L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La question de la désignation d’une candidature unique au sein de l’inter-groupe G et F continue de défrayer la chronique et d’agiter l’opinion. Les béninois sont curieux de voir si les forces de l’opposition pourront réellement réussir le pari de s’entendre autour d’une seule personne pour aller à la conquête du pouvoir et réussir à détrôner Boni Yayi en 2011.
Si tant est que ces forces de gauche prônent l’alternance alors que Boni Yayi a la possibilité de faire un deuxième mandat pour parachever les bonnes actions engagées et ou réalisées sur les entrefaites de ces trois dernières années, ce qui est de leur droit absolu et même inaliénable, les béninois sont dans l’expectative de voir la manière dont elles vont gérer ce projet.
Pour la simple raison qu’il est facile de manifester la détermination de se mettre soi-disant ensemble pour le développement du Bénin sans pouvoir enterrer les frustrations et considérations politiques du passé. Et c’est certain que les G et F sont entrain de montrer une solidarité de façade. Une politique de l’autruche qui consiste à faire des unions et alliances de circonstance pour régler un problème.
Celui de dégommer Boni Yayi sans peur du qu’en dira-t-on. Aucun souci pour les conséquences qui en résulteront à court, moyen et long termes. Quand les dinosaures se battent, ce sont les herbes qui en souffrent. Si par ailleurs, certains béninois avertis refusent d’évoquer la question ou y accordent très peu d’intérêts, n’est ce pas la preuve que cela ne leur fait ni chaud ni froid ?
Quand on connaît la propension des politiciens béninois à privilégier les luttes d’intérêts dans les rapports politiques on est bien tenté de dire que le temps qui nous sépare de 2011 est largement suffisant pour qu’on assiste à beaucoup de revirements spectaculaires.
Habitués qu’ils sont à la transhumance, ceci expliquant cela, ils sont incapables de mettre sur pied des moyens juridiques pour réprimer, dissuader voire discipliner la troupe dans le sens du respect de leur engagement. Parlant des luttes d’intérêts, certains exagèrent dans leurs demandes.
En plus des postes et des quota exigés dans les nominations et autres facilités liées à l’attribution des marchés, certains exigent la tête de tel ou tel cadre, la reprise d’élections dans un certain nombre de conseils communaux et le contrôle d’un certain nombre de fief, arrondissement ou circonscription électorale.
Dans cette foire aux intérêts, il y en a que les compromissions les plus abominables arrangent tant la boulimie du pouvoir est vécue comme une obsession chez eux. Ils peuvent vendre leur âme à cette fin pour avoir gain de cause quitte à ne plus tenir promesses après. C’est d’ailleurs ce que redoutent beaucoup d’alliés de cette chapelle politique.
Ils craignent d’être demain les dindons de la farce. C’est ce qui explique la méfiance et la réticence diffuses à l’intérieur de certains sous-groupes sans compter des revendications sur l’organisation d’élections primaires à l’intérieur des formations politiques pour ne pas se voir imposer des choix pas toujours catholiques ou qui trahissent la conscience.
A.A.