L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique Armand ZINZINDOHOUE a dû faire une descente ce jour sur la ville de Ouidah pour des clarifications au sujet du meurtre d’un fils de Dagbo HOUNON, le chef spirituel des cultes vodouns d’Ouidah. D’après les premiers témoignages reçus, cette affaire criminelle aurait comme fondement des rivalités politico-religieuses et risqueraient de faire couler beaucoup d’encre et de salive dans les jours et les mois à venir. L’auteur de cet acte barbare ayant été appréhendé, il reste à savoir précisément les mobiles précis de son crime et ses commanditaires. On parle de guéguerre liée à la concurrence sur le titre de chef spirituel, mais aussi de divergences politiques comme motif direct de cet assassinat.
Alors que ces derniers temps, notre pays n’a pas cessé de connaître des violences barbares de cet type et que nous nous posions déjà hier la question de savoir si nos valeurs morales ne sont pas en perte de vitesse, voici que nous apprenons encore aujourd’hui ce drame de Ouidah. Il y a un peu plus d’une semaine, c’est une Américaine de 25 ans, professeur d’anglais et membre du Peace Corps (Volontaires de la Paix) qui a été égorgé à Ouaké dans la Donga, par deux hommes pour dit-on, des raisons rituelles. La semaine dernière à Cotonou, deux adolescents de 16 et 17 ans, élèves de surcroit ont participé à l’assassinat d’un bossu soit disant pour utiliser sa bosse afin de faire fortune. On est dans le macabre, dans l’indicible, l’inénarrable. Il importe donc que notre société s’interroge réellement sur ses forces et ses faiblesses. Il importe que nous nous interrogions sur les modèles, les références que les anciens, les aînés projettent sur les jeunes. La société est en crise. Elle pousse au crime. L’âme du fils de Dagbo Hounon demande des comptes.
Par : Vianney ASSANI