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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Entretien avec Monsieur Jean Michel Abimbola, membre de l'Alliance Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et Directeur Général de l'Agence d'administration de la Zone Franche Industrielle :

 

Propos recueillis par Cécil Ahouélété ADJEVI

Les bouleversements politiques qui ont cours dans le pays retiennent bien l'attention de ceux qui apportent un soutien indéfectible au Chef de l'Etat. Mais ce ne sont pas des raisons qui doivent démotiver le Président Boni Yayi car ceux qui le soutiennent reconnaissent les efforts qu'il ne cesse de fournir. Jean-Michel Abimbola, membre influent des Fcbe et Directeur Général de l'Agence d'administration de la Zone Franche Industrielle, dans un entretien à nous accordé, parle ici des actions du Chef de l'Etat et invite les Béninois qui sont encore sceptiques à le soutenir.

L'Option Infos: Après trois années de gestion du Président Boni Yayi, comment entrevoyez-vous le futur en ce qui concerne les questions de développement?

Jean-Michel Abimbola: Sans détour, je peux vous dire que j'entrevois le futur et l'avenir du pays avec optimisme et enthousiasme. Il ne s'agit pas d'un enthousiasme béat. Pendant trois ans, il y a eu des avancées dans notre pays. Le peuple béninois a voulu en 2006 qu'on gouverne et qu'on gère les affaires autrement, qu'on fasse de la politique autrement. Il y a une équipe dynamique, déterminée qui, en très peu de temps, peut avoir à son actif un certain nombre de réalisations en termes d'infrastructures routières, sanitaires et en termes de mécanisation de l'agriculture en dépit de tout de ce qui est dit. Des efforts sont fournis pour soutenir les jeunes et les femmes. Je pense au fonds de la microfinance et au Fnpej. Le budget de l'Etat a doublé. Ceux qui connaissaient le Bénin sont unanimes et réalisent que le pays est réellement en chantier. En dépit de la crise financière, le Bénin dans la sous-région tire son épingle du jeu et les Béninois sont loin d'être les plus malheureux. Les salaires ont substantiellement augmenté. En ce qui concerne le secteur privé, il y a une attention particulière que le Chef de l'Etat lui accorde. Toutes ces actions nous font croire que nous allons dans le bon sens et que les Béninois peuvent être optimistes. Je sais qu'il reste beaucoup à faire et le Président en est lui-même conscient. Le bilan que vous dressez est bien élogieux mais sur le plan politique, il y a une crise qui secoue le pays depuis peu.

Pensez-vous que la création de l'Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp) est une solution à cette crise?

La création de l'Umpp n'est pas circonstancielle. Si vous faites attention aux recommandations de la Fcbe après son congrès de refondation, il est prévu une union de la majorité présidentielle. Cela est mis en œuvre. Loin d'être un machin, l'Umpp est une machine de guerre pour conquérir et garder le pouvoir. Elle devrait faire peur aux adversaires. Le peuple sait que le Chef de l'Etat a une machine qui va se mettre en branle. L'Umpp, c'est d'abord les Fcbe, l'Alliance mère. Dans cette alliance, vous avez soixante sept partis politiques et plus de deux cents mouvements. En dehors de tous ceux-là, vous avez d'autres partis politiques qui ne sont pas membres de l'Alliance Fcbe mais qui savent que l'option du Chef de l'Etat est la meilleure et qui soutiennent ses actions. Nous avons décidé de créer l'Umpp qui va servir de cadre de concertation pour tous ceux qui soutiennent le Docteur Boni Yayi. Une fois plus forts, nous aurons les moyens de convaincre nos amis d'en face. Le Chef de l'Etat a toujours tendu la main à tous les Béninois. Je crois qu'avec l'Umpp, le dialogue politique qu'il souhaite pourra se mettre en place.

N'existe-t-il pas des risques de guerres de leadership et de frustrations qui vont fragiliser le groupe?

Je ne saurais le dire. Mais nous espérons qu'avec l'Umpp, il y aurait moins de frustration. Je suis persuadé que nous allons gérer au mieux tous les problèmes éventuels qui arriveront. Tout le monde reconnaît la force des différentes structures. Il suffit de donner de l'importance aux minorités et tout ira mieux.

Dans les commentaires, certaines avancent que c'est la forte publicité organisée autour des actions du Chef de l'Etat qui provoquent la colère de l'Opposition non déclarée. Qu'en pensez-vous?

L'opposition non déclarée souhaiterait peut-être que l'on lui laisser le terrain pour ses campagnes de désinformation et d'intoxication. Nous sommes obligés de communiquer sur ce qui est réalisé par le Chef de l'Etat et son Gouvernement. Nous ne pouvons pas attendre que nos adversaires nous vilipendent en caricaturant les réalités. Nous sommes dans un pays démocratique, rien n'empêche nos adversaires politiques de communiquer. Le peuple est là pour juger. Il y a certains qui pensent que le Chef de l'Etat a tout fait pour caporaliser les institutions de la République et cela lui permet d'user d'une dictature modernisée.

De quoi parle-t-on? La crise que nous avons eue au Parlement est bien la preuve que nos institutions fonctionnent correctement et qu'il y a une autonomie du Parlement vis-à-vis de l'Exécutif?

Tous les jours, les médias titrent que tel député est mécontent ou n'a pas voté dans le sens du pouvoir. Il n'y a pas une dictature dans le pays. En ce qui concerne les rapports de force au Parlement, il y a eu récemment le revirement de l'Honorable Rachidi Gbadamassi. Vous qui êtes proche du pouvoir, dites-nous combien il a coûté au régime en place. Nous sommes à une autre époque. Si des gens on des preuves que l'honorable Rachidi Gbadamassi a été acheté par le pouvoir en place, qu'ils les exhibent pour qu'ensemble nous puissions dénoncer et combattre la chose. Ce qui est étonnant, quand un député quitte le pouvoir pour se rendre dans l'opposition, on ne dit rien. Mais quand c'est le sens inverse, on critique à travers des commentaires qui discréditent. Je me contente de ce que dit l'honorable Gbadamassi qui affirme avoir voulu suivre sa base. Il dit qu'il était en porte à faux avec sa base. Il dit aussi qu'il ne veut plus de l'imposture et de toutes les manipulations qui étaient faites pour diaboliser le pouvoir. Cela suffit pour s'en convaincre.

Vous qui êtes du Plateau, comment parvenez-vous à affronter le leader du Madep, Séfou Fagbohoun sur le terrain en dépit de sa force financière?

Autres temps, autres mœurs. Le peuple peut reconnaître ceux qui travaillent véritablement pour lui. Ce n'est plus une question de force financière. Nous sommes quotidiennement sur le terrain pour expliquer aux populations ce que le Chef de l'Etat fait. Les gens se sont rendus compte que pendant des années, on leur a fait des promesses mais non réalisées. Nous avons promis au Chef de l'Etat que nous lui ferons gagner 62% des voix. Le Plateau est désormais un fief des Fcbe. Nous venons d'en donner la preuve avec la reprise des élections à Idigni et Kétou qui est une commune 100% Fcbe. Le Plateau est acquis pour le Chef de l'Etat et les prochaines élections en apporteront encore une fois la preuve.

Que pensez-vous de la candidature de Bio Tchané en 2011?

Nous avons tous apprécié l'homme aux affaires. Mais il n'a pas encore confirmé sa candidature. Beaucoup de noms circulent. 2011 confirmera que le peuple a trouvé son leader qui travaille déjà pour le développement du pays. On ne devait même pas avoir peur de la candidature de Bio Tchané. Il est bon qu'il y ait des candidats sérieux et crédibles.

C'est de bonne guerre. Quelle analyse vous inspire la situation dans le secteur de la santé?

Je suis peiné quand je vois toutes les manœuvres faites pour se réjouir du malheur du peuple. On ne peut pas profiter des petites difficultés pour bloquer un secteur au point d'avoir des morts d'hommes. Le Chef de l'Etat a beaucoup fait dans le domaine de la santé. Il faut que les travailleurs le comprennent. Il faut qu'on évite de manipuler les travailleurs. Le peuple observe. Si effectivement des agents de santé ont laissé mourir des gens, je pense qu'on pourrait même porter plainte pour non assistance à personne en danger. Je voudrais inviter les syndicalistes à ne pas se laisser manipuler par les politiciens car ils ont d'autres objectifs. La situation actuelle ne dépend pas du gouvernement mais du manque de vision des anciens dirigeants qui n'ont pas pu avoir des visions prospectives.

Comment se porte aujourd'hui la Zone Franche Industrielle que vous dirigez?

Elle se porte très bien. Aujourd'hui, il y a 12 entreprises industrielles qui bénéficient du régime de la Zone Franche Industrielle. 6 sont en exploitation. Des produits sont fabriqués et exportés de la Zone Franche Industrielle. Il existe des emplois à Tchaourou, Calavi, Cotonou et Bohicon. Quand on en parle, les gens pensent que c'est simplement Sèmè-Podji. Mais c'est un peu plus compliqué que cela. Il y a non seulement une enclave qui est à Sèmè-Podji mais aussi des entreprises qui sont isolées. Le gouvernement du changement a déployé beaucoup de moyens pour que l'enclave de Sèmè-Podji soit une réalité. Elle est en train d'être viabilisée. Dès cette année, des entreprises pourront être visibles sur place. Il y a de l'énergie, les télécommunications et technologies wimax, des forages qui vont drainer l'eau depuis Porto-Novo. Le tiers du site est entièrement assaini. Les voies et routes pavées sont à 70% de réalisation. Une industrie qui veut s'installer au Bénin peut le faire dans les meilleures conditions sur le site de Sèmè-Podji. Le processus était long. Il a fallu 12 ans d'études. Mais le rêve se réalise déjà.

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