Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

Publicité

Brouille entre le maire de Savalou et le roi Tossoh Gbaguidi : Le préfet Nouatin tente de réconcilier les frères ennemis de Savalou

 

Le préfet des départements du Zou et des Collines, Armand Maurice Nouatin, a entrepris mercredi de réconcilier les frères ennemis de Savalou, c’est-à dire, le conseil communal avec en ligne de mire, son premier responsable, le maire Urbain Gbaguidi, et le roi Tossoh Gbaguidi.

Par : Francis-Hervé Sanoussi

Le conseil communal et la cour royale étaient donc face à face à l’hôtel de ville. Absent, le roi s’est fait représenter par des membres de sa cour. Dans son mot introductif, le préfet a stigmatisé le fait qu’à Savalou, il y a avait trop d’incompréhension en terme d’attribution entre le conseil communal et la cour royale. Il s’agit, selon lui, pour Savalou, d’une situation inconfortable du point de vue de l’union sacrée pour le développement. « En terme de développement, nul ne sera de trop. Mais quel résultat peut-on obtenir dans la désunion ? », s’est-il interrogé avant de laisser aux protagonistes de cette crise institutionnelle le soin de dire, selon chacun d’eux, ce qui n’allait pas. Ainsi, à tour de rôle, le maire, les membres du conseil communal et ceux de la cour royale ont exposé leurs versions de ce conflit. Tout d’abord, indique-t-on, il se révèle que c’est le maire et une partie du conseil communal qui ont maille à partir avec la cour royale. Le roi Tossoh Gbaguidi ayant le soutien de ceux des conseillers composant l’opposition au chef de l’exécutif communal. Tout était parti, à en croire le maire Urbain Gbaguidi, d’un problème de travaux commandités par le roi sur la place Soha, du nom du premier roi de Savalou. Il était question, pour le roi Tossoh Gbaguidi, d’y ériger une statue en l’honneur de ce souverain. Non impliqué dans ce projet et prétextant de l’ « occupation anarchique, abusive et illégale » d’une place publique et des prérogatives qui sont les siennes, le maire a cru pouvoir faire suspendre les travaux. Par lettre, il avait saisi, à cette fin le roi. Evoquant que la gestion des domaines publics et du patrimoine de Savalou relevait du conseil communal, il y invitait le roi à se rapprocher de l’administration communale pour une régularisation. Celui-ci, n’avait pas daigné lui répondre. Il avait poursuivi, achevé les travaux puis fait inaugurer la statue par une pléiade de ministres. Ce précédant, a précisé le maire, a créé une situation d’antagonisme entretenue par d’autres situations similaires. A l’époque, a-t-il rappelé, il avait pris une réquisition pour empêcher la cérémonie d’inauguration. Il aura fallu que le ministre de la décentralisation et le préfet lui demandent de lever cette interdiction. Conclusion du maire : « l’affaire est partie d’un problème de régularisation administrative pour prendre un tournant politique ». A la lumière des révélations qui ont suivi la déclaration du maire, il est apparu à la charge de celui-ci, un rigorisme excessif dont ne peut s’accommoder la gouvernance concertée. En effet, il est reproché au maire de Savalou de n’avoir pas réussi à se mettre au dessus de la mêlée. Pour un membre de la cour royale, les écrits ne suffisent pas pour gérer les affaires publiques. Une réaction qui procède du constat selon lequel on n’en serait pas venu à ce point si le maire s’était montré plus conciliant et l’avait clairement affiché. En réponse à cette accusation, le maire répond qu’il n’a pas gardé de bons souvenirs de la cour royale où il s’était rendu, bien avant de devenir maire, pour pouvoir faire connaissance avec le roi. Il argue de ce que beaucoup d’autres personnes ont gardé la même impression que lui en s’y rendant. L’ancien maire de Savalou, Boniface Vissoh, aujourd’hui membre du conseil communal, le dira sans ambages « Aujourd’hui, nous avons un conseil communal malade par défaut de gouvernance concertée ; malaise dû au fait que certains sont considérés comme des opposants ». Pour le préfet Nouatin, s’il faut fumer le calumet de la paix, cette rencontre était capitale pour décrisper l’atmosphère. Car, elle aura permis de faire un pas vers cette réconciliation souhaitée par le roi et sa cour. L’ayant eu au téléphone quelques heures avant cette rencontre, celui-ci lui avait fait savoir, a indiqué le préfet, qu’il était franchement disposé à contribuer à la recherche de solutions durables à cette crise. Constatant qu’ils étaient tous dans la même barque, Armand Maurice Nouatin a souhaité que les membres de la cour royale continuent d’agir dans ce sens. « Vous avez attiré l’attention du maire sur certaines choses. Il vous a entendu », a-t-il déclaré. Aux conseillers communaux, il mettra un point d’honneur à faire comprendre qu’il faut faire preuve d’impartialité et surtout parler développement. Car, ils n’ont que cinq ans et le temps file.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article