L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La prochaine rentrée académique prévue pour le 15 septembre s’annonce très tumulteuse à en croire les menaces proférées à plusieurs occasions par les enseignants. Et c’est pour éviter une crise scolaire que, sur instruction du Président de la République Boni Yayi, le Conseil scientifique de l’éducation multiplie les concertations.
Par : Matini MARCOS
Le processus de reversement des enseignants contractuels, recrutés sur « mesures sociales » c’est-à-dire recrutés sans le concours institué par les dispositions réglémentaires du recrutement dans la Fonction publique dans la catégorie des agents contractuels d’Etat, (ACE) est en train d’être sclérosé. C’est l’une des raisons du mécontentement des enseignants contractuels qui menacent de perturber la rentrée académique s’ils ne sont pas inscrits sur le registre des Agents contractuels d’Etat. Quant aux autres enseignants agents permanents de l’Etat, ils désaprouvent la suppression annoncée par le gouvernement, des primes exeptionnelles, sans compter la revendication sur le relèvement du point indiciaire. De plus, parmi les enseignants se trouvent ceux du Synaprim (Syndicat national des enseignements primaires public et maternel) dont le sécrétaire général est Paul Isé Iko. Ce syndicat revendique en plus, la suppression des Nouveaux programmes d’Etudes (NPE), la revalorisation de la fonction enseignante. A tout cela, il faut ajouter depuis le scandale financier du 10eme sommet de la Cen-Sad et la descente de l’Inspection générale d’Etat (IGE) à la Bourse du travail, la collusion entre les partis politiques de l’opposition et les centrales et confédérations syndicales. Une situation qui risque de cristalliser les tensions sociales. Mais, soucieux d’une rentrée scolaire apaisante pour le bien-être de tous, le Président de la République, Boni Yayi, a instruit les trois ministres en charge de l’éducation de faire le point des difficultés qui risquent éventuellement de perturber la rentrée académique et de proposer des solutions adéquates. C’est ainsi que le Conseil scientifique de l’éducation s’est réuni plusieurs fois et a eu des séances de travail avec le Ministre d’Etat, chargé du développement, et de la prospective, Pascal Irénée Koupaki. Un rapport succinct devrait être fait d’ici à là au Chef de l’Etat, en Conseil des ministres afin que des solutions appropriées soient envisagées. En cette période de récession économique, il est illusoire de croire que l’Etat béninois pourra satisfaire toutes les revendications syndicales à incidence financière avant la rentrée académique 2009-2010. De toute évidence, un dialogue entre le gouvernement et les acteurs de l’éducation est nécessaire pour lever les équivoques et voir dans quelle mesure échelonner la résolution des revendications à incidence financière. Au nom de l’avenir des élèves.