L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le Parti du Renouveau Démocratique (PRD), est l’une des 04 composantes du bloc politique dénommé le G4 et comprenant la Renaissance du Bénin (RB), le Parti Social Démocrate (PSD) et le Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (MADEP). Avec dix députés à l’Assemblée nationale, contre vingt pour ses trois partenaires mis en ensemble, le parti de Me Adrien HOUNGBEDJI aurait pu se positionner comme la locomotive de ce bloc qui s’est donné comme ambition à sa naissance, d’arracher le pouvoir au président Boni YAYI en 2011. Et c’est légitimement que le leader charismatique du PRD nourrissait le rêve de jouer son baroud d’honneur lors des prochaines élections présidentielles en s’appuyant sur ce regroupement pour réaliser enfin le rêve fondateur de son combat politique depuis bientôt deux décennies. Il s’agit de la conquête du pouvoir suprême. Mais comme si la poisse pourchassait toujours Me Adrien HOUNGBEDJI, la machine lancée en trombe dans la ferveur et l’euphorie et qui devrait le propulser sur le chemin de son destin, se trouve soudainement grippée à mille lieues de la destination. Conséquence, les passagers à bord en descendent déjà pour changer de navire. La crise actuelle au sein des G et F, qui risque de tailler en pièces détachées avant 2011 les alliés et partenaires politiques du PRD dans le bloc de l’opposition, compromet gravement le rêve du leader des Tchoco Tchoco. C’est comme si le bloc n’était constitué que de vils affidés qui attendent sereinement l’heure de leur forfaiture pour dépecer le PRD et renvoyer son chef à ses illusions. Un détail significatif et qui ne trompe pas : c’est au sein des alliés du PRD qu’on retrouve les démarcheurs de la candidature d’Abdoulaye Bio Tchané à la prochaine élection présidentielle comme pour signifier à Me HOUNGBEDJI que face à Boni YAYI, il était loin d’être leur préféré pour faire l’affaire. Aujourd’hui le PRD qui se trouve aux confluents de ses défis pour réaliser le rêve de son leader avant sa sortie de scène, doit dans une opposition dont il a peur de se confirmer, faire face à l’hémorragie provoquée par les démissions plus ou moins en cascade qui s’observent au sein du parti. La plus importante de celles-ci est la résiliation sans une autre forme de procès de l’alliance qui liait jusque-là le PRD au PRS, un parti avec lequel il était allé en duo aux élections législatives de 2007 et qui lui offrait un terreau de militants dans la quinzième circonscription électorale à Cotonou. En plus de nombre de ses fiefs traditionnels comme Sèmè Podji,Avrankou et Adjohoun qui sont tombés dans l’escarcelle de ses adversaires politiques, le PRD assiste impuissant à la saignée qui le frappe chaque jour avec le départ de ses cadres vers des horizons plus prometteurs. Confiné au département de l’Ouémé, le parti a perdu de sa superbe, lui qui, il y a quelques années avait étalé ses tentacules du nord au sud et de l’est à l’ouest du Bénin. C’est donc en espérant renforcer son influence électorale que Me HOUNGBEDJI s’est vu obligé de s’associer à des alliés qui lui ont barré la voie de la Marina en mars 2006 et qui n’hésiteront pas à le poignarder dans le dos à la première occasion. 2011 est encore loin et le président du PRD jauge ses chances en attendant, l’assaut ultime !
Par : Bernadin MONGADJI