L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La crise politique et sociale qui secoue la commune de Bantè depuis les dernières élections a connu mercredi un rebondissement avec la levée de boucliers des populations de l’arrondissement de Gouka. Refusant d’accepter leur actuel chef d’arrondissement parce qu’elles n’auraient pas majoritairement voté pour lui, elles ont à nouveau barricadé la voie inter-Etat Savalou-Bantè en exigeant son remplacement.
Par : Francis-Hervé Sanoussi
Du témoignage fait par le commandant de la compagnie de gendarmerie de Savè, le capitaine Rodrigue Ahouéya, il se révèle qu’elles étaient sorties nombreuses pour manifester violemment leur mécontentement. Enfants, femmes et personnes âgées avaient tôt mercredi matin envahi cette voie et en y installant des troncs d’arbres, des pierres et même des gris gris qui, de la croyance populaire, foudroient tous ceux qui oseraient s’en approcher. Des dizaines de pneus ont également été brûlés. Ainsi, il aura été question pour le préfet des départements du Zou et des Collines, Armand Maurice Nouatin, de négocier avec les manifestants dont certains étaient armés de fusils de fabrication artisanale et prêts à en découdre avec quiconque tenterait de les braver. Sur cette lancée et après moult péripéties, le dénouement est intervenu après 16 heures et la voie n’a pu être dégagée, indique-t-on, qu’à partir de ce moment. C’est-à-dire au bout de plus de douze heures de siège. Le préfet Zou/Collines a promis aux manifestants et à leurs meneurs qui exigeaient la présence du Chef de l’Etat, que la situation sera réglée. Il leur a fait savoir qu’il se battra pour que celui-ci les reçoive. Mais, a-t-il martelé, il ne saurait tolérer ni le désordre ni la violence. La crise politique et sociale à Bantè est née avec les élections locales d’avril 2008. Sur le terrain, s’affrontent deux formations politiques de la mouvance, à savoir l’Alliance Anudé pour un Bantè émergent (Abe) et les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Lors de l’élection du chef de l’arrondissement de Gouka, des trois conseillers élus dans cette localité, deux étaient Fcbe. Mais, les ressentiments ont commencé à se faire entendre dès lors que la Cour Suprême a invalidé un conseiller Fcbe pour son concurrent Abe. Une décision qui avait fait balancer la majorité en faveur de l’Abe. Il n’en fallait pas plus, indique-t-on, pour que les populations de Gouka engagent la lutte pour que le fauteuil de chef d’arrondissement revienne à un représentant de la liste Abe. En effet, ils n’admettent pas, pour avoir majoritairement voté Abe, être dirigés par un militant des Fcbe. La vérité, reconnaît le préfet Nouatin, dans le cas d’espèce, c’est que la loi n’offre aucune issue pour un règlement qui colle avec une telle vision, c’est-à-dire, celle qui veut forcément voir aux commandes un militant de la majorité. « L’élection du chef d’arrondissement ayant eu lieu, il n’y a rien à faire aujourd’hui. A moins que le détenteur de ce porte-feuille démissionne. La loi n’autorise pas à destituer un chef d’arrondissement », a-t-il indiqué. Pour lui, il est évident qu’une solution politique doit être trouvée à cette crise du reste politique elle aussi.