L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Annoncée le dimanche soir par les médias européens notamment français puis relayée par leurs confrères d’Afrique dont votre journal, la mort du président gabonais Omar Bongo Ondimba a été d’abord démentie par le premier ministre du Gabon ce lundi avant d’être confirmée dans l’après-midi du même jour par la même autorité. Ce qu’il convient de relever ici dans la gestion de l’information autour de la mort du doyen des chefs d’Etat africains, c’est que les médias ont pris de court l’entourage du président défunt qui, pour des raisons stratégiques, avait voulu entretenir le flou, le temps de régler la question cruciale de la succession du septuagénaire. Hélas, nous sommes au vingt-et-unième siècle avec le développement fulgurant des technologies de l’information et de la communication qui accompagne les médias et font du monde un village planétaire. Les choses sont allées vite ce lundi avec les médias espagnols qui, citant des sources proches du corps médical qui suivait Omar Bongo, ont confirmé la mort de ce dernier. Les sources diplomatiques notamment l’Elysée et le gouvernement espagnol connaissaient la vérité et face à la puissance d’investigation des journalistes, les langues se sont vite déliées et les velléités du gouvernement gabonais à endiguer l’information ont été vite vaincues. En 1993, avec la complicité de l’Elysée, la mort du président ivoirien, Félix Houphouët Boigny décédé pourtant en fin novembre n’a été annoncée que plusieurs jours plus tard soit dans la première décade du mois de décembre. L’ombre de la Françafrique est passée par là. Si le secret autour de la mort du président Bongo n’a duré que le temps d’un feu de paille, plusieurs analystes imbus des questions africaines y voient le refroidissement ces derniers mois des relations entre Libreville et Paris mises à mal par le dossier des « biens mal acquis en France » qui visait Omar Bongo entre autres chefs d’Etat africains et qui l’aurait profondément affecté au début de cette année 2009. Le choix de l’hôpital Quiron dans la ville de Barcelone en Espagne au détriment de Paris pour accueillir le président gabonais grabataire ne serait pas innocent. La mort de Bongo sonnera-t-elle la fin de la Françafrique ? Croisons les doigts et attendons !
Par : Bernadin MONGADJI