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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Allocution de son excellence,Dr Boni Yayi a l'occasion de la cérémonie d’ouverture du premier forum extraordinaire du mécanisme africain d’évaluation par les pairs





REPUBLIQUE DU BENIN

 

 

 

 

 

 

PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE

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Allocution de son excellence,

Dr Boni Yayi

président de la république, chef de l’etat,

chef du gouvernement

a  l'occasion de la cérémonie d’ouverture du

premier forum extraordinaire du mécanisme africain d’évaluation par les pairs

 

 

Cotonou, le 25 octobre 2008

 

·       Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

·       Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;

·       Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine ;

·       Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;

·       Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique et Représentants des organisations internationales ;

·       Mesdames et Messieurs les membres du panel des éminentes personnalités du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs ;

·       Honorables invités ;

·       Mesdames et Messieurs.

Au nom du peuple béninois, du Gouvernement et en mon nom propre, je voudrais vous remercier très sincèrement d’avoir effectué le déplacement de Cotonou pour prendre part aux assises du premier sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement participant au Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs, le MAEP.

Il y a environ quatre mois, lors du neuvième Forum du MAEP tenu le 29 juin 2008, à Charm El Sheikh, en Egypte, nous avions décidé de la tenue de ce sommet extraordinaire, le premier du genre, afin de poursuivre l’examen du rapport d’évaluation de la République Fédérale du Nigeria et d’entamer celui du rapport du Burkina Faso.

La République du Bénin s’honore d’abriter ces assises importantes pour notre continent. Elles nous offrent en effet l’occasion, en dehors de l’examen des rapports d’évaluation du Nigeria et du Burkina, de nous pencher sur d’autres questions d’intérêt pour le continent, en vue de l’enracinement de la bonne gouvernance démocratique et économique, gage du développement économique et social de nos Etats. A cet égard, il me plaît de vous remercier, chers Pairs, de cet honneur fait à mon pays. Je voudrais vous exprimer toute ma gratitude pour cette marque d’amitié, d’estime et de confiance.

 

Chers Pairs,

Mesdames et Messieurs,

Vous le savez, le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs, le MAEP, vise à encourager l’adoption de politiques publiques, de normes et de pratiques permettant de promouvoir la stabilité politique, la paix sociale indispensable à une croissance économique accélérée, un développement durable et l’intégration économique sous-régionale et continentale. A cet égard, le MAEP constitue pour les pays africains qui y adhèrent un instrument de gouvernance au service du développement.

 

 

Dans le contexte du Bénin, le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs est donc un instrument essentiel au service de l’émergence économique. Nous sommes en effet résolument engagés dans l’édification d’une nation démocratique, unie et forte pour un Bénin émergent et prospère. A ce titre, le rapport d’évaluation, la contribution et les conseils avisés des Autorités des pays membres du Forum du MAEP sont essentiels et constituent une source d’inspiration ainsi qu’une incitation à approfondir les bases de développement de notre pays.

 

C’est dans cet esprit, que conformément à l’engagement que j’ai pris devant vous, mes pairs en janvier 2008 à Addis-Abeba, j’ai procédé au lancement du rapport d’évaluation du Bénin et à l’installation du Comité National de Gouvernance du MAEP.

 

Chers Pairs,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais rappeler que vingt-huit pays sont membres du Forum du MAEP. Neuf sessions de ce Forum se sont déjà tenues et ont permis l’évaluation, à ce jour, de sept rapports relatifs au Ghana, au Rwanda, au Kenya, à l’Afrique du Sud, à l’Algérie, au Bénin et à l’Ouganda. A ces sept pays, s’ajouteront, à l’occasion de nos assises, la République Fédérale du Nigeria et le Burkina Faso. Six autres pays ont manifesté leur désir de se faire évaluer et se trouvent à l’heure actuelle à des étapes diverses de ce processus.

Forte de l’expérience acquise lors de son processus d’évaluation, la République du Bénin voudrait partager sa conviction que le MAEP, de par ses principes et ses objectifs, constitue un instrument essentiel pour la mise en œuvre des projets et programmes du NEPAD et pour la prise en compte des aspirations et besoins des populations à la base.

D’une part, le MAEP offre l’opportunité de créer les conditions propres à attirer davantage d’investissements et de flux de capitaux dont nos pays ont besoin pour leur développement.

 

Par ailleurs, les populations ont l’opportunité de s’exprimer librement et spontanément à l’occasion des processus d’évaluation, à travers des meetings, fora et autres manifestations. Elles apportent ainsi la preuve de leur adhésion sans faille aux objectifs et idéaux du MAEP, qu’elles considèrent comme un instrument dynamique dont la mise en œuvre méthodique permettra à coup sûr la résolution des problèmes auxquels elles font face quotidiennement.

Pour que ces espoirs des populations ne soient pas déçus, il nous revient, Chefs d’Etat et de Gouvernement membres du Forum, de saisir l’opportunité de l’actuelle crise économique et financière mondiale pour apporter notre contribution aux efforts engagés en vue de jeter les bases de la transformation du système financier mis en place depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Ma conviction est que tous les Etats doivent être associés aux initiatives entreprises pour trouver, dans un élan de solidarité, les solutions communes prenant en compte tous les aspects de l’économie et de la finance mondiale afin de permettre l’éclosion d’un ordre mondial plus juste et profitable au développement humain.

 

Le sommet mondial annoncé pour se tenir en novembre prochain sur la crise financière appelle de notre part deux observations :

-         le sommet réunira le G20 c’est-à-dire les représentants des pays développés, ceux des pays à revenus intermédiaires comprenant ceux des pays émergents. L’Afrique du Sud, pays à revenus intermédiaires, qui représentera l’Afrique toute entière. Tout en saluant cette initiative d’associer l’Afrique, on constate cependant qu’elle exclut les pays pauvres victimes du système actuel.

-         Ensuite, la date retenue, compte- tenu de son imminence, pourrait exclure toute forme de préparation et de consultations  pouvant aboutir à un système qui prenne en compte le moyen et le long terme c’est-à-dire à une refondation du système qui intègre les préoccupations des pays pauvres. L’Europe et l’Asie se concertent mais jusqu’ici l’Afrique ne se concerte pas et n’est pas non plus consultée. C’est le lieu de lancer un appel afin qu’à ce sommet mondial la participation de l’Afrique, à travers l’Afrique du Sud, puisse être renforcée par celle d’autres pays africains. 

Chers Pairs,

Mesdames et Messieurs,

La recherche de solutions à cette crise financière internationale ne devrait pas entraîner une diminution de l’aide publique au développement. Je voudrais en appeler plutôt au respect des engagements initiaux des pays du G8 en matière d’aide au développement, afin de permettre notamment aux Etats africains de faire face aux besoins majeurs de développement et de juguler par ailleurs les crises alimentaire et énergétique.

Je l’ai souligné à l’occasion du 12e Sommet de la Francophonie qui vient de s’achever au Canada. La mobilisation qui a permis en quelques jours aux grandes puissances d’Amérique, d’Europe et d’Asie de rassembler des moyens financiers considérables pour accompagner la gestion de la crise financière est la preuve que le monde dispose des ressources nécessaires qui n’attendent que la volonté politique et l’engagement des Etats pour venir à bout des problèmes auxquels sont confrontés les pays en développement.

A cet égard, l’Afrique se doit de redéfinir les bases de son développement en utilisant ce précieux outil que constitue le MAEP pour proposer à ses principaux partenaires un programme de développement cohérent et crédible.

Je voudrais donc encourager les pays qui n’ont pas encore adhéré au Mécanisme à le faire, afin de faciliter la coordination de nos efforts pour le développement de l’Afrique. Les programmes d’action issus des rapports d’évaluation du MAEP permettent en effet d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations et aux attentes des différentes couches socioprofessionnelles de nos pays. Ces programmes d’actions méritent d’être soutenus par les partenaires au développement de l’Afrique pour leur mise en œuvre effective.

Chers Pairs,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, dans cette perspective, réitérer mes sincères remerciements à tous les partenaires au développement qui ont accepté d’accompagner nos Etats dans cet exercice important pour le développement de l’Afrique.

Je voudrais particulièrement, en ce qui concerne le Bénin, exprimer ma gratitude et ma satisfaction, notamment au Programme des Nations Unies pour le Développement, à la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), à la Banque Africaine de Développement et à la Fondation Hans Seidel pour les appuis matériels, techniques et financiers apportés pour achever le processus d’évaluation dans le cadre du MAEP et pour engager la mise en œuvre du programme d’actions y afférant.

Par ailleurs, l’occasion me paraît propice pour féliciter les membres du Panel des éminentes personnalités du MAEP pour leur abnégation et leur dynamisme dans la conduite des processus d’évaluation de nos pays respectifs. Ils apportent la preuve, si besoin en était encore, que l’Afrique dispose de ressources humaines de très haut niveau, dévouées, capables d’aider à trouver les voies et moyens pour promouvoir le développement du Continent et l’épanouissement de nos peuples.

Je souhaite plein succès à nos travaux.

Vive la Renaissance Africaine !

Vive le mécanisme africain d’évaluation par les pairs au service de la gouvernance démocratique !

Je vous remercie.

 

 

 

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