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP) a ouvert ses travaux le samedi 25 octobre 2008 au Palais des Congrès de Cotonou.
Ce sommet vise à poursuivre l’examen du rapport d’évaluation de la République Fédérale du Nigeria dont les travaux ont été suspendus lors du 9ème Forum ordinaire du MAEP (tenu à Charm El Sheikh en Egypte le 29 juin 2008).
Cinq Chefs d’Etat africains et de gouvernement des vingt neuf annoncés ont marqué de leur présence ce 1er forum extraordinaire de Cotonou. Il s’agit de : Blaise Compaoré du Burkina Faso, Faure Gnassingbé du Togo, Kgalema Motlanthe d’Afrique du Sud, Melès Zénawi, le premier Ministre d’Ethiopie et le Président béninois Boni Yayi. Quatre messages ont ponctué la cérémonie d’ouverture de ce sommet.
Ce sont les discours du chef de l’Etat béninois, celui de la Présidente en exercice de la Commission de l’Union africaine, Juniar Junner. Le premier ministre éthiopien, Mélès Zenawi, Président en exercice du MAEP et le Président du panel des éminentes personnalités du MAEP, Adébayo Adedeji. Ils ont présenté l’aspect technique de la rencontre de Cotonou.
« La République du Bénin s’honore d’abriter ces assises importantes pour notre continent. Elles nous offrent en effet l’occasion, en dehors de l’examen des rapports d’évaluation du Nigeria et du Burkina, de nous pencher sur d’autres questions d’intérêt pour le continent, en vue de l’enracinement de la bonne gouvernance démocratique et économique, gage du développement économique et social de nos Etats ». Ainsi s’exprimait le Chef de l’Etat béninois, le Docteur Boni Yayi dont le pays abrite ledit sommet.
D’entrée, le Président Boni Yayi a rappelé aux participants le contexte dans lequel se tient à Cotonou ce 1er sommet. Il s’agit de peaufiner le rapport des pays en suspens et d’entamer d’autres dossiers en instance notamment la question de la crise alimentaire en Afrique et de celle financière dans le monde. « L’Afrique se doit de redéfinir les bases de son développement en utilisant ce précieux outil que constitue le MAEP pour proposer à ses principaux partenaires un programme de développement cohérent et crédible » a dit le Président Béninois qui invite ainsi les partenaires économiques de l’Afrique à se joindre aux différentes actions que comptent entreprendre les pays africains pour juguler la crise alimentaire.
Après le Chef d’Etat béninois, c’est la Présidente en exercice de la Commission de l’Union Africaine, Juniar Junner qui a donné lecture de son message. Mme Junner est revenue sur le rôle du MAEP dans la croissance économique en Afrique. Il s’agit selon elle de la gestion des diversités et de la xénophobie, de la question électorale en Afrique, la gestion et le contrôle des ressources naturelles. La lutte contre la corruption et autres sujets brulants en Afrique.
Le premier ministre éthiopien, Mélès Zenawi, Président en exercice du MAEP a lancé les travaux. Il en a profité pour insister sur le dialogue au sein des pays membres du MAEP. Il a aussi rappelé aux Chefs d’Etat et de gouvernement présents, la décision de suspendre du Maep la Mauritanie. Une décision, selon lui, qui émane de l’Union africaine.
Le Président du panel des éminentes personnalités du Maep Adébayo Adedeji a mis un terme aux allocutions. Mais avant, Monsieur Adedeji a dit le rôle qui est le sien dans la tenue de ce sommet.
Plusieurs chefs d’Etat, de gouvernement et délégations présents aux travaux.
Outre le Président BONI YAYI, dont le pays abrite le présent sommet, et trois autres de ses collègues à savoir le sud africain Kgalema Motlanthe, le burkinabé Blaise Compaoré, le Togolais Faure Gnassingbé qui ont répondu par leurs présence, on note aussi à ce sommet de Cotonou, la présence du premier ministre Gabonais, de celui de l’Etat d’Ethiopie, Mélès Zenawi, Président en exercice du MAEP qui a lancé l’ouverture des travaux.
Le Nigeria et le Burkina-Faso évalués
Pendant deux jours, le rapport du Nigeria déjà entamé en juin dernier à Cham el Cheik et celui du Burkina-Faso est passé aux cribles qui dirigeants du MAEP et leurs représentants présents à Cotonou. Les grandes lignes du travail de ces pays ont suivi les axes recommandés par le MAEP à savoir, entres autres, l’économie, la bonne gouvernance, la politique, le développement social.
Le sommet a suggéré aux pays concernés d’améliorer le travail en y ajoutant les suggestions faites dans les huis clos. Au point de presse qui a clôturé les travaux, le Président du panel des éminentes personnalités du MAEP, le nigérian Adébayo Adédéji a souligné l’excellent résultat atteint par la réunion de Cotonou, mais a mis un accent particulier sur les grandes préoccupations des Chefs d’Etat et de gouvernement du MAEP à savoir la question foncière sur le continent dans un contexte de crise alimentaire.
« La terre doit permettre au continent d’atteindre les objectifs de réduction de la faim et de la pauvreté plutôt que d’être source de division », a-t-il indiqué avant d’annoncer le prochain sommet ordinaire du MAEP pour janvier 2009 à Addis-Abeba en Ethiopie.
Charles Eyitayô Yaï