L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La plénière d’hier à l’Assemblée nationale a failli tourner au vinaigre pour les députés. Pendant que les députés prenaient la parole pour exprimer leur opinion par rapport à la question de l’escorte, une prise de bec s’est ouverte entre Rachidi Gbadamassi et Djibril Débourou. Les deux députés ont failli en venir aux mains. La plénière était présidée par le deuxième vice président, Antoine Dayori.
Par : Barnabé HOUNKANRIN
Six mois après les coups de poing entre Sacca Fikara et Djibril Débourou (12 août 2008), la plénière d’hier à l’Assemblée nationale a enregistré un incident majeur. Les députés Rachidi Gbadamassi et Djibril Débourou allaient en venir aux mains s’il n’y avait pas eu la présence de leurs collègues pour les calmer. A l’origine de l’incident, des propos discourtois à l’endroit de son collègue comme c’était le cas dans la situation précédente. En effet, les députés ont formulé au gouvernement trois questions orales avec débats sur la gestion des fonds de l’escorte et deux autres questions sur l’aménagement des routes au Bénin. C’était autour de ces points que les débats tournaient hier à l’hémicycle. Sur la question concernant l’escorte, parole était donnée au député Rachidi Gbadamassi de donner son opinion par rapport au sujet. Dans ses propos, ce dernier, après avoir peint en noir le tableau de la gestion des fonds de l’escorte, a qualifié le gouvernement de voleur des fonds publics parce qu’il a refusé de budgétiser durant deux ans, les fonds de l’escorte. A ces propos, le député Karim Chabi Sika a interpellé le président de la séance, Antoine Dayori, de discipliner certains de ses collègues qui font preuve d’indiscipline. La réaction de Gbadamassi ne s’est pas fait attendre. Il a répliqué en s’opposant au fait qu’il soit traité d’indiscipliné par Chabi Sika. C’était à cette interpellation du président que la tension a commencé à monter dans l’hémicycle. Dans cette brouille, le député Djibril Débourou a lancé à Rachidi Gbadamassi qu’il est mal placé pour insulter le gouvernement de voleur d’autant plus qu’il est lui un bandit. C’était le petit mot qui a fait monter d’un cran la colère de Gbadamassi qui s’est dirigé vers Débourou, très fâché. N’eut été la vigilance des autres députés, ces deux députés auraient repris la scène d’il y a quelques mois au niveau de l’hémicycle. Une suspension des débats fut observée après l’incident avant une reprise qui a permis de vider le dossier. Les esprits se sont calmés et la plénière a pu se terminer
Où est passée l’honorabilité ?
L’on se plait à appeler les députés « Honorables ». Mais de jour en jour, certains députés de la cinquième législature ternissent l’honorabilité qu’on leur confère soit par des propos peu responsables ou par des actes irresponsables. En juin 2008, c’était autour d’une injure à l’endroit du gouvernement par le député Augustin Ahouanvoébla que la tension a monté à l’hémicycle. En août, les propos de Sacca Fikara à l’encontre du gouvernement lors d’une conférence des présidents de groupes parlementaires ont entraîné ce dernier et Djibril Débourou dans un échange de coups de poing. Autour des questions d’intérêt, l’hémicycle a été transformé en un lieu de spectacle à travers la vive protestation des députés qui se sont mis à taper sur les tables pour empêcher la suite des débats. Et voilà une fois encore, la tension qui monte pour des propos peu courtois à l’endroit du gouvernement. A ce rythme, la cinquième législature risque de se distinguer par ses mauvaises pratiques. Le pire pourrait arriver un jour si les députés continuent sur cette lancée. Ils peuvent mieux faire.