L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Longtemps absent de la scène politique nationale, l’ancien député à l’Assemblée nationale, 4ème législature et artisan de première heure de l’avènement du changement, Codjo Achodé, refait surface. A la faveur d’une interview exclusive qu’il a accordée au groupe de presse Fraternité, l’homme dresse le bilan à mi-parcours des trois (3) ans de gestion du pouvoir par le Chef de l’Etat, Boni Yayi. Il a apprécié l’accord politique récemment signé par l’intergroupe des G et F. Hélas, un accord qui, à en croire ses propos, fera long feu.
Par : Serge-David ZOUEME
Beaucoup ont tôt fait de le pousser dans le cercle des frustrés du régime Yayi. Il serait déçu tout comme les honorables députés André Dassoundo et Edgard Alia de la gestion du Chef de l’Etat et des thuriféraires du pouvoir. Codjo Atchodé vient de couper court aux commentaires qui tendraient à l’opposer à l’équipe gouvernementale, pis au Président de la République. En témoigne ce bilan positif qu’il dresse des trois ans de la gestion du pouvoir par le président Thomas Boni Yayi. Selon lui, c’est sans nul doute, un sentinent de fierté qui l’anime devant les nombreuses réalisations du gouvernement en trois (3) ans. Ceci en dépit des difficultés, imperfections et dysfonctionnements enregistrés ça et là au sein de l’appareil étatique.
Un bilan élogieux, selon Atchodé
Secteur par secteur, il fait un point sommaire. C’est ainsi que dans le domaine économique, il note des avancées notoires. « A la veille de son avènement au pouvoir, les caisses de l’Etat étaient pratiquement vides et au bout de quelques mois, l’économie avait retrouvé partiellement son équilibre. Aujourd’hui, les efforts d’assainissement au plan économique se poursuivent », a-t-il dit. Dans le domaine de l’éducation, il y a eu également des progrès remarquables. Non seulement le gouvernement a recruté un grand nombre d’enseignants pour pallier quelque peu le manque d’enseignants dans les établissements primaires et secondaires, mais il a également construit plusieurs modules de classes dans plusieurs localités, dans tout le pays. « Les enseignants ont connu de meilleurs traitements salariaux depuis l’avènement du régime Yayi », a-t-il precisé. Donc, on ne peut que s’en féliciter. Dans le domaine social, a-t-il poursuivi, le gouvernement est en train d’aider et d’encadrer des jeunes pour l’entreprenariat. Il leur offre des possibilités financières et l’équipement nécessaire dans le domaine agricole et octroie des microcrédits aux femmes pour qu’elles se prennent en charge. « Le gouvernement actuel affiche une volonté politique encore inégalée pour soulager les populations et s’est engagé dans la redistribution des richesses nationales. Quand on compare toutes ces actions à celles qui ont été menées au cours des régimes précédents, il est aisé de se rendre à l’évidence qu’avec le président Yayi, le pays avance, et à grands pas, vers la modernité », a-t-il reconnu. L’ancien député Codjo Atchodé a, par ailleurs, abordé les grands travaux en cours d’exécution dans nos villes pour les rendre plus belles et les nouvelles infrastructures routières que le gouvernement actuel construit pour relier les différentes localités de nos départements et les communes. « De mon point de vue personnel, le régime Yayi fait ce qu’il peut dans les conditions que nous savons très difficiles. Je sais qu’il y a des problèmes et c’est inévitable parce que liés à toute œuvre humaine. Mais je pense qu’il faut féliciter et encourager le président Boni Yayi pour la vision de développement qu’il imprime à notre pays », a-t-il martelé.
Atchodé ne vend pas cher la peau des G et F
L’ancien député de la quatrième mandature n’a pas occulté l’accord politique signé par le G4 et l’allaince Force Clé. Selon lui, c’est une démarche qui mérite une attention particulière parce que quand des opposants s’organisent et se mettent ensemble, c’est clair que face à cette mobilisation, il ne faut pas rester indifférent. Il reconnaît qu’au sein de l’Union fait la Nation, le camp des opposants, il y a des ténors de la classe politique qui peuvent faire mal en 2011. Toutefois, il martèle que le président Boni Yayi et le groupe autour de lui dépassent en qualité et en quantité les forces de l’opposition en présence. « Les forces en face peuvent inquiéter si elles restaient unies jusqu’à la fin. Or, je pense que cette union n’est qu’une union de façade, une union qui ne va pas résister au temps. Vous verrez que dans les six (6) derniers mois avant l’élection présidentielle de 2011, cette force apparemment unie sera disloquée parce que les personnes qui la composent, elles-mêmes n’y croient pas », a-t-il argué. Car, pour lui, chacun d’eux travaille pour son propre compte, pour sa propre valorisation. C’est le cas de maître Adrien Houngbédji du Prd qui se considère comme le candidat naturel de l’opposition. « Ce qui n’est nullement garanti », a-t-il déclaré. Ce qui pose de nouveau l’épineuse question d’une plausible implosion du bloc de l’intergroupe avant le rendez-vous de 2011.