L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Léonce HOUNGBADJI
Il n’y a que les oiseaux de même plumage qui puissent voler ensemble et au même rythme. Le Nep-Mixalodo et les G et F se ressemblent et ont fini par s’assembler. Ils décident de regarder désormais dans la même direction. Il s’agit pour eux de conjuguer leurs forces et moyens pour pouvoir mieux combattre le régime du changement jusqu’à ses derniers retranchements. Mais à l’analyse, on se rend compte qu’il s’agit d’une alliance porte malheur.
Sans grande surprise, le Nep-Mixalado de Paul Gnimagnon et l'opposition illégale (les G et F) ont signé un pacte vendredi dernier dans un grand restaurant à Ganhi. L'accord a été symboliquement signé en présence de Antoine Idji Kolawolé, Moukaram Badarou, Lazare Sèhouéto, Raphaël Akotègnon et Eric Houndété. Leur objectif est clair : faire partir Boni Yayi du pouvoir en 2011. Et pour accélérer les choses, Idji Kolawolé invite tous les démocrates à se joindre à eux. La première impression qui se dégage de cette nouvelle donne est que Paul Gnimagnon et Séraphin Agbangbata ont fini par jeter le masque. Ils viennent de donner la preuve évidente qu'ils étaient effectivement manipulés par l'opposition parlementaire.
En acceptant de cheminer ensemble avec ce groupe mécanique, ils ont donné raison à ceux qui affirment qu'ils ne roulent pas pour eux-mêmes encore moins dans l'intérêt supérieur de la nation. Même s'ils ont eu le courage de se déclarer officiellement de l'opposition, ils n'ont pas le mérite de mener un combat qu'ils jugent citoyen avec des politiciens en perte de vitesse, et qui ont visiblement peur de s'affirmer dans le gotha politique national. Si tant est que le Nep-Mixalodo est guidé par le souci majeur de préserver les acquis démocratiques et de proposer une nouvelle alternance crédible, il n'est pas obligé de s'accoquiner avec des gens dont leur seul objectif est de « renverser » par tous les moyens un régime démocratiquement installé. De toutes les façons, cette démarche n'étonne personne.
Les G et F cherchent du renfort pour mieux faire asseoir leur plan machiavélique de « changement de chauffeur et de permis ». Et ils l'ont eu, en instrumentalisant le Nep-Mixalodo qui devient dorénavant un allié stratégique pour Houngbédji, Léhadi, Amoussou et consorts. Mais cette alliance ira-t-il loin ? Ce qui est sûr, Paul Gnimagnon, s'il était sincère avec lui-même à la création de son parti, finira par comprendre le vrai visage de ses camarades de lutte. L'autre impression qui se dégage est que cette alliance risque d'être un porte malheur pour les leaders des G et F. A la création de son parti, Paul Gnimagnon s'est déjà déclaré candidat à la présidentielle de 2011. Quelques semaines plus tard, il s'est déclaré officiellement de l'opposition. Il s'est donc armé pour la bataille de 2011.
Mais du côté des G et F, le cafouillage continue. L'intergroupe de l'opposition peine visiblement à dégager un candidat unique et à se conformer au statut de l'opposition. Si la nouvelle alliance devrait désigner un candidat, Paul Gnimagnon n'a pas la chance de tirer son épingle du jeu. Si Houngbédji, Sèhouéto, Léhadi et Golou sont là, ce n'est pas lui qui sera choisi. C'est dire que le Nep-Mixalado s'est mis ensemble avec des groupes politiques qui n'ont pas encore fait le ménage en leur propre sein. En tout cas, Gnimagnon aura l'occasion de se rendre à l'évidence.