L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
En bon opposant, le Président du PRD, maître Adrien Houngbédji, sans trop tomber dans l’opportunisme, a saisi la balle au bond pour se prononcer sur le sujet de l’heure : le scandale Cen-Sad. Mais alors que l’assistance avertie s’attendait à du nouveau, grande a été sa déception de rester sur sa soif.
Au-delà du constat connu de tous - du reste du fait du Président de la République qui a commis l’IGE pour connaître des conditions dans lesquelles ont été passés les marchés dans le cadre des travaux de la Cen-Sad et qui a permis la publication des conclusions qui en sont issues -, de toute son éloquence, le Chef de l’opposition de fait a ressassé les mêmes critiques pour finir par tomber dans des diatribes à l’endroit du gouvernement du docteur Boni Yayi.
Un véritable procès du gouvernement du Changement par maître Adrien Houngbédji qui, au lieu de faire évoluer le débat de développement, a dangereusement contribué à l’enliser. Et c’est sans dénier à l’homme ses ambitions légitimes pour le Bénin que l’on doit refuser de s’abstenir de décrypter, et dans le timbre et dans la quintessence de ses propos, une forte dose d’aigreur et donc forcément de manquements graves, d’insinuations et d’extrapolations malencontreuses dans ses affirmations.
Certainement, dans une démarche absolue de démontrer que le gouvernement du Changement n’a rien fait, maître Adrien Houngbédji a péché par manque criarde de circonspection et par une absence remarquable de sincérité. L’honnêteté intellectuelle a déserté le forum. Visiblement boutée dehors par une quête maladroite de popularité. Plus que des erreurs d’appréciation, maître Adrien Houngbédji a donné dans la négation de la vérité.
Notamment en ce qui concerne la partition du gouvernement du Changement dans la réalisation des travaux des passages à niveau de Houéyiho et de l’avenir Stermeitz et s’agissant de la route Godomey carrefour Akassato.
A propos de ces projets, les affirmations, aux allures d’allégations du Président du PRD, gagneraient dans leur crédibilité lorsque la personnalité politique donnera les preuves de ce que les financements des chantiers concernés ont été bouclés avant l’arrivée du Président Boni Yayi au pouvoir. Il en est de même, pour la non reconnaissance des mérites du Chef de l’Etat par le Président du PRD dans la bonne évolution du dossier de la Cen-Sad.
A ce sujet, maître Adrien Houngbédji gagnerait en sympathie et contribuerait à accroître l’adhésion des populations à sa cause s’il se référait au rôle incomplet qu’il avait joué en tant que Président de la commission qui a connu du fameux dossier des groupes électrogènes de 1998.
Et très rapidement, il se rendrait compte, qu’à contrario du Président Boni Yayi qui a eu le courage politique de publier le rapport de l’IGE sur la Cen-Sad, que lui, en son temps, avait tout simplement jeté dans les tiroirs les résultats des investigations sur les groupes électrogène de 1998.
Ainsi que l’on peut le constater, les contres vérités de maître Adrien Houngbédji ont enlevé à sa campagne pour l’unité nationale, à sa compassion, bien que tardive, à l’endroit des sinistrés des récentes inondations, à son plaidoyer pour une équité, quoique relative, dans les marchés publics et à sa volonté légitime d’accéder à la magistrature suprême toutes leurs valeurs pour ne laisser qu’inconséquence et opinionite.
M.F.G.