L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Voici les raisons de la décision du juge qui condamnent Assé André et consorts
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Depuis le 29 avril dernier, la troisième chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Cotonou, sur plainte du professeur Géro Amoussouga pour diffamation, a condamné les nommés Paul Essè Iko, Karl Voyèmè, Nicolas Ahossi et Assé André à un an de prison ferme avec amende. Dès lors, des rumeurs fusent de toutes parts sur le motif de la condamnation. Voici ici, les raisons de leur condamnation.
Par : Barnabé HOUNKANRIN
Tel un coup de massue sur la tête des militants de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb), le tribunal de première instance de Cotonou a condamné leur responsable, Assé André, à un an de prison ferme avec une amende. Assé André était condamné avec trois autres que sont Paul Essè Iko, Karl Voyèmè et Nicolas Ahossi. Ils ont été condamnés suite à une plainte pour ‘’diffamation’’ déposée contre eux par le professeur Fulbert Géro Amoussouga, doyen de la Faculté des Sciences de l’Economie et de Gestion (Faseg) et président de la commission 3 du programme « reconnaissance et équivalence des diplômes » au niveau du CAMES. La condamnation a été prononcée le 29 avril au tribunal de première instance de Cotonou. Mais depuis ce jour-là, plusieurs rumeurs courent sur les motifs mêmes de la condamnation et font allusion à l’incident de la fusillade sur le campus d’Abomey-Calavi provoqué par le garde du corps du professeur Amoussouga. D’après les investigations, l’affaire dont le jugement condamne les personnes sus citées remonte à janvier 2008. En effet, dans un communiqué rendu public le 25 janvier 2008 par l’Unseb, il est relevé un certain nombre de pratiques de corruption dans les équivalences de diplôme au niveau du Cames. L’Unseb, sur la base des écrits d’un journal ivoirien, affirme que le professeur Amoussouga serait à la base de cette machination et dénonce la magouille qui caractérise le Cames à travers la personne de Fulbert Géro Amoussouga. De source digne de foi, c’est suite à ce communiqué que le professeur Amoussouga a déposé une plainte pour diffamation contre André Assé, président de l’Unseb. Mais après la plainte du professeur Amoussouga contre l’Unseb, il y a eu plusieurs remous : le 24 juin 2008, le bureau exécutif du Syndicat Autonome de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (Synares), à travers une déclaration signée par son secrétaire général Fulgence Afouda, a « « condamné le procès annoncé et a apporté son soutien à André Assé’’. Le 25juin 2008, une décision est rendue par un prétendu « tribunal populaire » présidé par Paul Essè Iko et dont le professeur Karl Voyèmè et Nicolas Ahossi Tokpassi sont membres. Dans la décision, le « « tribunal populaire », déclarait que Géro Amoussouga « baigne dans la corruption tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays » et déclare entre autres, que « …les pilleurs de l’économie nationale tels que Amoussouga et autres sont condamnés à restituer les biens publics volés… ». Selon les investigations, le professeur Amoussouga a encore saisi le tribunal pour diffamation suite à la décision du prétendu tribunal populaire signée par Paul Essè Iko, Karl Voyèmè et Nicolas Tokpassi. Par ailleurs, le 18 juillet 2008, le comité consultatif général du Cames a publié une motion de soutien au professeur Fulbert Gero Amoussouga et a affirmé que les ‘’faits allégués étaient dénués de tout fondement’’. Le verdict du 29 avril dernier du tribunal de première instance de Cotonou a pris en compte les deux plaintes du professeur Géro Amoussouga et a condamné les quatre individus Paul Essè Iko, Karl Voyèmè, Nicolas Ahossi et Assé André à un an d’emprisonnement ferme. C’est dire donc que cette condamnation n’a rien à voir avec l’incident de la fusillade survenue le 24 novembre 2008 sur le campus d’Abomey-Calavi. Mais au lendemain de cette condamnation, encore des voix s’élèvent pour soutenir les accusés.
(Lire la déclaration)