L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le pouvoir sous l’ère du changement est beaucoup plus synonyme de réalisations que toute autre chose. Ainsi, la construction de routes et de passages supérieurs, d’infrastructures académiques et hospitalières trouvent une place de choix dans les actions du gouvernement. L’autre chose qui continue de caractériser ce régime et certainement pour longtemps encore, c’est le Programme de microcrédits aux plus pauvres qui, progressivement fait entrer les populations à faible pouvoir d’achat dans le circuit financier habituel. La gratuité de l’école primaire, de l’inscription dans les universités et plus récemment de la césarienne constituent aussi d’autres points forts après trois ans d’exercice du pouvoir d’Etat par le Dr Boni Yayi.
Mais sur le plan politique, le leader du changement connaît quelques difficultés avec l’ancienne classe politique nationale qui s’est retrouvée depuis un peu plus d’un an en une coalition et lui fait passer par moment de sales temps. Certes, certains barons de la mouvance ne cessent de répliquer à leurs adversaires politiques.
Joël C. TOKPONOU
Ils se prononcent sur les actions de Boni Yayi
AYOUBA Garba, Professeur Certifié d’Histoire Géographie au Lycée Mathieu BOUKE, Conseiller Pédagogique.
Pour apprécier le bilan des trois ans du mandat du Président Boni YAYI, il faudrait prendre en compte un certain nombre de paramètres dont le programme de campagne du candidat et la vision du Président élu et investi d’abord, puis le contexte dans lequel il a été élu, enfin la conjoncture économique internationale actuelle marquée par la cherté de la vie. La situation économique, financière et sociale, voire politique du Bénin en avril 2006 était catastrophique et justifiait le vote massif des Béninois au premier tour comme au second tour des élections présidentielles ( 75 % ) en faveur de Boni YAYI. Cet espoir est aujourd’hui de mon point de vue comblé puisque la nation a été remise au travail, les finances de l’Etat ont retrouvé leur équilibre, les institutions dans l’ensemble, à l’exception du parlement qui semble être atteint par le virus de la paralysie et de la politicaillerie, fonctionnent harmonieusement, les salaires régulièrement payés et des efforts louables ont été à plusieurs reprises consentis en faveur des fonctionnaires. Les droits de l’Homme et les libertés fondamentales sont respectés. En substance, le peuple béninois n’a pas fait un mauvais choix. Au contraire, il a su choisir celui qui incarnait le mieux ses aspirations. La vision du Président Boni YAYI est quotidiennement traduite dans les faits, à savoir restaurer l’autorité de l’Etat par l’obligation de résultat et de compte rendu, lutter contre la corruption, moderniser l’administration, favoriser l’émergence économique et sociale. L’idée forte que je retiens de notre Président est qu’il est un intrépide bâtisseur, un infatigable travailleur et un président courageux qui nourrit de grandes ambitions pour son pays, des qualités dont on a plus que besoin pour édifier un Bénin émergent voire développé. Il est un président presque utilement partout présent, au champ, sur les chantiers, à l’extérieur. Le palmarès est impressionnant, on peut citer quelques exemples : la réhabilitation récente de l’OCBN à la grande satisfaction des cheminots, la construction des infrastructures routières, la construction des échangeurs à Cotonou que j’ai eu du mal à reconnaître en 2008 parce que métamorphosée, le transfert réel des institutions à Porto – Novo, l’assainissement de la filière des GSM, la gratuité de l’enseignement maternel et primaire, la gratuité de la césarienne, le démarrage de la mécanisation de l’agriculture béninoise devenue enfin effective en 2009, l’électrification des chefs – lieux des 10 dernières communes du Bénin ( 24 h sur 24 h ), la mise en valeur des vallées irrigables dont celle du fleuve Niger que j’ai personnellement visitée avec satisfaction. Le Bénin, sur la scène internationale est mieux respecté, rien qu’à prendre en compte la visite en 2008 du Président américain George W. Bush au Bénin. Au total, les trois ans de l’ère du changement sont largement positifs, ce qui traduit probablement les gesticulations de certains groupes politiques jaloux des résultats brillants du Président ou inquiets des perspectives des élections présidentielles de 2011 face à ce président humble, humaniste, toujours à l’écoute de son peuple et travailleur comme Hercule de la mythologie gréco – romaine. « Rome n’est pas construit en un jour », Dieu même a créé le monde en 6 jours. C’est dire que quelques défis restent naturellement à être surmontés tels que la poursuite de la lutte contre la corruption, la lutte contre les braquages et le banditisme, la généralisation des TIC à l’école, véritable moteur de développement du Bénin. Le patriotisme commande conséquemment que tous les Béninois soutiennent par le travail effectif, ce vaste mouvement de rénovation nationale pour que nous ne tombions pas de Charybde en scylla, comme c’était toujours le cas, du Dahomey au Bénin, où au nom des intérêts égoïstes, la politicaillerie arrière notre pays et étouffe les belles initiatives par la trompette de l’intoxication.
Bienvenu BABATOUNDE, Coordinateur département Borgou de l’Alliance G13
Après trois ans de gestion du Dr Boni Yayi, je constate que les acquis sous le règne du Général Mathieu Kérékou relatifs aux libertés ne sont plus respectés. C’est pourquoi, c’est maintenant que le titre de l’(ouvrage de Rékya Madougou est d’actualité. Tous les jours ce sont des menaces à n’en point finir. La première des choses que le béninois préserve, c’est sa liberté. Si la liberté est l’essence du béninois, cela veut dire que le président Boni Yayi a échoué sur ce plan. Sur le plan économique, le chef de l’état est arrivé en 2006 avec de bonnes idées et de bonnes intentions. Mais malheureusement c’est sous ce régime que la corruption a pris de l’ampleur. Et dès que vous dénoncez cet état de chose, ce sont des menaces que vous recevez. C’est vrai que Boni Yayi a fait beaucoup de choses. Sur le plan politique, c’est la catastrophe. Dans la mesure où Boni Yayi et ses alliés ont cru qu’ils pouvaient changer la vieille classe politique ; mais c’était sans compter avec l’esprit critique de cette classe politique. C’est pourquoi, je remercie le G13 c’est grâce à ce regroupement politique que notre démocratie n’a pas été mise entre parenthèses. Sur ce même plan, on constate que c’est des démissions en cascade. La gratuité de l’enseignement primaire, les 500.000 tonnes de coton, on n’en parle plus. Tous les grands chantiers ouverts ne sont pas arrivés à terme. C’est pour cette raison que je donne raison au PRD de maître Adrien HOUBGBEDJI qui a tôt fait de qualifier ce gouvernement de « gouvernement ventilateur ».
Aïssétou BABONI, Commerçante au marché Arzèkè
Depuis avril 2006 quelque chose à changer au niveau de nous les femmes. Aujourd’hui grâce aux recettes issues de l’escorte des véhicules d’occasion qui était dans les mains d’une poignée d’individus, nous bénéficions des micro crédits. C’est vrai que tout n’est pas rose dans le pays. Mais sous Yayi Boni, nous nous sentons beaucoup plus à l’aise. Nos enfants à l’âge d’aller à l’école y vont gratuitement, les enseignants ont en quelques années seulement amélioré leur condition de travail. Il en est de même des étudiants et les autres couches de la société notamment les jeunes avec le FNPEJ. Cependant je souhaite que le chef de l’état se mette résolument au travail au lieu de se préoccuper des politiciens. Depuis qu’il a pris en mains les destinées des FCBE nous les femmes nous avons pris peur parce que la politique au Bénin, nous savons ce qu’elle vaut. Et depuis ce temps effectivement Boni Yayi a des difficultés. C’est pour cela que je lui recommande de quitter avant qu’il ne soit trop tard la tête des FCBE. S’il peut m’écouter, il aura le soutien total des femmes. L’autre chose qu’il faut saluer c’est l’effectivité de la gratuité de la césarienne depuis le 1er avril dernier. Vous savez quand on parle de la césarienne, on parle en premier lieu des femmes. Donc avec cette décision les femmes à travers ma voix remercient une fois encore le président de la république. Toutefois, nous aimerions avoir plus de femme dans le prochain gouvernement.
Propos recueillis par Maurice FADEGNON