L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Léonce HOUNGBADJI
La justice béninoise a encore donné la preuve évidente de son indépendance et de sa capacité à relever de grands défis. Dix jours seulement après l'incendie survenu le 17 juin dernier au ministère de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche (Maep), le parquet de Cotonou a livré les résultats partiels de ses enquêtes, afin de mettre un terme aux spéculations.
Personne n'attendait à la prompte réaction de la justice dans ce dossier. D'aucuns ont estimé que la vérité sur cette affaire ne sera jamais connue, en raison des circonstances dans lesquelles le feu à montré ses muscles.
Mais les autorités judicaires du tribunal de première instance de Cotonou ont pris leurs responsabilités, en déjouant tous les pronostics. C'est le lieu de les remercier et de les encourager pour cette diligence. Car le professionnalisme dont elles ont fait montre dans ce dossier «vide» a permis de savoir que l'incendie serait accidentel. Même si le dossier suit son cours normal, le parquet de Cotonou, par la voix de Michel Romaric Azalou, 1er substitut du procureur de la République près le tribunal de première instance de Cotonou, a annoncé que l'agent dans le bureau duquel l'incendie s'est déclenché ne serait pas encore venu au bureau ce matin du 17 juin 2009 avant le début de l'incendie.
Deuxièmement, le système d'installation électrique du ministère de l'agriculture de l'élevage et de la pêche (Maep) est d'une grande défectuosité, ce qui est la cause de fréquents incendies toujours maîtrisés avant celui plus grave du 17 juin 2009. Troisièmement, toutes les pièces comptables brûlées au cours de cet incendie pourraient être reconstituées.
Et enfin, l'incendie proviendrait soit d'un court-circuit, soit d'une décharge électrique causée par la foudre. Tout ceci aurait pu permettre de conclure que cet incendie est d'origine accidentelle. Mais les circonstances de sa survenance invite à une certaine prudence. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le parquet a jugé nécessaire d'ouvrir une information au cabinet de la doyenne des juges d'instruction du tribunal de Cotonou pour élucider complètement cette affaire. A travers cet acte, c'est l'appareil judiciaire qui en sort grandi.
Sous un autre régime, le feu a fait des ravages dans le même ministère. Mais personne n'est en mesure de dire aujourd'hui ce qui s'était réellement passé. Le pouvoir en place veut gérer le pays dans la grande transparence. C'est d'ailleurs pourquoi toutes les dispositions ont été prises à tous les niveaux pour que la lumière soit faite sur ce «fait divers». C'est vrai que l'enquête continue, mais on peut déjà tirer un coup de chapeau à la justice qui, en un laps de temps, a réussi à rétablir la vérité. Elle est priée de continuer sur la même lancée, en vue de gagner davantage la confiance des populations qui continuent de douter de sa neutralité.