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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Entretien avec Pascal Gandaho, secrétaire à la communication de la Céna 2008 : « Je soutiens Yayi Boni sans ambiguïté »

Après avoir servi le peuple en tant que membre de la dernière Commission électorale nationale autonome (Céna), Pascal Gandaho est retourné à ses activités habituelles et continue néanmoins de mener le combat politique tout en soutenant le Chef de l’Etat, le Docteur Boni Yayi.

Très averti des réalités socio politiques du Bénin grâce à son expérience, Pascal Gandaho jette ici un regard critique sur la vie socio-politique nationale et fait une analyse de la situation qui s’enlise à l’Assemblée nationale. Pour lui, le Président Boni Yayi doit en réalité être soutenu par le peuple à cause des efforts qu’il ne cesse de fournir.

………………………………………………………………………………………………… 1- On vous a vu à la Céna lors des dernières élections. Et depuis, il semble que vous êtes en veilleuse. Une idée sur vos fonctions actuelles. En veilleuse ?

 Je ne crois pas. J’ai eu l’honneur d’être désigné par le Président de la République pour être membre de la CENA 2008, chargée de l’organisation et de la gestion des élections locales. J’ai conscience d’avoir accompli cette mission avec abnégation, esprit patriotique et totale loyauté vis-à-vis de ma famille politique.

Il s’agissait d’une expérience extraordinaire, que je ne cesserai de remercier le Chef de l’Etat de m’avoir permis de faire. J’ai eu l’occasion de connaitre mieux encore les réalités de notre pays, de sa classe politique et de son peuple. Mais il s’agissait aussi d’une mission ponctuelle, de quelques semaines. Depuis juin, je suis naturellement retourné à mes occupations habituelles.

C’est vrai que je m’impose un certain devoir de réserve en raison des passions et des tensions observées à l’occasion et à la suite des élections. Je ne crois pas utile de rajouter à la clameur qui persiste. Je continue mes activités professionnelles à l’Université d’Abomey-Calavi, c’est-à-dire à m’investir au profit de l’avenir du Bénin.

En tant que citoyen et responsable politique, je fais également ce que je peux pour que progresse la démocratie, diminuent la pauvreté des populations et la désespérance des jeunes et se renforce la cohésion de la Nation.

2- On vous sait proche du pouvoir actuel. Néanmoins quelle est votre analyse des actions du gouvernement du Docteur Boni Yayi ?

 Je ne me considère pas seulement comme proche du pouvoir du Président Yayi. Je le soutiens sans ambigüité. Cela va de soi, puisque j’ai contribué à son avènement, avec foi et énergie. Avant le scrutin de 2006, Boni Yayi avait pris soin d’exposer de manière systématique, sa vision et ses propositions, pour le développement durable du Bénin. Si depuis lors, il confronte régulièrement ses idées avec la réalité de la situation du Bénin, il est manifeste que le Président de la République maintient fermement le cap.

Sur les plans politique, économique, social et culturel, des actions sont menées au quotidien pour que le Bénin avance durablement. Des reformes importantes ont été opérées dans le secteur des finances et de l’économie ; l’image du Bénin à l’Etranger s’est fortement améliorée ; l’éducation et l’enseignement se démocratisent ; la richesse nationale est mieux partagée ; les infrastructures sont en cours de réhabilitation. En participant, sur divers fronts, à la bataille pour l’élection du Docteur Boni Yayi, je ne me faisais aucune illusion sur l’environnement difficile dont devait hériter le nouveau pouvoir et la difficulté de la tâche qui l’attendait.

Il reste beaucoup à faire, notamment dans le domaine politique. Tout devrait être mis en œuvre, par les acteurs politiques, pour dissiper le sentiment que le Bénin traverse une crise politique depuis près d’un an. Par définition, une crise ne dure pas indéfiniment.

3- Quelle analyse faites-vous de la situation socio-politique du pays caractérisée par la crispation de la tension à l’Assemblée nationale ?

 Je pensais précisément à cette situation. Nous sommes dans un régime de séparation des pouvoirs, mais l’esprit de la Constitution impose que les Institutions de la République collaborent. Le Bénin, pays pauvre, ne peut supporter une crise qui n’en finit pas d’étonner et d’inquiéter. Cette situation complique ou compromet les plans et les projets, depuis la fin de l’année dernière.

Elle est largement à l’origine de la configuration de la dernière CENA et de la manière dont elle a été perçue dans divers cercles politiques. La crise risque de brouiller encore plus l’image de la classe politique et de la décrédibiliser aux yeux des citoyens. Cette crise pollue l’atmosphère générale dans le pays.

Je sais que le Chef de l’Etat ne ménage aucun effort pour trouver l’espace du langage commun et du dialogue républicain. Je suis convaincu qu’aucun des protagonistes de la crise ne souhaite un recul de notre pays. Les ponts n’ont jamais été coupés entre les hauts responsables politiques et je note que pendant la crise le pays demeure gouverné.

Il demeure que si la démocratie s’accommode facilement de l’existence d’une opposition, même forte, elle évolue difficilement dans des environnements de confusion, quand les territoires ne sont pas définis. Aujourd’hui, peu de Béninois sont capables de reconnaitre le positionnement des diverses forces de l’échiquier politique par rapport au pouvoir et la nature réelle des relations entre eux.

La nomination récente d’un Conseiller politique spécial auprès du Président de la République pourrait aider à la prise en charge et au suivi des dossiers politiques.

4- La Fcbe actuelle comparée à l’Ubf sous le régime Kérékou. Quelle analyse cela vous inspire ?

 Il y a peut-être quelques ressemblances de situations. L’UBF a été créée pour soutenir un pouvoir déjà en place. L’alliance FCBE aussi. L’une et l’autre peuvent ainsi attirer facilement les faveurs de divers citoyens. Comme l’UBF, FCBE peut être le lieu de batailles dont la relation avec la recherche d’efficacité pourrait ne pas être évidente.

Mais la classe politique s’est peu renouvelée depuis 2006 et certains parmi nous ont fait l’expérience de l’UBF. Ils sauront mettre les leçons d’hier au service des projets d’aujourd’hui. Il me parait surtout nécessaire que les organisations membres de FCBE veillent à demeurer actives et efficaces sur le terrain. En tant que structure de coopération et de mutualisation, FCBE ne peut se nourrir et se renforcer qu’autant que sont forts les partis qui la composent et qui conservent leur autonomie.

Ces partis ne doivent pas perdre de vue les obligations que met à leur charge la Loi N° 2001-21 du 21 février 2003 portant Charte des partis politiques.

La foi et l’engagement que j’ai notés à l’occasion du congrès de refondation m’autorisent à demeurer optimiste et confiant sur les performances et l’avenir de FCBE. Si nous savons rassembler, sans drame ni guerre, toutes les forces qui soutiennent le Président de la République, FCBE aura eu plus de succès que l’UBF.

5- Croyez-vous en l’émergence tant prônée par le Président Boni Yayi ?

 Le Bénin n’a pas le choix. Nous avons atteint les profondeurs de l’abîme, sur tous les plans. En fait il ne s’agit pas de croire ou non. Nous devons agir. Nous devons aider le Président de la République à mettre en œuvre le train de mesures élaboré pour que demain soit un nouveau jour, pour notre jeunesse et tout notre peuple.

6- Que pensez-vous de la Lépi et du système électoral béninois de façon générale ?

 Notre système est meilleur à ce que l’on peut observer dans de nombreux pays. Il a donné des résultats dont les acteurs politiques et les citoyens ont pu se prévaloir, scrutin après scrutin, pour conduire et gérer nos institutions, à divers niveaux. Mais nous avons la maturité nécessaire pour relever les insuffisances du système. Mon expérience à la CENA m’a permis de m’en rendre compte.

Parmi les problèmes, on peut relever l’instabilité des textes réglementaires et de la structure de gestion, le manque de fiabilité de la liste électorale et le refus d’adhésion des acteurs aux règles du jeu, telles que définies par eux-mêmes, qui conduit à la politisation extrême de la CENA.

Bien avant les dernières communales, le Chef de l’Etat a pris des initiatives pour reformer le système. Il est souhaitable que le dossier progresse et aboutisse. Bien entendu, la réalisation de la LEPI demeure un impératif catégorique. Je crois savoir qu’il y a de bonnes perspectives aujourd’hui. Mais la meilleure liste ne peut rien contre des acteurs qui recherchent des raccourcis. Il me parait nécessaire de réaliser un consensus de la classe politique sur les conditions d’organisation et de gestion des élections au Bénin.

7- Quelles sont vos ambitions politiques pour le futur ?

 Comme disent de nombreux amis, je crois être un homme politique atypique, peu préoccupé des ambitions personnelles. Je m’intéresse avant tout à l’action et aux réussites collectives. Je ne sais pas si j’ai vraiment raison. Aujourd’hui, mon ambition se limite à rechercher et faire ce que je peux pour être utile à mon pays et à ma famille politique, en ayant à cœur les défis et les enjeux que chacun sait.

Je veux continuer à faire ce que je peux dans les secteurs où je me reconnais quelque compétence. Avec d’autres, je souhaite particulièrement agir pour conserver au projet politique d’avril 2006 les faveurs de l’opinion publique. Je réfléchis aussi à des initiatives pour développer la prise de parole citoyenne et faire progresser les débats politiques.

Bien entendu, je nourris aussi l’ambition que ma localité de naissance cesse d’apparaître comme une terre de divisions, de coups bas, d’affrontements et d’humiliations collectives, pour se tourner vers le développement. Grâce aux efforts consentis depuis 2005 notamment par une poignée de cadres politiques dont je suis, les populations de Zagnanado continueront de tout donner à l’idéal que nous leur avons proposé.

S’il plait à Dieu, je serai de ces combats, dans la fidélité, la sincérité et la loyauté.

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