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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Gestion des affaires de l’Etat : Des doutes sur Houngbédji


Léonce Houngbadji
Un danger guetterait-il le Bénin si Me Adrien Houngbédji du Prd prenait le pouvoir ? La question mérite d’être posée. Et pour cause. Nommé au poste de Premier ministre dans le tout premier gouvernement du président Mathieu Kérékou en 1996 alors même que ce poste n’existe nulle part dans la Constitution du 11 décembre 1990, Me Adrien Houngbédji a démissionné après un an d’exercice.

Elu maire de sa propre ville, la capitale politique et administrative du Bénin, Porto-Novo, après avoir été investi dans ses nouvelles fonctions, il a jeté le tablier les premiers jours qui ont suivi son installation. Il a toujours été élu député à l'Assemblée nationale. Mais depuis l'avènement du régime du Changement en 2006, il ne siège plus pratiquement à l'hémicycle. « On l'a élu député mais il ne siège que pour critiquer », fait constater Me Jacques Migan, président du Rassemblement pour la mouvance présidentielle (Rmp), un mouvement politique basé à Porto-Novo. « Un homme comme ça peut-il diriger une nation ? », s'est-il demandé dans un entretien qu'il a bien voulu nous accorder. Au regard de ces éléments d'appréciation, on se pose la question de savoir si un danger ne guette pas le Bénin si le leader du Parti du renouveau démocratique (Prd) arrivait à prendre ses commandes. Cette grosse interrogation se justifie en ce sens que l'homme fait feu de tout bois actuellement pour arracher le pouvoir à son challenger de 2006 qui a fini par le pulvériser en prenant les rênes du pays avec 75% des suffrages exprimés. Rien d'anormal.

C'est son droit de conquérir le pouvoir d'Etat. Mais là où le bât blesse, c'est qu'il a un passé politique qui ne rassure pas, et qui pourrait se répercuter négativement sur l'avenir du pays, si le peuple décidait de lui confier sa destinée. S'il a pu démissionner de tous les grands postes de responsabilité, hormis la présidence du parlement, qu'il a occupés jusque-là, c'est clair qu'il en ferait de même si on lui confiait la gestion de tout le Bénin. L'inquiétude est à ce niveau précis. Ses compétences intellectuelles et sa maturité politique et autres mérites qu'il possède ne sont plus à démontrer. Houngbédji est un haut cadre, un grand homme du Bénin. Toutefois, il y a de quoi se poser des questions. Les Béninois peuvent-ils lui faire confiance jusqu'à ce niveau ? L'histoire ne va-t-il pas se rééditer ? Houngbédji, s'il prenait éventuellement le pouvoir, ne va-t-il pas l'abandonner comme il en a l'habitude pour une raison ou pour une autre ? Voilà des interrogations qui commencent par secouer les méninges à moins de deux ans des élections présidentielles de mars 2011, qui font courir tous les leaders politiques, à commencer par Houngbédji. C'est à l'œuvre qu'on reconnaît les talents de l'artisan, dit-on. Mais en attendant, le président de la République en exercice, le Dr Boni Yayi, a encore la confiance du peuple du fait de ses prouesses jamais réalisées par le passé. C'est dire qu'il sera très difficile pour l'opposition de le détrôner. De toute façon, rien n'est gagné d'avance en politique. C'est pourquoi, il faut avancer les pronostics avec pincette, surtout dans un pays comme le Bénin où « tout est possible ».

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