L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les institutions de micro-finance (Imf) qui prêtent de l’argent aux clients sont gérés sur la base d’un règlement qui va de la saisie des biens des débiteurs jusqu’à l’emprisonnement. Mais consciente de l’environnement difficile des affaires, le Ministre Reckyath Madougou de la Microfinance, lors d’une rencontre avec les clientes du Padme, a opté pour d’autres alternatives plus rassurantes pour les débitrices.
Par : Matini MARCOS
Les institutions de microfinance apportent leur contribution à la lutte pour la réduction de la pauverté et par conséquent prennent en compte les opérateurs économiques qui ne peuvent pas remplir les critières de prêt dans les banques. Autrement dit, c’est en majorité les « petites épargnes » qui accourent vers ces Institutions de microfinance. Pour une modique somme de 100000 fcfa ou 5000000fcfa au plus, avec un taux de remboursement jugé asphyxiant par certains clients, les opérateurs économiques, en majorité des femmes, se battent pour survenir à leurs petits besoins et à ceux de leur famille. Malheureusement, face à l’environnement difficile des affaires corsé depuis deux ans par la crise mondiale qui n’épargne aucun pays et affecte plus les économies fragiles des pays les moins avancés comme le Bénin, les clients de ces Institutions de Microfinance peinent à rembourser les prêts. Conséquence, les débiteurs subissent la rigueur des sanctions au risque de perdre certains de leurs biens précieux placés comme garantie. D’autres débiteurs sont même menacés d’emprisonnement dans un environnement de la pauvreté où les programmes de réduction de pauvreté exécutés par les gouvernements successifs n’ont pas eu les résultats escomptés. Autant de pressions qui ont provoqué depuis quelques années, un malaise au sein des clients et la réticence au niveau de certains opérateurs économiques à aller vers les Imf. Face à cette crainte de plus en plus répandue au sein des clients des Institutions de microfinance, le Ministre de la Microfinance et de l’emploi des jeunes, Reckyath Madougou, lors de la rencontre qu’elle a eue le lundi 25 août dernier, avec les clients du Padme, une des Imf, a tenu à rassurer les clients des Imf, que la sanction de l’emprisonnement brandie par les Imf est écartée et qu’elle va s’employer à trouver un règlement à l’amiable qui arrange les deux parties. Cette décision du Ministre Reckyath Madougou doit être perçue comme l’expression de sa sensibilité face à la pauvreté ambiante. La plupart des clients de ces Imf, sont des personnes issues des couches déshéritées qui, avec les crédits, font le petit commerce pour survivre avec leur famille. Déjà affaiblis par la crise économique et secoués par les pénalités, les clients ne savent plus, à quel saint se vouer et le Ministre Madougou a tenu compte de toutes ces réalités pour écarter l’hypothèse de l’emprisonnement, alors que les responsables de ces Imf n’ont jamais cessé de menacer les débiteurs d’incarcération, après les avoir acculés de pénalités. Une déclaration qui rassure et met en confiance les clients.
Néccessité de créer un environnement commercial fiable
Après avoir éloigné l’épée de Damoclès de la tête des clients des Institutions de microfinance (Imf), le Ministre de la Microfinance, Reckyath Madougou et ses collègues des Finances et de l’économie, Idriss Daouda, et de la Prospective et du Développement Pascal Irénée Koupaki, devront plus s’investir pour créer un environnement plus favorable à la « petite épargne » en jouant sur plusieurs paramètres économiques. En effet, la crise économique actuelle a fragilisé le marché local, zone de prédilection des clients de ces Imf. La cherté de la vie, ainsi que le taux de remboursement jugé asphyxiant sont également les facteurs sur lesquels le gouvernement peut jouer pour « sauver » les clients de ces Imf. Actuellement, les clients des Imf peinent pour honorer leurs engagements.