Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

Publicité

Crise au sein de la CPS/LEPI : La LEPI menacée, Quenum apaise (Lire la lettre des membres ayant suspendu leurs activités au sein de la Cps-Lepi)


Le Superviseur général de la Commission politique de supervision pour le Recensement électoral national approfondi(RENA) et l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI) a donné hier au siège de la Cena, une conférence de presse pour se prononcer sur la crise larvée au sein de cette structure. Pour Epiphane Quenum qui appelle les uns et les autres au calme et à la sérénité, il n’y a pas de quoi s’alarmer, car l’enjeu, c’est la réalisation à tout prix de la LEPI.

Par : Edgar GNIMAVO

Depuis quelques jours, des informations persistantes font état de ce qu’il y a une crise au sein de la Commission politique de supervision pour le Recensement électoral national approfondi(RENA) et l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée(LEPI). Cette crise s’est exacerbée avec trois membres qui ont suspendu depuis quelques heures leurs activités au sein de cette structure. C’est donc pour permettre au peuple de s’informer sur ce qu’a fait cette commission depuis environ trois mois qu’elle est mise en place et le rassurer que son superviseur général a donné, hier après-midi, une conférence de presse. « Il faut rester sereins. Il faut faire confiance aux hommes et femmes qui siègent au sein de la CPS/LEPI. J’appelle donc les uns et les autres au calme et à la sérénité. Quant aux collègues mécontents, je leur demande de se faire confiance avant de faire confiance aux autres », a déclaré Epiphane Quenum pour qui, il faut absolument ramener la balle à terre. Rappelant que l’objectif de sa sortie médiatique n’est pas de faire des déballages ni de jeter de l’huile sur le feu, le superviseur général a plutôt focalisé son attention sur les activités réalisées par la Commission politique de supervision en trois mois d’existence. Au nombre de ces activités, on peut citer l’élection du bureau de la Cps, l’élaboration du règlement intérieur et du règlement financier, la confection du budget et surtout l’avis d’appel à candidatures pour le recrutement des membres de la Mission indépendante du recensement électoral national approfondi(MIRENA). A ce niveau, Epiphane Quenum, qui était assisté pour la circonstance de Léa Hounkpè, Secrétaire générale de la CPS/LEPI et du député Domitien N’Ouémou, a laissé entendre que la présélection et la sélection des membres de la MIRENA se sont déroulées dans les règles de l’art et conformément à la loi. « C’est la plénière qui a adopté le protocole devant servir à recruter ces membres. Rien n’a été fait en dehors de ce cadre et les collègues ont toujours pris part aux délibérations. Donc, il ne sert à rien de polémiquer », a-t-il indiqué. Quant à ses collègues qui ont suspendu leurs activités, Epiphane Quenum a déclaré que c’est une balle qui leur a été lancée et ils sauront la saisir afin de la dégonfler pour le bonheur de la Lépi. « Peut-être que les collègues ont des revendications. Je les ai déjà appelés et on a promis se rencontrer dans les heures qui viennent. Quelque soient les griefs qu’ils ont contre moi, je voudrais leur demander de ne pas voir ma modeste personne mais plutôt l’intérêt de la nation béninoise », a-t-il dit avant de rassurer ses collègues et l’opinion publique nationale et internationale sur sa volonté manifeste de conduire à terme le processus d’établissement de la LEPI. « Nous sommes conscients que sans la Lépi, les élections futures seront difficiles pour notre pays. C’est pourquoi, il faut la réussir pour que la paix soit avec nous et pour le faire, chacun doit mettre de l’eau dans son vin », a-t-il fait savoir. Rappelant que le recrutement de 1352 agents cartographes constitue la dernière étape avant d’aller sur le terrain, Epiphane Quenum prend l’engagement de faire en sorte que la nation béninoise soit la gagnante en se dotant d’une Lépi transparente et qui crédibilise le Bénin à l’extérieur. « Nous sommes dans cette dynamique. C’est pour cela que nous demandons à nos collègues de se calmer et d’avoir confiance en nous », a-t-il conclu.

(Lettre des trois membres suspendant leurs activités au sein de la CPS/LEPI)

Cotonou, le 10 septembre 2009

A Messieurs

Le Président de l’Assemblée Nationale à Porto-Novo ;

Le Président de la Cour Constitutionnelle à Cotonou

Objet : Suspension de nos activités au sein de la Commission Politique de Supervision pour le Recensement Electoral National Approfondi (Rena) et l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi)

Messieurs les Présidents,

Nous avons l’honneur de venir par la présente, partager avec vous nos inquiétudes par rapport au déroulement des travaux à la Commission Politique de Supervision (Cps). En effet, installés le 24 juin 2009 par la Cour Constitutionnelle, nous avons démarré nos activités le même jour. Mais, au fur et à mesure que le temps avance, nous nous rendons compte qu’une véritable supercherie se prépare et ne voulant pas en être complices, nous tenons à nous en démarquer. Nous nous limiterons à vous citer quelques faits, qui, corroborent notre sentiment et nos appréciations.

1°) - A propos de la tenue régulière des séances plénières

Le règlement intérieur de la Cps adopté en séance plénière stipule en son article 14 que « Le Superviseur General dirige les réunions de la Cps, en coordonne les activités et le représente ; il est assisté du Secrétaire Général qui le remplace en cas d’absence ou d’empêchement... Or, depuis, plusieurs séances plénières ont été purement et simplement ajournées au seul motif de l’absence du Superviseur Général. Les séances convoquées pour une heure donnée, vont de report en report pour nous conduire finalement au lendemain. A titre d’exemple, une réunion a été convoquée pour 15 heures, reportée à 19 heures et c’est vers 22 heures qu’on nous a fait comprendre qu’elle est reportée au lendemain, parce que le Superviseur Général serait en réunion avec les partenaires. C’est la version qui nous est régulièrement servie, mais nous n’avons jamais été informés des objets de ces multiples rencontres. Ce cas de figure a fini par exaspérer tous les membres de la Cps le mardi 1er septembre 2009. Alors que le Superviseur Général nous avait convoqués pour une séance plénière en début d’après-midi. Vers 19 heures, alors que nous l’attendions pour commencer et que le quorum était atteint, il téléphone à la Secrétaire Générale pour ordonner le report de la séance. Nous avons dû forcer au bénéfice de l’article 14 du règlement intérieur pour ouvrir la séance et travailler. Mais lorsqu’il nous a rejoint vers 22 heures, il s’est mis en colère et a perturbé sérieusement les travaux. Il a fallu la patience et la pondération des uns et des autres pour avoir raison de lui et achever la séance. Nous devrions reprendre nos travaux le mercredi 02 septembre 2009 à 10 heures. Alors que nous étions arrivés et attendions dans la cour de la Cena, il nous a été dit par téléphone que la séance, sur instruction du Superviseur Général, était reportée sine die. Chacun a alors repris sa route. II est à noter que nous n’avons pas de bureau et que nous trainons dans la cour tout le temps des attentes et des incertitudes.

2°) - Désignation des Collaborateurs extérieurs

Au cours d’une séance plénière, nous avons convenu de la méthode pour organiser le recrutement des membres de la structure technique charge de la réalisation du Réna et de la Lépi. Ainsi donc, pour le recrutement des membres de la Mirena, la plénière a décidé de :
- recruter trois (03) agents pour réceptionner les dossiers ;
- limiter la durée de leur recrutement à 08 jours ;
- fixer leur rémunération
- signer un contrat de travail avec eux. Cela a été apparemment fait, en tout cas, aucun compte-rendu n’a été fait en séance plénière. Mais il se trouve que pour recruter le personnel d’appui pour jouer le même rôle dans le cadre de la collecte des dossiers de candidature pour le recrutement des agents cartographes et superviseurs, les choses se sont passées totalement autrement. En effet, deux faits ont marqué notre attention à cette occasion :

1°/ Le choix des lieux de dépôt

Ces lieux ont été déterminés à notre insu ; seul le Superviseur Général et quelques uns choisis selon son bon vouloir, ont décidé à la place de la plénière.

2°/ Le choix des collaborateurs extérieurs

Contrairement à ce qui a été fait pour les dossiers des membres de la Mirena, c’est le Superviseur Général et quelques membres de la Cps qui ont choisi en catimini ces collaborateurs extérieurs. Pour preuve, c’est madame Kéké Aholou qui a recrute le personnel de l’Ouémé/Plateau et une partie du Littoral. Aucun de nous n’a pu savoir comment même les agents de nos départements de provenance ont été choisis. Nous n’avons à aucun moment été associés à cette opération. Dans Le Mono/Couffo, le Superviseur Général a avoué avoir sollicité le Ministre Davo Bernard qui n’était pas disponible, mais reconnaît également n’avoir cherché à contacter ni Tchocodo Gabriel, ni Ahossi Comlan, originaires de la même région que le Ministre Davo Bernard. Mieux, n’aurait-il pas été plus pratique d’installer les Commissions Communales de Supervision qui sont les relais de la Cps à l’échelon inferieur pour encadrer ce travail délicat comme l’ont suggéré certains membres de la Cps ? La Mirena a été déjà installée par la Cour Constitutionnelle. Pourquoi refuse-t-on habilement de la faire entrer dans ses attributions, même si pour gagner du temps, la Cps pourrait l’accompagner ? Même situation dans le Nord ou Monsieur Bako Arifari Nassirou n’a pas été associé.

3°) Du traitement des dossiers recueillis

Le 03 août 2009 à 18 heures, la réception des dossiers devrait être terminée sur tout le territoire. Mais il se trouve qu’à ce jour, les dossiers ne sont pas encore arrivés au siège provisoire de la Cps. II est en effet curieux qu’alors que les dossiers du Nord du Pays sont partiellement arrivés, ceux de l’Ouémé n’ont pas encore atteint Cotonou. Aux dernières nouvelles, ils seraient en souffrance dans le bureau de Madame Kèkè Aholou à l’Assemblée Nationale. Malgré nos protestations et celles de certains autres membres de la Cps, rien n’y fit. II semblerait même que des dossiers continuent d’être récupérés par ces circuits parallèles installés par le Superviseur Général ses complices. Notre demande de proroger le délai de réception des dossiers pour 48 heures afin de permettre a ceux qui ont été pénalisés de se rattraper, n’a reçu qu’un écho partiel de leur part. Somme toute, tout se passe dans une opacité et un aparté qui sèment le doute sur la qualité du travail et renforce la thèse de manque de transparence largement répandue dans l’opinion en ce moment.

Messieurs les présidents,

Ayant d’une part été désignés par l’Assemblée Nationale pour représenter les députés au sein de la Commission, et d’autre part prêté serment devant votre haute juridiction, et ne pouvant continuer d’observer une certaine passivité face à ce qui se révèle chaque jour comme une machination visant à compromettre la réalisation d’une Lépi transparente, consensuelle et crédible, les signataires de la présente lettre viennent vous informer de leur décision de suspendre leur participation aux travaux de la Cps. L’esprit de la loi dévoyé et les comportements du Superviseur Général et de ses complices nous obligent à prendre cette décision. Nous saisissons l’opportunité de cette correspondance pour vous réitérer notre attachement indéfectible à la réalisation d’une Liste Electorale Permanente Informatisée transparente et crédible, gage d’élections pacifiques et sincères dans notre Pays. Nous espérons avoir été assez clairs pour ne laisser subsister aucun doute dans vos esprits respectifs.

Recevez, Messieurs Les Présidents, l’expression de nos salutations distinguées.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article