L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
En même temps qu’il retirait sa participation du capital de Continental Bank Bénin, l’Etat béninois a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la cession de ses parts et celles de la Boad qui représentent 53% des parts du capital de la banque. Aujourd’hui déjà, 10 soumissionnaires sont enregistrés.
43,6% pour le compte de l’Etat béninois, et 10% pour la Boad, telles sont les actions récemment retirées de la Continental Bank Bénin, plus dix ans après la zone de turbulence traversée par l’institution. Selon certaines sources, cette opération tiendrait compte de prescription des institutions de Bretton Woods, dont la Banque Mondiale, qui encouragent les Etats à abandonner le contrôle des activités bancaires aux opérateurs privés.
Une économie libérale
Les auteurs des offres de rachat des parts mises en vente devront s’engager à poursuivre l’oeuvre de redressement de la banque de manière à en faire une institution viable et performante au Bénin et dans la sous-région ouest africaine. Pour le ministre du développement et de la prospective, Pascal Irené Koupaki, l’Etat béninois, à travers ce désengagement, opte pour la libéralisation de l’économie, qui demeure une disposition constitutionnelle.
" Tout ce que l’Etat pense que le secteur privé peut faire de bien alors l’Etat lui laisse alors le champ libre ", poursuit-il. Pour lui, cette décision de l’Etat est un processus de désengagement amorcé entre 2001 et 2002, sans succès. La banque aurait connu par la suite, des péripéties qu’il a fallu trois ans pour absoudre.
Depuis lors, tout semble aller pour le mieux… l’institution a connu des bénéfices substantiels, au point même que, de façon exceptionnelle, les actionnaires pourraient avoir droit cette année, à des dividendes. Ainsi, l’Etat ayant participé à la restructuration de cette banque, en rachetant les créances douteuses de la banque, en la renflouant, il est désormais temps que la banque redressée soit aidée par l’intermédiaire des actions de l’Etat à un partenaire stratégique, de référence mais qui soit un investisseur.
Déjà 10 soumissionnaires.
La balle est à présent, dans le camp des soumissionnaires. Depuis, une dizaine aurait déjà acheté le dossier d’appel d’offres et sont censés déposer leurs soumissions sous peu.
Parcontre, Pascal Koupaki précise que l’Etat béninois ne se retirerait pas intégralement du système bancaire, puisque dans le cadre de la relance du secteur agricole, le gouvernement aurait indiqué que les mécanismes de financement qui sont basés uniquement sur la micro finance ne suffisent pas à financer le secteur agricole. L’Etat a donc pris l’initiative de commettre un cabinet béninois pour entreprendre une étude de faisabilité sur la création d’une banque agricole.
Ce serait une banque en partenariat secteur-public, secteur-privé. S’il manque d’affluence au niveau des privés, l’Etat fera du portage comme ce sera le cas dans d’autres secteurs. Par conséquent, l’Etat part de Continental Bank pour faire la promotion de la Banque agricole nécessaire à la politique de relance du secteur agricole.
Armel Koyè