L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le président de l’Organe Présidentiel de Médiation (OPM), Albert Tévoédjrè, vient d’être promu par ses pairs à la tête de l’Association des médiateurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Am-Uemoa). Cet acte de reconnaissance de la grandeur de l’homme donne le déclic d’une pression interne à l’Assemblée nationale en vue de l’adoption de la loi qui légifère le médiateur de la République.
Par : Serge-David ZOUEME
La nouvelle est tombée, mercredi dernier, au siège de l’institution à Porto-Novo lors de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux. Le président de l’Opm, Albert Tévoédjrè, est plébiscité à la tête de l’Association des médiateurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Un acte de reconnaissance et de grande importance qui conforte le savoir-faire avéré et l’expérience convoitée du « Renard de Djrègbé ». Il force l’admiration de ses pairs de la zone Uemoa et vient ainsi d’être montré du doigt comme une valeur authentique au plan sous-régional et par ricochet national avec qui il faut nécessairement composer. Cette promotion à l’externe du « Renard de Djrègbé » sonne aussi le glas des polémiques, des commentaires ironiques et des interprétations politiques parfois tendancieuses autour du vote de la loi sur le médiateur de la République. L’organe est considéré jusque-là, à tort ou à raison, comme un tigre en papier parce que ne disposant pas d’une base juridique. La loi qui devrait faire de lui une institution républicaine et autonome au même titre que les autres institutions de la République telles que la Cour constitutionnelle, la Haute Cour de justice, la Haac et la Cour suprême traîne encore à l’Assemblée nationale. Les différentes manœuvres et les actions de lobbying entreprises par le président de l’Opm ainsi que sa tournée à travers le Bénin pour légiférer son institution n’ont pu aboutir. Le chef de l’Etat, le président Thomas Boni Yayi, lors de la présentation des vœux à la Marina avec les professionnels des médias, en a même fait un petit sujet de distraction. La « consécration » d’Albert Tévoédjrè s’apparente aussi à un acte de reconnaissance qui pourrait forcer la main aux honorables députés. L’image et la valeur intrinsèques de l’Opm du Bénin est désormais en jeu. Au regard du vide juridique dans lequel végète l’organe, donc sans statut, on peut bien rire du Bénin à l’extérieur vu que Tévoédjrè préside l’Association des médiateurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Dans le souci de soigner l’image du Bénin et de l’Opm de Tévoédjrè, les députés doivent taire leurs clivages politiques et faire preuve d’un sursaut patriotique pour voter enfin la loi sur le médiateur de la République. Selon les indiscrétions, le dossier sera débattu en plénière vers la fin du mois de janvier 2009. Albert Tévoédjrè, à travers sa nomination, sauve ainsi sa tête et contraint indirectement les honorables députés à se pencher sur le vote de ladite loi. Patriotisme oblige.