L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Après moult tractations, les forces politiques du bloc G4 à savoir la Rb, le Prd, le Madep et le Psd ont fini par signer, mardi soir, au domicile de l’ancien Chef de l’Etat et maire de la ville de Cotonou, Nicéphore Dieudonné Soglo, un accord politique avec l’alliance Force Clé de l’honorable Lazare Sèhouéto. Ils s’engagent, dans un processus continu d’unification de leur organisation, à évincer le president Thomas Boni Yayi en 2011. A ce rêve politique, le G13 de l’honorable Issa Salifou n’a pas été associé. Ce qui renseigne aisément sur les vraies ambitions des G et F.
Par : Serge-David ZOUEME
Qui l’eût cru ? Le G13 récemment cité parmi les forces politiques de l’opposition n’a pas paraphé le protocole d’accord qui lie le G4 à l’alliance Force Clé. Les honorables députés Issa Salifou, Léon Ahossi, Walis Zoumarou, Edmond Agoua, Chabi Tokou Dari, Arifari Bako et consorts sont devenus, du coup, persona non grata pour les alliés de l’intergroupe G4. Ils n’ont pas été consultés, encore moins associés à la cérémonie de signature dudit accord politique. Cette stratégie de marginalisation qui ne dit pas son nom renseigne une fois encore sur les réelles ambitions de la faction G et F composée par la Renaissance du Bénin (Rb) de l’honorable Rosine Vieyra Soglo, le Parti du renouveau démocratique (Prd) de maître Adrien Houngbédji, le Parti social démocrate (Psd) de Bruno Amoussou, le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) de Séfou Fagbohoun et de l’alliance Force Clé de l’ancien ministre de l’agriculture et député au Parlement, Lazare Sèhouéto. De sources concordantes, ils voudraient se servir d’eux comme échelle dans le septentrion pour atteindre le sommet, celui de la conquête du pouvoir au soir de la présidentielle de 2011. Cette affirmation, semble-t-il, n’est pas dénuée de sens à la lecture de certaines dispositions du protocole d’accord.
Les ambitions feutrées des G et F
Les points 4, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 précisent, je cite : « Constituer, dès la signature du présent protocole d’union, des groupes de travail pour arrêter les modalités pratiques de ce processus d’unification ; élaborer pour cette force politique un document commun de référence, dénommé " Charte de l’Union et du Développement ", comportant un volet des principes et règles de son organisation et de son fonctionnement et un autre volet de projet de société qui assure le développement économique et social de notre pays dans le respect des valeurs de paix, de tolérance, d’intégrité, d’abnégation et de service ; choisir en leur sein, selon un mode démocratique approprié convenu entre les signataires du présent protocole, un candidat unique à l’élection présidentielle de 2011 et aux échéances présidentielles à venir. A ces occasions, ledit candidat est porteur d’un programme de gouvernement issu du projet de société. Les modalités de mise en œuvre de la procédure de désignation du candidat unique à l’élection présidentielle de 2011 sont consignées dans un document annexé au présent protocole dont il fait partie intégrante ; élaborer pour le quinquennat 2011-2016, un programme de gouvernement qui assure le développement politique, économique et social de notre pays dans le respect des valeurs de tolérance, d’intégrité, d’abnégation et de service ; établir et présenter une liste unique de candidats pour les élections législatives en 2011 et pour les échéances législatives à venir ; établir et présenter des candidats sur une liste unique aux élections municipales, communales et locales à venir et conquérir et gérer ensemble le pouvoir dans le respect de l’intérêt général et dans le souci constant d’assurer le progrès social et de préserver la cohésion nationale ». Fin de citation. En termes clairs, le G13 est écarté du jeu. Le candidat unique dont il est question dans ce protocole d’accord sera choisi au nez et à la barbe des députés du G13 sans qu’ils ne puissent émettre leur avis. Alors qu’il s’agit là du candidat de l’opposition pour la présidentielle. On envisage déjà des groupes de travail pour définir les stratégies et politiques susceptibles d’aider le bloc G et F à évincer le Chef de l’Etat en 2011. Et dans ce processus de constitution des différents groupes de travail, le G13, encore moins un député du G13 n’est pas impliqué. Pire, on entrevoit dès maintenant, pour le quinquennat 2011-2016, un programme de gouvernement qui assure le développement politique, économique et social du Bénin. Et ceci sans l’adhésion et la consultation du G13. C’est un secret de polichinelle que le G4 et l’allaince Force Clé projettent leur avenir politique sans le G13. On évoque au sein de l’opinion un autre accord qui sera signé entre le G4 et le G13. Si ce n’est pas un « pipo ». Heureusement que Issa Salifou, figure de proue du G13, a senti le danger venir lorsqu’il déclarait à Parakou, lors d’une sortie médiatique, « Entre Boni Yayi et le G13, ce n’est pas encore le divorce ». Clairement, la seule alternative politique qui s’offre au G13 est de se rapprocher de la Majorité présidentielle plurielle, du moins du Chef de l’Etat pour ne pas être victime des déculottées des responsables du G4 et Force Clé à la veille de la prochaine élection présidentielle de 2011.