L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le Parti social démocrate (Psd) de Bruno Amoussou sera face à son destin le 8 août prochain dans le cadre de son congrès statutaire. La délicatesse des sujets à débattre amène à dire que le choix d'une mauvaise décision pour la prochaine conduite du parti va certainement le rétrograder sur l'échiquier politique national. Le pire peut éventuellement subvenir pour ce grand parti dont a besoin le jeu démocratique béninois. Mais ce qui est certain est que le successeur de Bruno Amoussou sera le prochain candidat du parti à la présidentielle de 2011.
Bruno Amoussou fête ses 70 ans ce jour, l'âge qui l'écarte définitivement de la course à la magistrature suprême. Après Kérékou et Soglo, Amoussou est le troisième dinosaure béninois qui ne peut plus se présenter à une élection présidentielle, conformément à la Constitution du 11 décembre 1990. La course à sa succession à la tête du Psd est donc ouverte. Car, celui qui le remplacera sera le candidat du parti aux présidentielles de 2011. Mais en attendant, le Psd est à la croisée des chemins.
C'est le moins qu'on puisse dire quand on jette un regard sur les défis qui attendent les congressistes du 8 août prochain. La nature des questions à aborder est telle qu'une mauvaise option risque de pousser cette grande formation politique dans le gouffre. En réalité, c'est essentiellement la succession du renard de Djakotomey qui sera le sujet à polémique et dont la suite va déterminer l'avenir du parti. Des bruits courraient déjà sur la question de succession et les cadres du Psd et même des militants à la base semblent voir venir le successeur de Bruno Amoussou à la tête du parti. L'Honorable Emmanuel Golou, actuel secrétaire général, serait pressenti pour prendre la tête du parti tandis que Bruno Amoussou se prépare à jouer le rôle de Président d'honneur. Il se chargera de donner les grandes orientations politiques. D'ailleurs, le député a commencé à jouer les rôles de premier plan depuis quelques temps et les plus avertis ont vu en lui le prochain président du parti.
Le long temps passé par le leader du parti social démocrate dans la recherche de son dauphin politique a été perçu comme une période de préparation psychologique des militants pour accepter Emmanuel Golou. Malheureusement, les militants ont senti une baisse des activités du parti qui leur permettaient, selon eux, de participer activement à la vie politique du pays. Si ce choix venait à être entériné, Emmanuel Golou sera le prochain candidat du parti à la présidentielle de 2011.
Il ne manque pas de dévoiler ses ambitions. Il serait prêt à briguer la magistrature suprême si l'intergroupe des G4 retenait le candidat du Psd comme candidat unique. On peut donc dire que le congrès du 8 août prochain sera celui qui va consacrer la désignation du candidat du Psd. Les prochaines luttes au sein du G4 consisteront à le faire valoir au sein de l'intergroupe qui pourrait éventuellement le retenir au cas où l'option d'une candidature unique obtiendrait l'adhésion de tous. Des réalités à ne pas oublier Depuis l'évocation du nom de Emmanuel Golou comme prochain président du parti, certaines frustrations sont nées. Certains cadres ont du mal à concevoir la chose. La plupart craignent la descente aux enfers du parti.
Si ses capacités intellectuelles et managériales ne sont pas à discuter, c'est surtout le manque de charisme de Emmanuel Golou qui inquiète des militants qui ont aussi du mal à dénicher l'oiseau rare qui va succéder à Bruno Amoussou. La saignée qu'a subie le Psd avec le départ en cascade de grands cadres constitue un problème sérieux pour le parti. Le congrès du 8 Août prochain est celui de la dernière chance qui va réorienter les choses. Autrement, la troisième grande formation politique après la Rb, le Prd est en en passe de voler en éclats au grand dam de ses nombreux militants nostalgiques des exploits de Bruno Amoussou lors des années précédentes. La moindre erreur va certainement profiter à d'autres initiatives politiques qui sont en gestation dans la région du Mono où d'autres cadres se préparent à lancer une autre formation politique. Quand on sait que le Mono est une région où le Psd ne fait pas aussi piètre figure, il y a de quoi tenir compte de ses réalités pour prendre des décisions.
De plus, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ne manquent pas de faire des incursions sérieuses dans l'électorat du Psd qui semble du coup fragilisé. Pour preuve, Comé, Grand-Popo, Bopa, Houéyogbé, Lokossa et Athiémé ne fournissent plus les mêmes scores électoraux comparativement aux années antérieures. Le Psd y est en perte de vitesse et cela doit inquiéter. De la suite de ce congrès à haute portée dépendra l'avenir du parti social démocrate. Les travaux du 8 Août prochain doivent en tenir compte si tant est qu'on veut permettre au part de garder sa place sur l'échiquier politique national.
Cécil Ahouélété ADJEVI