L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Chris-Amos AHOLOU
L'Assemblée nationale a reçu mardi dernier, la réponse du Chef de l'Etat, le Président Boni Yayi, dans le cadre de l'interpellation dont il a fait l'objet de la part de certains députés au sujet d'une manifestation politique du ministre Nicaise Fagnon le 02 mai 2009 à Dassa au cours de laquelle il aurait tenu des propos régionalistes. La réponse du Chef de l'Etat a été on ne peut plus clair. Boni Yayi, faut-il le rappeler, a fait des mises au point. Ses points de vue tels que rapportés par le ministre Baba Bodi chargé des relations avec les Institutions sont à n'en point douter, des leçons de démocratie et de droit aux députés signataires de la mesure d'interpellation, en ce sens que ceux-ci ont manifestement mal exploité l'esprit des articles 71 et 113 de la constitution béninoise qui organisent la demande d'interpellation. C'est ce que la réponse du Président Boni Yayi s'est attelée à montrer à la représentation nationale.
Face à la substance du message, les honorables ont réagi pour apprécier le message du Chef de l'Etat. On constate à travers ces différentes interventions que les députés notamment ceux de l'opposition sont embarrassés par la manière dont le Chef de l'Etat a pris l'affaire. Ils recherchaient une condamnation du ministre Fagnon par le Président pour marquer un gros point vis-à-vis de l'opinion publique mais ils ont eu droit à des observations pertinentes qui les ont confondus. Ce qui les a embarrassés le plus est que Boni Yayi n'a pas désapprouvé son ministre et ne l'a pas non plus renié. Ainsi, les députés n'ont pas trouvé à redire et ne savent plus quoi dire. Adrien Houngbédji du Prd a estimé que «le système que le Chef de l'Etat a adopté, à aucun moment, n'a contesté la véracité des propos tenus par le ministre Fagnon» et dit ne pas comprend pourquoi le Chef de l'Etat dit que sa responsabilité n'est pas engagée.
A l'entendre parler, il est surpris par la réaction de Boni Yayi et s'est contenté de dire «nous voulons que la paix dans notre pays soit sauvegardée». Mais Boni Yayi ne veut pas le contraire. Dans sa réponse présentée par le ministre Baba Bodi, il a rassuré les uns et les autres qu'il reste profondément attaché aux valeurs cardinales d'un Etat de droit caractérisé par le respect des droits fondamentaux de l'homme, des libertés publiques et de la justice... De son côté, Bruno Amoussou du Psd regrette que le Président n'ait pas désapprouvé son ministre et souhaite qu'il apprécie les propos mis en cause. Quant à Rosine Soglo de la Rb, elle «veut que le Président de la République monte au créneau pour dire que la paix et la sécurité sont garanties». Au regard de tout ce qui précède, on constate aisément que le Chef de l'Etat a déjoué les pronostics.