L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le bureau politique de la Renaissance du Bénin digère encore très mal les déballages faits par son ex-secrétaire national, Candide Azannaï, sur le mode opératoire du parti. A la faveur d’une déclaration publique, hier lundi, au siège du parti à Kouhounou, il a tenté de répondre à l’honorable Candide, mais sans pour autant convaincre. Au contraire, il le conforte dans ses troublants argumentaires.
Par : Serge-David ZOUEME
La Rb ne voudrait pas cautionner du « faux » et laisser vicier l’atmosphère politique avec les troublantes révélations de l’honorable Candide Azannaï, ancien « renaissant ». Au cours de sa sortie médiatique d’hier, le bureau national du parti entend circonscrire la déclaration de l’ex-secrétaire national de la RB dans son contexte. A en croire ses propos, les déclarations de Candide Azannaï ne surprennent guère puisqu’il serait un coutumier du fait. Ses réelles motivations seraient d’envoyer un signal fort au chef de l’Etat qui semble trop l’oublier surtout que, depuis peu, le bruit d’un plausible remaniement ministériel est agité au sein de l’opinion. Pour le bureau politique des « Houézèhouè », les déclarations de Candide Azannaï constituent un montage abject (bas) et une série d’affabulations. Il dénie également le fait que le budget de la mairie de Cotonou n’est jamais à 12 milliards et que pour le compte de l’année 2009, il est estimé à 9 milliards de francs Cfa. Il semble donc rejeté en bloc les propos de Candide Azannaï.
La RB donne raison à l’honorable Candide
Alors qu’on s’y attendait le moins, les « Renaissants » d’hier ont apporté de l’eau au moulin de leur adversaire politique, Candide Azannaï, ancien maître à concevoir des remarquables stratégies et offensives politiques de la Rb. A travers leur déclaration, ils confessent que c’était Candide Azannaï qui avait dit, il y a quelques années, avoir découvert des armes à Guinkomey. Des propos qui, selon eux, seraient une pure invention du président du parti « Restaurer l’espoir » alors qu’il était encore secrétaire national de la Rb. Mieux, ils avouent que c’était encore lui qui avait dit avoir identifié sans les faire arrêter, les agresseurs du cabinet d’avocat de maître Rosine Vieyra Soglo, sise à l’époque à l’immeuble « 40 logements ». Des contre-vérités mémorables, a reconnu le bureau politique national de la Renaissance du Bénin. Et c’est là où commence leur déluge. Ils ont ainsi reconnu ouvertement que ces vieilles déclarations de Candide Azannaï, alors qu’il était encore membre actif de la RB, étaient de pures inventions de l’homme pour, sans nul doute, embrouiller les cartes et agiter à la face de l’opinion l’idée de l’auto-victimisation. Il est essentiellement question de déstabiliser l’adversaire politique en le culpabilisant de montage grossier comme ce serait récemment le cas avec le cambriolage du siège de la Renaissance du Bénin. D’ailleurs, Candide Azannaï l’a, lui-même, reconnu lors de sa sortie médiatique du jeudi dernier lorsqu’il parlait de stratégie de l’exagération communicationnelle, de la recherche de l’axe d’effort propre à la Rb en suscitant la pitié au sein de l’opinion. C’est dire alors que cette stratégie, fut-elle politique, propre par le passé à Candide Azannaï et décriée aujourd’hui par les « Renaissants » était favorable au parti. Pourquoi alors s’insurger contre lui lorsque la même stratégie qui, hier, était le fort de la Rb est mise à nu aujourd’hui par son auteur, même s’il ne répond plus de la Renaissance du Bénin ? Certes, par le passé, Candide Azannaï s’illustrait positivement dans des inventions politiques pour permettre à la Rb de se repositionner sur l’échiquier politique national. Aujourd’hui, il a tourné son veste et donc dénonce les mêmes « abus » d’hier que les « Renaissants » tentent d’utiliser pour déstabiliser le gouvernement. L’autre élément qui frise le ridicule et qui conforte la position de Candide Azannaï, c’est le statut de ceux qui étaient, hier, à la conférence de presse. Pour un sujet aussi préoccupant qui défraye la chronique, on a eu droit autour de la table dressée pour la circonstance, à la présence de quelques chefs d’arrondissement de Cotonou, militants de la RB, du seul député El Hadj Malèhossou Yacoubou, du secrétaire national chargé des structures décentralisées de la Rb et de l’ancien ministre Kogblévi et consorts qui ne pouvaient décider au nom du parti. Le président d’honneur du parti dont le bureau serait cambriolé, la présidente du parti qui a rallié Cotonou avant-hier encore moins le porte-parole du parti n’ont répondu présent à cette sortie aussi capitale. Aucun des cadres de la Rb ne voudrait s’exposer publiquement dans ce dossier qui réserve encore d’autres rebondissements les prochains jours.