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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Football national : Des championnats professionnels non rentables


Avec le plébiscite de la liste Espérance à l’Assemblée générale élective de la FBF, le chemin est désormais balisé pour la professionnalisation du football béninois selon une certaine vision entérinée par le ministre Etienne Kossi. Seulement, quand bien même on est disposé à donner aux tenants de cette option, le Bon Dieu sans confession, les conditions minimales ne sont pas réunies pour la réalisation de son rêve.

Par : Sosthène SEFLIMI

Dans les tout prochains jours, le football béninois vivra une révolution avec le démarrage de deux championnats professionnels. L’un de 1ère division et l’autre de 2ème division. Sans la moindre phase transitoire, le Bénin du football passera de l’amateurisme absolu au professionnalisme absolu. 14 clubs de D1 et 12 de D2 ont accepté relever le défi. Ils ont tous justifié des cautions d’eux exigées et ont promis remplir les autres conditionnalités dans les bons délais. A première vue, tout semble prêt pour la mise à feu. Et pourtant, concrètement, rien n’est prêt. Le football de haut niveau ne se décrète pas. C’est un processus long et qualitatif. Sébastien Adjavon a le mérite d’avoir de grandes ambitions pour son pays. Mais comme nul autre, il n’aura jamais les moyens de brusquer le progrès du football béninois car, pour que le projet aboutisse, il aurait fallu que les environnements humain et juridique soient à même de le porter. Les textes qui ont été votés le 08 août dernier peuvent tenir la route nonobstant certaines dispositions très discutables. Mais la question de la qualité des hommes chargés de manager ces championnats professionnels et des dispositions matérielles qui font défaut ne sauraient être balayée du revers de la main. L’avènement du championnat professionnel suppose la professionnalisation du système à tous les niveaux. Des joueurs professionnels, des entraîneurs professionnels, des médecins et Kinésithérapeutes professionnels, des arbitres professionnels mais aussi des infrastructures professionnelles et des managers de matches professionnels. Si les responsables de clubs passionnés et obnubilés par la réforme ont accepté respecter les obligations du cahier des charges, la FBF et le Ministère des sports de leur côté, ne sont pas en mesure de justifier de la moindre condition nécessaire à l’avènement d’un championnat professionnel.

Pas d’infrastructures…pas de sécurité

Les infrastructures sportives dont disposent actuellement le Bénin ne sont pas suffisantes pour accueillir des matches professionnels. A part les stades de l’Amitié et René Pleven de Cotonou, Charles de Gaulle de Porto-Novo, les autres villes du Bénin sont dépourvues d’infrastructures qui pourraient abriter des rencontres de haut niveau. Les conditions de sécurité n’existent pas du tout et les aires de jeu ne valent pas la peine qu’on y roule le cuir rond. Il s’agit de véritables champs de patates qui mettent en insécurité totale les footballeurs qui y jouent puisque les nombreux petits trous qui les jonchent peuvent faire fouler une cheville à tout moment. On ne saurait jouer des matches professionnels sur de la terre battue mal entretenue. Lesdits stades ne respectent pas les normes de sécurité exigées par la Fifa. En cas de mouvement de foule, les catastrophes seraient inévitables.

Pas de grands sponsors

En dehors du nombre très limité et de la mauvaise qualité des infrastructures disponibles, le projet des championnats professionnels n’intègre pas le volet purement commercial. La période arbitrairement fixée pour le démarrage des championnats professionnels ne favorise pas l’adhésion des sponsors. Aucun sponsor n’a prévu au cours de l’élaboration de son budget annuel, accompagner les championnats professionnels. Il est donc certain que les premières éditions des championnats professionnels de D1 et de D2 se joueront sans grands sponsors. En outre, le cahier des charges reste muet sur les lots en numéraire prévus pour récompenser les clubs déclarés champions ou vainqueurs de la Coupe du Bénin et de la Coupe de l’indépendance. C’est dire que les responsables de clubs qui auront déboursé plusieurs centaines de millions pour participer à ces compétitions auraient donc investi en vain. Les championnats professionnels de D1 et de D2 sont-elles conçues pour être des activités rentables ou bien s’agit-il de manifestations sociales ? A l’étape actuelle, les projets de championnats professionnels de D1 et de D2 tels que libellés ressemblent à une boîte de Pandore. La Fifa a donné jusqu’en 2011, à tous les pays pour professionnaliser leurs championnats. Le Bénin aurait pu commencer cette année, avec une phase transitoire en instituant un championnat semi-professionnel de D1 et parallèlement avec la réhabilitation des infrastructures, la formation des hommes, les négociations avec les sponsors... Malheureusement, Sébastien Adjavon, le Ministère des sports et la FBF ont choisi la voie de la précipitation, celle qui expose le plus à la grande dégringolade. Pourvu qu’il n’y est pas trop de casse après.

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