L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les agents de santé reprennent le chemin des hôpitaux. La grève qui paralyse ce secteur depuis trois est levée par le front national des organisations des agents de santé du Bénin. Dans sa déclaration hier lundi 15 juin 2009 à la bourse du travail, Elhadj Chitou Aliou, président du front, invite tous les agents de santé à se mettre de nouveau à la disposition des malades. Cette décision rendue publique après concertation des membres du front venus de tous les départements, précise que le gouvernement a enclenché le payement de 50% des primes de motivation qui était la pomme de discorde.
Patrice SOGLO
Extrait de la déclaration
Le Front National des Organisations Syndicales des Agents de Santé du Bénin s’est réuni ce jour lundi 15 juin 2009 à la Bourse du Travail à Cotonou pour analyser profondément la situation dans le secteur de la santé, et pour décider de la suite à donner aux mouvements de débrayage en cours dans nos formations sanitaires depuis près de trois mois.
Après un débat franc et sincère mené dans un esprit de patriotisme, le bureau du front s’encourage de l’avancée remarquable dans le dossier à savoir :
le paiement des primes de motivation à tous les agents permanents de l’Etat, aux agents contractuels de l’Etat et aux autres agents des autres structures payés aujourd’hui à 50%.
Le seul point qui reste et qui ne nous met pas a l’aise est celui de nos militants qui sont payés à 50%. Nous regrettons cette décision unilatérale ; nous en prenons acte, mais nous souhaiterions que le gouvernement renoue le dialogue avec le front pour la liquidation rapide des 50% restants.
Le Front est toujours disponible pour faire des propositions au chef de l’Etat pour une sortie rapide de la crise, car nos autres collègues non encore satisfaits se sentent toujours comme des laissés pour compte. Nous savons que le gouvernement vient de faire des efforts en acceptant de payer les 50%. Nous avons aussi fait des efforts en acceptant percevoir les 50%. Il reste maintenant que le gouvernement et surtout son chef accepte de recevoir le bureau du front pour des propositions constructives Car, cette situation qui s’apparente toujours à deux poids deux mesures n’est pas en faveur d’une paix durable. Pour ce qui concerne l’arrêté querellé, nous voudrions conseiller au chef de l’Etat et au gouvernement de bien réfléchir, car ce n’est pas au Ministère de la Santé seul que les agents bénéficient des primes de motivation et autres.
Abroger aujourd’hui les arrêtés serait une autre forme d’injustice qui pourrait toujours détruire les éléments de la paix dans nos formations sanitaires....
Pour ce qui concerne les primes de risque, le front souhaite que ce dossier connaisse vite un dénouement heureux. Au sujet de la disparité catégorielle, le front félicite une fois encore le Gouvernement pour avoir logé toutes les catégories de D à B à l’échelle 1, et profite pour attirer l’attention du Ministre du travail et de la fonction publique sur les agents de la catégorie A où la disparité catégorielle n’est pas encore corrigée. Nous avons à ce jour dans nos rangs, des agents qui ont fait les mènes écoles et certains sont à 1a catégorie A 3 alors d’autres sont à la catégorie A 2. Nous attendons fermement la réaction du Ministre du Travail sur ce dossier. C’est un dossier qu’il faudrait aussi vite vider pour que l’injustice cesse de créer des frustrations au sein des agents de la même catégorie.
Quant à ce qui concerne la récupération politique de notre mouvement, nous voudrions rassurer les uns et les autres en leur disant que nos mouvements, sit-in, marches et autres n’avaient aucune coloration politique.
Nos revendications sont syndicales et professionnelles ; les solutions ne peuvent pas être politiques, ce serait même une insulte pour la classe syndicale si on acceptait que c’est la marche des hommes politiques qui a déclenché le paiement des brimes. C’est une information qui est fausse. Elle est fausse cette information parce que 72 heures avant la marche des hommes politiques, le front avait été approché pour le démarrage de la paie. Les fonds étaient déjà disponibles ; seulement un seul préalable a retardé le paiement. C’était qu’entre les syndicalistes, il y avait ce problème de payer les APE et les ACE avant les autres. Le professeur Amos ELEGBE représentant le chef de l’Etat aux négociations voudrait avoir la certitude que si l’on payait les APE et les ACE avant les autres il n’y aurait pas d’autres troubles dans nos formations santé ? Cela a retardé de quelques jours encore le paiement aux APE et ACE. Ce ne serait pas juste de dire que c’est la marche des hommes politiques qui a déclenché le paiement des primes. Ne pas rétablir cette vérité pourrait interpeller notre morale spirituelle et ceci pourrait aussi affecter notre conscience. Nous tenons à rétablir cette vérité pour faire comprendre à l’opinion nationale et internationale que nos mouvements n’avaient aucune couleur politique et qu’ils ne pouvaient pas être récupérés par les hommes politiques. Nous avons fait ce mouvement pendant près de trois mois, aucune force de la nation ne nous a soutenue ; tous ceux-là étaient dans le pays et nos parents manquaient de soins dans les formations sanitaires publiques. Pour nous, au Front, nos primes ont été décrochées aux prix d’une véritable lutte syndicale.
Après avoir montré le chemin de la paix au gouvernement et après avoir expliqué que notre mouvement n’était pas politique, le front déclare solennellement ce jour Lundi 15 juin 2009, de la levée de la motion de grève qui paralyse nos formations sanitaires depuis près de trois mois. A cet effet, le bureau national du front remercie toutes ses militantes et tous ses militants pour leur mobilisation syndicale et demande à tous les militants du front, agents permanents de l’Etat, agents contractuels de l’Etat, les agents contractuels des hôpitaux, les mesures sociales membres du front à reprendre le chemin de leurs services pour la prise en charge rationnelle des patients.
Pour terminer, le front souhaite que le reversement des agents contractuels locaux, mesures sociales et autres s’accélère pour le bien-être de nos formations sanitaires.
Vive le syndicalisme
Vive la classe ouvrière
Vive le Bénin
Fait à Cotonou le 15/06/09
Le bureau du front
Le président
El Hadj Aliou Chitou