L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le Ministre de l’énergie et de l’eau, Sacca Lafia, a fait, au début du mois de novembre, une visite de travail en Chine où il a poursuivi les négociations avec les autorités sur la construction du barrage d’Adjarrala. Une visite qui a porté ses fruits puisqu’une mission technique chinoise est dépêchée au Bénin pour une étude à cet effet. Un ouvrage qui, une fois construite, sortira le Bénin et le Togo du tunnel du déficit énergétique.
Par : Matini MARCOS
L’un des grands soucis du Ministre de l’énergie et de l’eau, Sacca Lafia, et du gouvernement, est de réduire la dépendance énergétique du Bénin, car on ne peut parler de développement sans énergie. C’est dans ce cadre que le Ministre Sacca Lafia s’est rendu au début du mois de novembre en Chine pour persuader les autorités chinoises d’apporter leur appui au réaménagement du barrage hydroélectrique d’Adjarrala sur le fleuve Mono Ledit barrage permettra de juguler la crise énergétique qui sévit au Bénin et au Togo. Ces deux pays, faut-il le rappeler, sont approvisionnés en énergie par la Communauté électrique du Bénin (CEB). De toute évidence, le voyage du Ministre de l’énergie, Sacca Lafia, a été concluant puisqu’une mission technique chinoise sera envoyée au Bénin, pour une étude de faisabilité approfondie sur l’agrandissement et l’augmentation de la capacité de production électrique du barrage. De sources concordantes, la Mission technique chinoise, une fois au Bénin, va se rendre sur le fleuve Mono, pour réévaluer le coût des travaux à effectuer. Le barrage hydro-électrique d’Adjarrala créé depuis une quarantaine d’années n’arrive plus à subvenir aux besoins énergétiques du Bénin et du Togo, et la crise énergétique qui a secoué les deux pays en 1998 a remis sur le tapis l’agrandissement et la modernisation de l’ouvrage. On se souvient que les 19 et 20 février 2004, les experts des deux pays ainsi que les bailleurs de fonds avaient tenu une rencontre à Cotonou pour étudier les modalités d’exécution des travaux d’agrandissement et de modernisation du barrage. Le coût des travaux était évalué en 2004 à 162 millions de dollars US et les deux pays, en l’occurrence le Bénin et le Togo, devraient bénéficier d’une production énergétique de plus de 326 Gigawatt par an (GWH/an). Une bouée d’oxygène qui devrait réduire la dépendance énergétique des deux pays. Mais hélas, les travaux qui devraient commencer en décembre 2004 n’ont pas été exécutés. Quatre ans après, le gouvernement de Boni Yayi, à travers son Ministre de l’énergie Sacca Lafia, relance le dossier et vient de marquer un point capital : l’arrivée d’une mission technique chinoise au Bénin pour réévaluer le coût des travaux d’agrandissement et de modernisation du barrage hydroélectrique d’Adjarrala. Cette réévaluation s’explique par l’évolution du coût du matériel sur le marché et des paramètres hydrologiques du fleuve Mono.
Conditionnalité de la Chine
Les experts chinois seront sur le barrage d’Adjarrala pour réévaluer le coût des travaux d’agrandissement et de modernisation de l’ouvrage. En plus de cette étude, la Chine a posé comme conditionnalité, de sources concordantes, que les travaux puissent être exécutés par une entreprise chinoise. Légitime, quand on sait que pour la garantie d’une bonne continuité et d’une concordance des points de vue techniques, il n’existe aucun inconvénient que cette conditionnalité soit satisfaite. L’essentiel pour les Béninois et les Togolais est que ces travaux soient bien exécutés et que la capacité productive du barrage soit augmentée pour les faire sortir du tunnel de la crise énergétique qui handicape les activités économiques dans les deux pays.