L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le Président de la République , Boni YAYI, a bouclé ,hier mardi 28 juillet, une tournée de travail de quatre jours dans le plateau d’Abomey au cœur même du département du Zou. Quatre jours de communion fraternelle et d’échanges intenses avec les populations loin de Cotonou, la mégapole avec ses turbulences sociales et une actualité politique semblable à un tocsin. La chaleur de l’accueil à lui réservé, la sympathie de ses hôtes ainsi que l’euphorie et la liesse qui l’ont accompagné partout où il est passé dans cette région du Bénin, ont fini de convaincre le premier magistrat que le vrai enjeu du développement c’est à l’intérieur du pays. La satisfaction des populations du plateau d’Abomey est d’autant plus grande qu’elles sont honorées par cette visite présidentielle dans un contexte où elles sont résignées à ne voir le Président de la République qu’à l’occasion de la campagne électorale. C’est à ce niveau que Boni YAYI frappe un coup politique et creuse une importante distance entre lui et ses adversaires qui rivalisent de coups bas sur le théâtre de Cotonou.
En communication politique, le chantre du changement développe-là une stratégie qui avait merveilleusement marché pour Jacques CHIRAC lors de l’élection présidentielle de 2002 alors que les socialistes coachés par Lionel JOSPIN et enivrés par une baisse vertigineuse du Président de la République dans les sondages, croyaient faire de lui une bouchée aux élections. Hélas, les résultats ont été terrifiants et la défaite cuisante du premier ministre, Lionel Jospin et du parti socialiste, avait été sans appel. La victoire de Jacques CHIRAC venait du fait que même en pleine tempête politique et sociale, le président français avait maintenu un contact permanent avec ses concitoyens de l’intérieur et avait réussi par la chaleur de ses poignées de main à s’attirer la bienveillance et la sympathie des Français aux conditions de vie modeste.
Boni YAYI pourrait également surprendre ses adversaires grâce à sa politique de proximité dans un pays où la boutade « de qui veut du chef de l’Etat, à Cotonou se rend » est devenue une tradition, exception faite de la période électorale.
Par : Bernadin MONGADJI