L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le syndicat des travailleurs de l’administration centrale du Ministère des finances (Syntracef) dont le sécrétaire général est Laurent Métongnon, en grève il y a une semaine, devrait être ce jour, mardi 1er septembre, en cessation de travail, avec l’entrée en grève des travailleurs du trésor public. Mais au regard des mesures prises, les vendredi 28 août et samedi 29 août derniers par le gouvernement en vue d’amoindrir la tension sociale, les centrales et confédérations syndicales ont pris la décision de jouer leur partition.
Par : Matini MARCOS
Dans la motion lue lors de la grève organisée le mardi dernier par le syndicat des travailleurs de l’administration centrale des finances (Syntracef), il a été dit que la suspension des agents de la cellule de passation du Ministère des finances et de l’économie impliqués dans le scandale de l’affaire Cen-Sad, parce qu’ils n’auraient pas faire preuve de rigueur dans la procédure, est injuste. De même, l’envoi de l’Inspection générale d’Etat (IGE) à la Bourse du travail pour contrôler la gestion faite par les responsables syndicaux, des subventions de l’Etat allouées à ces organisations est perçu par eux, comme une sanction du gouvernement, suite à leur marche de protestation qui a été interdite. Ce sont là, les motifs des grèves déclenchées par le Syntracef et appuyées par les Centrales syndicales. Dans leur détermination, une autre grève avait été programmée pour ce jour, mardi 1er septembre, avec le ralliement des travailleurs du trésor public, ce qui aura un impact néfaste sur le paiement des salaires des travailleurs, la pension des retraités, et les autres activités afférentes. Mais, fort heureusement, soucieux de ne pas pénaliser les travailleurs, le Ministre des finances et de l’économie, Idriss Daouda, sur instruction du Président de la République, Boni Yayi, a rapporté sa décision de suspendre les membres de la Cellule de passation des marchés du Ministère des finances, le vendredi 28 août 2009, et le lendemain, c’est-à-dire le samedi 29 août, le Président Boni Yayi a également procédé au retrait provisoire de l’Inspection générale d’Etat que dirige Alidou Koussé, de la Bourse du travail. Ces mesures prises par le gouvernement ont amené les syndicats à se concerter pour réviser leur position. Jouant également leur partition, les syndicats du Ministère des finances et de l’économie ont pris la décision de suspendre la grève prévue et de se rendre disponible pour siéger à la table des négociations qui probablement va s’ouvrir demain. Du coup, le mercure qui commençait à monter dangeureusement, est retombée, ouvrant la porte des négociations entre le gouvernement et les centrales syndicales. Ces négociations s’ouvriront probalement demain. Le moins qu’on puisse souhaiter est que le gouvernement, aussi bien que les responsables syndicaux oeuvrent pour que la porte des négociations qui vient de s’ouvrir ne se referme plus, afin que les revendications syndicales soient étudiées dans une ambiance saine en adéquation avec les disponibilités financières dont disposent le Bénin. Le souhait des travailleurs est que l’apaisement social puisse se réaliser, afin d’éviter que les vieux démons, en cette période où souffle le vent des consultations électorales de 2011, ne trouvent le prétexe pour assouvir leurs ambitions malsaines.