L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le scandale de la Cen-Sad continue de faire des vagues au Bénin. Après la sortie médiatique de Me Adrien Houngbédji sur le sujet, c’est au tour du président de l’Ucp-Faaba, Nazaire Dossa, de lui répondre de façon cinglante. Face à la presse hier à Parakou, l’homme n’est pas allé par quatre chemins pour mettre le leader du Prd à sa place. Selon lui, Houngbédji est très mal placé pour donner des leçons au gouvernement du Changement. Nazaire Dossa « estime qu’il aurait gagné en crédibilité s’il balayait d’abord au sein de l’hémicycle où sont tapis aussi bien des députés indélicats de la mouvance que de l’opposition, face au Président de la République qui, au moins, a le mérite de ne pas caresser dans le sens du poil ceux de ses collaborateurs qui mettent le pied dans le plat de la charte gouvernementale ». Lire l’intégralité de son message.
Réponse de Nazaire Dossa à Me Adrien Houngbédji suite à ses critiques sur la Cen-Sad
Mesdames et Messieurs Les Journalistes!
Le jeudi, 09 juin 2009, Me Adrien Houngbédji s’est engouffré dans la brèche des malversations dévoilées par le Président de la République en personne dans la gestion de certains projets relatifs au 10ème sommet de la Cen-Sad et objet du limogeage du Ministre des Finances Soulé Mana Lawani, pour affirmer que ce dernier et les autres incriminés ne sont que des lampistes et que le Chef de l’Etat devrait je cite : « prendre les responsabilités vis-à-vis de lui-même », fin de citation, l’UCP-Faaba estime qu’Adrien Houngbédji a poussé trop loin l’outrecuidance pour s’ériger en donneur de leçons et en incitateur de sabordage.
Adrien Houngbédji est d’autant plus disqualifié à tenir ce langage ordurier qu’il a eu devant des personnes peu recommandables comme cet individu-là dont le Président de la République a réclamé la démission du parlement le 03 février 2007, parce qu’il est l’incarnation patentée de fossoyeur de l’économie nationale. En son temps, le Prd d’Adrien Houngbédji et consorts ont organisé une véritable levée de bouclier en alléguant je cite : « le harcèlement politique et la chasse aux sorcières », fin de citation, pour repousser cette demande qui fonde sa raison d’être sur le fait que l’individu visé était non seulement un débiteur insolvable vis-à-vis de l’Etat, mais qu’il cumulait sa fonction de député avec celle de dirigeant de sociétés participant à la prise de marchés publics, ce qui est absolument contraire aux lois de la République.
Adrien Houngbédji est enfin d’autant plus disqualifié à tenir ce langage ordurier qu’il a eu le jeudi 09 juillet 2009, qu’il n’a pas daigné faire une telle sortie, lorsque le Chef du Gouvernement auquel il avait appartenu a initié – comme le Dr Boni YAYI vient de le faire – une enquête sur les malversations commises sous son mandat et qui a conclu à des détournements de 70 milliards de francs CFA. Adrien Houngbédji n’a pas daigné non plus lever le petit doigt pour vouer aux gémonies les magistrats pour qui l’argent requis a été décaissé par ce même gouvernement auquel il avait appartenu, afin qu’ils engagent les poursuites judiciaires contre les auteurs de « l’affaire des 70 milliards », poursuites renvoyées aux « calendes béninoises » - que dis-je – « au calendes grecques » jusqu’à ce jour.
Ainsi donc, le refus du Prd et de ses acolytes de déclarer recevable la demande du Président de la République d’obtenir la démission de l’Assemblée Nationale d’un député fossoyeur de l’économie nationale ne lui confère aucunement une virginité de gestionnaire émérite pour venir donner le spectacle affligeant « du voleur qui crie au voleur », le jeudi, 09 juillet 2009.
Le drame qui est la grave erreur politique et historique d’Adrien Houngbédji, c’est d’avoir, en dépit de ce qu’il les a lâchés subitement contre toute attente, il a permis au Général Mathieu Kérékou de prendre le pouvoir contre les Soglo et la Renaissance du Bénin en 1996, et qu’il a accepté d’entrer au gouvernement de ce dernier en qualité de Premier Ministre ; ce drame, c’est que politiquement aujourd’hui, il est incompétent pour donner des leçons de bonne gouvernance sous quelque forme que ce soit à qui que ce soit. Cela dit, l’Ucp-Faaba tient à souligner qu’elles ne militent point contre la lutte anti-corruption. Le sujet étant d’ordre éthique, l’Ucp-Faaba estime qu’il ne doit nullement faire l’objet ni d’attaques personnelles ni d’attaques partisanes, mais plutôt perçu sous l’angle d’un combat épique dont les résultats, si petits soient-ils, doivent être salués par tous, tant le phénomène a pris, depuis longtemps chez nous, les allures d’une hydre, c’est-à-dire ce serpent mythologique à 7 têtes qui repoussaient sitôt coupées. Dans cette optique, l’Ucp-Faaba estime aussi qu’Adrien Houngbédji aurait gagné en crédibilité en balayant d’abord au sein de l’hémicycle où sont tapis aussi bien des députés indélicats de la mouvance que de l’opposition, face au Président de la République qui, au moins, a le mérite de ne pas caresser dans le sens du poil ceux de ses collaborateurs qui mettent le pied dans le plat de la charte gouvernementale.
En tout cas, l’Ucp-Faaba salue les mesures courageuses récemment prises par le Dr Boni YAYI dans l’affaire des projets de la Cen-Sad et l’exhorte à poursuivre cette salubrité pour la bonne gouvernance tant dans son camp que dans celui de l’opposition informelle, en dépit des « qu’en dira-t-on ». Car, il n’y a pas longtemps, lorsque le gouvernement a décidé et maintenu la subvention des prix des hydrocarbures et du ciment afin de soulager le porte-monnaie des consommateurs, des partis politiques, des associations de consommateurs et même des syndicats l’ont accusé de favoriser l’inflation en ne permettant pas l’application de la vérité des prix. C’est pourquoi l’UCP-Faaba invite le gouvernement à ne pas se laisser distraire par les propos politiciens d’Adrien Houngbédji sur la récente hausse des prix de l’eau et de l’électricité, mais à œuvrer pour que cette hausse débouche sur une offre permanente et qualitative de ces 2 produits pour les consommateurs sur l’ensemble du territoire national.
Faire du dossier de la Cen-Sad un fonds de commerce où tout le monde vient puiser pour tenter à tout prix d’impliquer le Président de la République, afin de se fabriquer des subterfuges pour le traîner devant la Haute Cour de Justice ou à défaut, de le démettre avant la fin de son mandat, paraît tout simplement comme une hystérie collective voire une hérésie qui n’ont pas leur raison d’être. Car, si le Dr Boni Yayi avait une quelconque prétention malveillante et préméditée de dilapider les fonds de la CEN/SAD, c’est bien avec son ministre des finances qu’il se serait accoquiné comme cela s’est passé et se passe encore dans bien des pays africains dont le nôtre, le Bénin. Mais qu’il en vienne à s’en séparer, au terme d’une enquête qu’il a lui-même diligentée et qui a permis de découvrir le pot-aux-roses – ce qui est rarissime dans le concert des nations africaines – l’UCP-Faaba ne comprend pas pourquoi des politiciens besaciers de la trempe d’Adrien Houngbédji veulent s’en saisir pour tenter de noircir coûte que coûte les efforts visibles de lutte contre la corruption du Dr Boni YAYI depuis sa prestation de serment le 06 avril 2006.
De la même manière, l’UCP-Faaba ne comprend pas que ce soit après la sortie d’Adrien Houngbédji que la Fédération des Syndicats des Travailleurs des Finances choisisse de jouer les médecins après la mort en révélant le contenu des travaux de l’enquête de l’IGE diligentée par le Président de la République. L’UCP-Faaba se demande où étaient les travailleurs des finances, sensés avoir la primeur des malversations, parce qu’ils ont la charge de passer les écritures, donc de déceler en amont les irrégularités éventuelles et partant de les révéler avant quiconque ?
Conclusion, pour l’UCP-Faaba, cette digression politico-syndicale n’est ni plus ni moins qu’une machination ourdie – suivez bien mon regard – de l’intérieur et de l’extérieur pour tenter de donner un coup de frein à la marche inexorable de la barque du Changement et à la réélection sans coup férir du Dr Boni YAYI en 2011.
Vigilance de tous les instants !
Vive l’UCP-Faaba et l’UCMP !
Je vous remercie.
Nazaire DOSSA
Président de l’Ucp-Faaba et Porte-parole de l’UCMP