L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les joutes oratoires à l’hémicycle, vendredi dernier, lors de la plénière, ont fini par aboutir à la désignation des représentants des honorables députés dans les parlements régionaux. L’opposition non déclarée a imposé, à nouveau, son diktat en raflant dix (10) des quinze (15) sièges à pourvoir contre cinq (5) pour les Fcbe.
Par : Serge-David ZOUEME
Tel un devin, on l’avait prédit à la veille de la plénière. Et ce fut le cas. Le bloc des G4, G13 et Force Clé a, à nouveau, imposé son diktat raflant du coup dix (10) des quinze (15) sièges à pourvoir dans les Parlements régionaux et panafricains. Ainsi, au Parlement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), la plénière aux couleurs de l’ « opposition » a élu les députés Eloi Aho, Georges Bada, Sanni Yibatou Glèlè, Rachidi Gbadamassi et Edmond Agoua. Pour le Comité inter-parlementaire de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (Uemoa), ils ont désigné les honorables Clément Houinou, Désiré Vodonou et Wallis Zoumarou. Quant aux députés Luc Boniface da Matha Sant’ Anna, Rosine Vierya Soglo, Gabriel Tchocodo et Ismaël Tidjani Serpos, ils siègeront désormais au sein du Parlement panafricain. En somme, dix (10) députés de l’opposition non déclarée et deux (2) de la minorité parlementaire ont pu être élus lors de la plénière vendredi. Les députés Fcbe doivent compléter leur liste de cinq (5) députés en procédant incessamment à la désignation des trois (3) restants.
Polémiques autour des modes de désignation
Mais la désignation des députés ne s’est pas déroulée sans anicroche. La procédure de désignation à adopter par la plénière a été âprement discutée. Pour les députés de la mouvance présidentielle, ils ont demandé que la jurisprudence de la Cour constitutionnelle fasse école. Ils ont souhaité une répartition proportionnelle des sièges suivant la configuration politique de l’Assemblée nationale. Niet !, ont rétorqué les députés de l’ « opposition ». Ils proposent, quant à eux, que la plénière procède au vote. Une formule qui a fini par être adoptée vu qu’ils ont la majorité numérique. Dans la quête de la stabilité parlementaire, les Fcbe ont souhaité que leurs adversaires d’en face leur concèdent six (6) sièges au lieu des cinq (5) comme c’est le cas. Une demande qui a achoppé sur le refus des députés de la coalition dite de l’opposition.
Les Fcbe claquent la porte
Face à la résistance de leurs collègues des « G » et « F », les députés de la minorité parlementaire ont, pour une seconde fois, claqué la porte en signe de désapprobation de la politique hégémonique de leurs adversaires politiques. Ils ont aussitôt organisé une conférence de presse pour dénoncer le diktat des députés de l’opposition non déclarée et réaffirmé leur engagement à ne pas être solidaires de ce « hold-up » politique. Cependant, la plénière s’est poursuivie en absence des députés Fcbe. Aux dernières nouvelles, la Cour constitutionnelle serait déjà saisie pour juger du dossier. Les députés se retrouveront, à nouveau, ce jour, au Parlement pour étudier et procéder à l’adoption du budget de l’Etat, exercice 2009. A cet effet, deux possibilités se dessinent. Les députés pourraient décider de l’adopter ou de le rejeter comme certains tendent à le croire. Les débats pourraient être houleux.