L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Sortie médiatique du Pdt du Prd hier Me Houngbédji se contredit (Il salue les performances économiques de Soglo qu’il a fait partir en 1996) Le président du Parti du renouveau démocratique (Prd), Adrien Houngbédji, s’est livré hier au même exercice que le Chef de l’Etat, à la veille de la célébration du 49ème anniversaire de l’indépendance du Bénin. A la seule différence que, dans le cas d’espèce, il a tenté vainement de convaincre les téléspectateurs. L’opposant s’est fendu d’un discours totalement incohérent pour faire le procès du régime Yayi qui s’est résolu à construire un Bénin où il fera bon vivre pour chacun et pour tous.
Par : Arsène AMETOYONA
On ne pourrait convaincre tout un peuple par des incantations. Maître Adrien Houngbédji a voulu, dans sa posture d’opposant non déclaré, créer la surprise médiatique en éventrant les initiatives et actions de développement du gouvernement pour s’attirer la confiance des populations. L’enjeu de la présidentielle de 2011 l’y contraint certainement. Mais hélas, il a perdu une fois de plus le combat. A cette sortie médiatique et plus que par le passé, le président des « Tchoco-tchoco » s’est rendu impopulaire en servant aux honnêtes citoyens des contrevérités qui relèvent d’une époque révolue. Qui ne connaît pas le parcours de cet homme politique qui s’est illustré, de façon légendaire, dans une inconstance successive d’approches politiques ? On l’a vu en contradiction farouche avec l’ancien Chef de l’Etat, Nicéphore Dieudonné Soglo, sur des questions de développement. Après son échec, il semble reconnaître aujourd’hui les mérites de ce dernier qui, en dépit des difficultés du moment, a pu amener la croissance économique à 6% en 1996. La politique de la déstabilisation du régime dans laquelle s’est lancé le président du Prd semble immature puisqu’elle pourrait le rattraper. On se souvient qu’à la tête de la 3ème législature de l’Assemblée nationale, il avait délégué une bonne partie de ses attributions à l’honorable Sacca Lafia qui fut le premier vice-président à l’époque. Ce dernier accomplissait des missions en son nom. On conçoit alors mal qu’il reproche, aujourd’hui, au Président de la République d’avoir fait confiance à ses ministres dans le dossier Cen Sad. Au sujet du vaste chantier de la modernisation agricole entrepris depuis peu, il a pour une fois, reconnu le bien-fondé de la démarche du gouvernement axée sur la politique de la mécanisation. Mais, on se désole de son approche, celle de la poursuite des études agro-pédologiques sur l’adéquation entre les machines et les sols à cultiver, entre les sols et les déssoucheuses. Une approche qui, pendant des années, n’a fait que retarder le développement du Bénin. A l’heure des actions et de la révolution agricole, Adrien Houngbédji veut replonger le Bénin dans l’inaction, dans la rhétorique gouvernementale. S’agissant de la politique énergétique, il privilégie la « pénurie partagée » à la « coprospérité partagée ». Il a perdu de vue que le Bénin connaît une dépendance énergétique et seuls, ces accords signés ça et là permettent aux citoyens de bénéficier de l’énergie électrique malgré les désagréments. Adrien Houngbédji doit revoir sa copie. Mieux sa sortie d’hier, en voulant se faire la voix d’une opposition sans visage, se projette comme celui qui cherche vaille que vaille à s’imposer en candidat unique des G et F à l’élection présidentielle de 2011. En des termes clairs, Houngbédji veut forcer son destin.