L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les représentants de 180 pays se sont retrouvés le lundi 10 août à Bonn, en Allemagne. Les délégués ont quatre jours pour élaborer un nouveau traité de lutte contre le réchauffement climatique. Il s’agit du traité post-Kyoto qui sera adopté en décembre prochain à Copenhague (Danemark).
Par : Matini MARCOS
Le protocole de Kyoto (Japon) a été signé en 1997 et son principal objectif est la réduction des gaz à effet de serre d’ici à 2012. Le traité a même signifié aux pays les industrialisés, les procédures pour arriver à réduire l’émission des gaz à effet de serre. Les directives concernent précisément 37 pays riches. Seulement, le traité de Kyoto n’a pas été appliqué par ces pays industrialisés considérés comme les plus pollueurs. De plus, les pays émergents comme la Chine, le Brésil, l’Inde et d’autres pays de l’Asie, ne veulent pas entendre parler d’une restriction dans leur acharnement à atteindre le même niveau de développement que les pays les plus industrialisés. C’est donc une course effrénée qui oppose les pays les plus industrialisés aux pays émergents. Une situation qui est à la base du piétinement observé au niveau des pourparlers. En effet, les pays en développement exigent plus des principaux pays pollueurs et ces derniers exigent que chaque Nation apporte sa contribution. Le traité post-Kyoto, en élaboration, est un avant-projet de 200 pages qui fixe un programme de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ci à 2020. Il convient de rappeler que le traité de Kyoto a fixé les directives pour la réduction des émissions des gaz à effet de serre d’ici à 2010. Le traité de Kyoto n’ayant pas été suivi, il fallait revisiter ce traité et l’adapter aux nouvelles réalités du monde économique, surtout avec l’avènement des pays émergents. Le nouveau traité mondial sur le climat sera adopté au cours de la plénière de la Conférence qui aura lieu sous l’égide de l’ONU à Copenhague en décembre 2009. Le traité Post-Kyoto prévoit des aides à apporter aux pays les moins avancés, et leur permettre de s’adapter aux contingences actuelles pour réduire leurs émissions sans bloquer leur émergence économique.
Les nouveaux engagements
Mis à part les 37 pays industrialisés concernés par le traité de Kyoto dont d’ailleurs certains ont fait des efforts mitigés pour s’y conformer, d’autres pays ont pris l’engagement pour se conformer au Post-Kyoto. C’est le cas de la Nouvelle-Zélande qui vient d’annoncer ses objectifs pour 2020. En effet, elle s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 10 à 20% par rapport au niveau de 1990. La Corée du Sud a annoncé également son intention de se fixer des objectifs nationaux. Une décision qui a valeur d’exemple, parce que concernant un pays d’une économie en croissance rapide.
Le cas des USA
Les Etats-Unis, mauvais élève du réchauffement climatique sous l’ère Bush, a longtemps « boudé » le traité de Kyoto. L’une des raisons évoquées par l’administration de Georges W Bush est que le traité de Kyoto exempte des pays fortement pollueurs comme l’Inde et la Chine. Mais le gouvernement Obama n’a pas voulu continuer sur ce chemin. Celui- ci s’est engagé même à prendre le leadership des négociations climatiques. Pour preuve, un projet de loi est introduite à la Chambre des représentants et envisage une réduction de 17% des émissions par rapport au niveau de 2005, soit environ 4% sous celui de 1990. Notons que la Conférence de Bonn est la dernière d’une série de six réunions cette année, sans compter plusieurs autres sommets entre principaux pays émetteurs, au sein du G8 et du "Forum des principales économies" qui regroupé le G-8 et le G-5(Inde, Chine, Afrique du Sud, Brésil, Mexique) et l’Indonésie, l’Australie et la Corée du Sud. C’est dire que la rencontre de Bonn sur le réchauffement climatique est très déterminante avant la grande rencontre de Copenhague au Danemark. Un effort complémentaire est indispensable de la part de tous les pays afin d’éviter de mettre en danger la planète-terre, c’est-à-dire que le réchauffement climatique puisse atteindre les 2°C (deux degrés Celcius). Selon les scientifiques du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat de l’ONU), les pays les plus avancés devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% par rapport aux niveaux de 1990 pour avoir au moins l’espoir d’éviter que le réchauffement de la planète dépasse les deux degrés Celsius et mette en danger la vie sur terre. Un défi à relever.