L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Depuis janvier 2008, l’homme avait presque disparu des écrans de télévision et des colonnes des journaux. A cette date historique, débordant de générosités langagières pour le chef de l’Etat et en pleine extase de sa nouvelle fonction de porte-parole de la présidence de la république, sa première sortie avait été échec et mat. Infortune, l’avocat avait eu pour cible, la presse de son pays. Cette même presse qui lui avait servi, quelques jours plus tôt, de strapontin pour s’asseoir à la « droite du père de la nation ». Depuis lors, il s’est emmuré dans un silence qui contraste avec la personnalité que l’opinion lui connaissait. Cet homme : c’est Me Lionel AGBO. Brillant avocat et excellent rhéteur, il a brisé, hier, l’omerta en effectuant sa rentrée médiatique sur le plateau d’une chaîne de télévision privée, à Cotonou. C’est donc un Maître Lionel AGBO au discours mesuré, fin en esquive mais toujours la rhétorique séductrice et enflammée que les téléspectateurs de Golfe Télévision ont redécouvert. La gaffe avec la presse est déjà du passé. L’avocat, porte-parole de la présidence de la république et conseiller spécial aux affaires juridiques du Chef de l’Etat veut désormais soigner son image et rebondir en frappant fort. C’est fini donc l’hibernation provoquée par une erreur de communication. L’avocat et le politique reviennent, le verbe à fleur de peau et l’éloquence en parade. Sauf que cette fois-ci, il est attendu étant désormais dans les arcanes du pouvoir. La sortie d’hier dimanche, n’est qu’un test qu’il semble avoir passé avec brio. Mais le plus dur reste à venir sur le rôle qui sera dorénavant le sien dans les stratégies de communication de l’Etat. C’est une vérité de La Palisse que le régime en place a de grosses lacunes à combler de ce côté-là. Lionel AGBO, le sait très bien tout comme il ne doute pas de ce que le premier magistrat attend de lui. Porter haut et avec éclat la parole de la présidence et de l’Etat. Clair comme l’eau de roche, n’est-ce pas ?
Par : Bernadin MONGADJI