L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les ophtalmologistes béninois organisent depuis vendredi dernier le dépistage du glaucome au Hall des Arts. La séance est couplée d’information du public sur la maladie et s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la journée mondiale de la vue.
Assis autour des tables disposées pour la consultation, les ophtalmologistes, dans leur tenue de travail examinent chaque œil des patients, peu nombreux à faire le déplacement au hall des arts dans la matinée du vendredi 24 octobre 2008. Cette initiative de la Société béninoise d’ophtalmologie (Sbo) vise à attirer l’attention des populations sur les affections cécitantes. Le glaucome qui est choisi cette année comme thème n’est pas très connu de la population béninoise comme la cataracte. C’est une maladie sans symptôme particulier. C’est-à-dire que l’œil ne rougit pas, ne fait pas mal, ne coule pas. Toutefois, le glaucome entraîne la cécité qui, une fois installée est irréversible. « Nous avons constaté une recrudescence de cette cécité au niveau de nos consultations dans les différentes structures ophtalmologiques du Bénin et avons voulu attirer l’attention de la population sur la maladie » a confié le Dr Barikisou Ogbé, chef du projet de lutte contre la cécité au Bénin. Selon le docteur Ogbé, la journée du vendredi est un démarrage des activités qui vont continuer jusqu’en octobre 2009 et où un bilan sera fait. « Le dépistage va s’étaler dans le temps et va également s’étendre sur l’ensemble du territoire national » déclare-t-elle. C’est un danger pour tout individu âgé de 25 à 30 ans de n’être jamais allé en consultation ophtalmologique étant donné que la consultation régulière permet de dépister tôt le mal.
En matière d’information sur le glaucome, le Dr Alamaou Soulé, Ophtalmologique à la clinique Mutualiste de Cotonou déclare « nous avons informé la population sur ce que nous entendons par glaucome. C’est une augmentation de la tension dans l’œil. Elle tue progressivement le nerf optique et la personne devient aveugle. » La sensibilisation a été faite dans toutes les langues nationales en vue d’amener les populations à mieux comprendre le danger que constitue cette maladie de l’œil. Le dépistage à temps du glaucome permet de mettre les patients sous traitement. Lequel consiste à mettre des collyres dans l’œil tous les jours et toute la vie durant. Les collyres permettent de maîtriser la plupart du temps la tension dans l’œil. « Lorsque cela dépasse le cadre des collyres, nous passons parfois à l’acte chirurgical. Parce que dans certains cas, nous arrivons à opérer le glaucome pour maîtriser l’élévation de la tension oculaire et sauver la vue. » confie l’Ophtalmologiste.
Auteur(s) / source : Eléonore Djègui