L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les tractations politiques au sein de l’intergroupe G4 pour la désignation du candidat unique de l’opposition pour l’horizon 2011 vont bon train. La signature d’un accord avec l’alliance Force Clé de Lazare Sèhouéto a été désormais chose faite. Pendant ce temps, le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès de l’honorable Séfou Fagbohoun n’est pas, pour autant, courtisé par les alliés du bloc G et F. A moins de dix-huit (18) mois de la présidentielle, on pourrait s’interroger sur les chances réelles du Madep au sein de l’alliance G4 au regard de ses récents ennuis politiques.
Par : Arsène AMETOYONA
Quelle est la place qu’occupe le Madep au sein de la faction G4 ? A dix-huit (18) mois de l’élection présidentielle, le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès de l’homme d’affaires et député à l’Assemblée nationale, Séfou Fagbohoun, semble perdre progressivement ses marques. A l’antipode de l’alliance Force Clé de l’ancien ministre de l’agriculture, Lazare Sèhouéto, assez courtisée actuellement, le Madep ne suscite pas autant d’intérêts au sein de l’intergroupe G4. De sources concordantes, il apparaît comme un mouvement politique de trop dont l’électorat s’effrite, de jour en jour, même dans le Plateau. Allusion faite aux résultats des précédentes élections communales et municipales de 2008 avec la débâcle du premier vice-président du parti dans son propre fief. Il tend à jouer le second rôle dans le processus en cours pour la désignation du candidat unique de l’opposition non déclarée. D’où l’impérieux et lourd devoir politique pour les responsables de repenser la position du parti à la veille de la prochaine présidentielle.
Les soucis politiques du Madep qui effritent ses chances au sein du G4
On se rappelle des récents ennuis politiques qui ont considérablement affectés le Madep. Le président du mouvement politique a été cité dans le scabreux dossier de la Sonacop et puis écroué pendant moins de deux (2) ans. Pendant tout ce temps, ce fut le premier vice-président et député à l’Assemblée nationale, Antoine Kolawolé Idji, qui a pris en main la direction du parti. Ce qui n’a pas d’ailleurs changé même si c’est de façon feutrée. Séfou Fagbohoun, grièvement malade, a été évacué d’urgence sur la France où il a bénéficié de soins intensifs. Plusieurs mois plus tard, il retourne au bercail alors que le Madep était au bord de l’implosion. Presque plus rien n’allait au sein du parti. Les avis étaient divergents autour des nouvelles marques à imprimer au parti. Ce qui s’est empiré, plus tard, avec le départ des ministres François Abiola et Christophe Kint Aguiar et leur entrée dans le gouvernement du président Thomas Boni Yayi. Plusieurs réactions ont été enregistrées en son temps à l’instar de celle de Antoine Kolawolé Idji qui a martelé à plusieurs occasions que ces deux personnalités sont allés au gouvernement de leur gré, et donc ne représentent pas le parti. L’honorable Séfou Fagbohoun, a, quant à lui, entretenu le flou jusqu’aujourd’hui. Il n’a pas pu éclairer l’opinion sur les réels motifs du départ de deux ministres et leur relation actuelle avec le parti. En tout cas, le ministre Christophe Kint Aguiar continue de clamer son appartenance au Mouvement africain pour la démocratie et le progrès. D’ailleurs, il continuerait d’en être le secrétaire général et personne ne l’a confondu jusque-là. Outre ces guéguerres, le parti a perdu une bonne frange de son électorat même dans le Plateau, supposé être son fief électoral. Ce qui réduit sensiblement les chances du Madep au sein de l’alliance G4 et justifie le peu d’intérêt que lui accordent les alliés de l’intergroupe. Il urge pour les uns et les autres de corriger le tir en repositionnant le parti sur l’échiquier politique national et l’imposer comme une véritable force politique avec qui la Rb, le Prd, le Psd et même l’alliance Force Clé doivent compter dans la perspective de la présidentielle de 2011.