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Différend frontalier entre le Bénin et le Burkina-Faso : Le compromis de saisine de la Cour Internationale de justice signé hier


Une rencontre bilatérale de négociation entre les autorités béninoises et celles burkinabé a aboutit, hier, à la signature d’un compromis de saisine de la Cour internationale de justice au sujet du différend frontalier qui oppose les deux pays dans la localité de Kourou-Koalou. C’était à Cotonou, dans la salle de fête du ministère des affaires étrangères.

Par : Barnabé HOUNKANRIN

Deux gestes forts ont marqué la cérémonie de signature du compromis de saisine de la Cour internationale de justice au sujet du différend frontalier entre le Bénin et le Burkina Faso. Il s’agit du paraphe de documents et d’échange de procès verbal. En effet, le compromis stipule, entre autres, que la Cour internationale de justice de la Haye est priée de déterminer le tracé théorique de la frontière entre les deux pays dans son entièreté. Les deux parties demandent également à la Cour de bien vouloir constater et entériner la portion ayant fait l’objet d’une entente entre elles. Dans le document, il est précisé qu’en attendant l’arrêt de la Cour, les deux parties s’engagent à préserver la paix, la sécurité et la quiétude au sein des populations des deux Etats dans la région frontalière en s’abstenant de tout acte d’incursion et en organisant des rencontres régulières des responsables administratifs et des services de sécurité. Par ailleurs, les deux parties conviennent de déclarer « zone neutre », la partie litigieuse, Kourou/Koalou. En conséquence, la réalisation unilatérale de toute nouvelle infrastructure socio-économique dans cette zone est suspendue jusqu’à ce que la Cour donne son verdict. La gestion des infrastructures socio-économiques déjà réalisées ou à réaliser est confiée à un Comité de gestion concertée de la zone Kourou/Koalou dénommé Comgec-K. Selon le Ministre d’Etat chargé des affaires étrangères et de la coopération régionale du Burkina Faso, Bédouma Alain Yoda, cette signature vient sceller davantage l’amitié et la fraternité légendaire qui existent entre le Bénin et le Burkina-Faso car, dit-il, les Béninois et les Burkinabè sont des frères. Bédouma Alain Yado remercie le gouvernement béninois pour l’accueil chaleureux et les conditions mises à la disposition de la délégation burkinabè. Le ministre des affaires étrangères du Bénin, Jean Marie Ehouzou, a, quant à lui, félicité les experts pour la qualité du travail abattu. Il demande à chaque Etat de vite obtenir la ratification des différents documents par les Parlements respectifs pour l’aboutissement heureux du processus. Il faut noter que la limite entre le Bénin et le Burkina-Faso, longue de 300 km, est une frontière non conventionnelle, c’est-à-dire non décrite par un document juridique datant de l’époque coloniale. Il reste une section de 10 km qui constitue la pomme de discorde entre les deux pays. Cette section part du point triple Bénin-Burkina-Niger jusqu’à l’intersection de la rivière Pendjari avec le 11ème parallèle. La cérémonie de signature du compromis s’est déroulée sous l’œil vigilent du ministre de l’intérieur béninois, Armand Zinzindohoué, et du ministre d’Etat burkinabé, Alain Yoda. Ils étaient entourés pour la circonstance d’une forte délégation issue de chacun des deux pays.

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