L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Toutes les voix fortes du très mythique parti, la Renaissance du Bénin(RB) ont parlé. Il ne restait donc plus qu’une seule, celle la plus autorisée peut-être. Rosine SOGLO, a enfin brisé la glace.
La conférence de presse de la présidente-fondatrice de la RB, vendredi dernier au siège de l’association « Vidolé », dans un style atypique, aura eu tout de même un seul avantage. Celui de rassurer enfin les partenaires politiques des Houézèhouès au sein du bloc de l’opposition non déclarée, envahis par un doute épicurien à cause des différents courants qui s’entrechoquent dans ce parti politique. Maintenant que Rosine SOGLO a parlé, on pourrait envisager une trêve dans la polémique dont fait l’objet la RB au sein de ses alliés. Une trêve, disons-nous, pas la fin des polémiques, jusqu’a ce que les agissements du parti des Houézèhouès à l’Assemblée nationale infirment ou confortent nos appréhensions. La présidente de la RB aurait pu définitivement rabattre le caquet aux polémistes ou aux milliers de Saint Thomas qui attendent de voir avant de croire, si elle n’avait pas expédié dans le brouillard de « no comment » les questions non pas moins pertinentes des journalistes qui devraient l’obliger à situer au-delà du speech, et de façon la moins confuse, la RB dans l’opposition ou dans la mouvance.
En arguant que toutes les réponses sont contenues dans le texte qu’elle a lu laborieusement à cause de ses problèmes d’yeux, Rosine SOGLO donne l’impression de ne pas vouloir assumer ce qu’elle a pourtant écrit elle-même. C’est une tradition qu’au cours d’une conférence de presse, des journalistes veuillent aller au-delà du discours pour tester les convictions réelles d’un acteur politique qu’un texte écrit peut dissimuler. Si la présidente de la RB était face à une presse internationale, son attitude non coopérative vendredi dernier, aurait été perçue comme un scandale médiatique. Elle aurait dû dans le cas d’espèce avoir recours à un point de presse qui rend impossible l’interactivité, pour faire sa déclaration et là, sa phrase fétiche « no comment » allait avoir tout son sens. En plus techniquement parlant, Rosine SOGLO avait les ressources aussi bien intellectuelles que politiques pour répondre à toutes sortes de questions sans se cacher derrière la glace de son texte.
Il s’agissait d’user tout simplement de l’art de la tactique et de la parade en politique sans se faire prendre aux jeux des journalistes qui, eux, sont dans leur rôle de faiseurs d’opinion. Nous croyons qu’entre les acteurs politiques et la presse, il doit y avoir une sorte de gentlemen agreement. C’est vrai, notre démocratie n’a que dix-huit ans et qu’il nous reste de part et d’autre une culture de l’Etat de droit qui permet de transcender les suspicions légitimes et de faire tomber les peurs ataviques. La presse a besoin des acteurs politiques et vice versa. Rosine SOGLO est une valeureuse femme qui a un style qui lui est propre et qui séduit par sa combativité héroïque dans une cour d’hommes. C’est en cela que « no comment » de maman comme elle aime si bien qu’on l’appelle, restera amical entre elle et la presse.
Par : Bernadin MONGADJI