L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le Chef de l’Etat risque d’exécuter le budget général de l’Etat gestion 2009 par ordonnance. Le blocage des activités parlementaires par les députés de l’opposition non déclarée en est la principale cause.
Annoncée pour être ouverte hier, la deuxième session ordinaire de l’année 2008, qui devrait se pencher sur le budget général de l’Etat exercice 2009, a été purement et simplement avortée. Les députés du G4, G13 et ceux de Force clé, au nombre d’au moins 43, l’ont boycottée, pour des raisons politiciennes.
C’est dire que si ces députés ne ramènent pas la balle à terre, lentement mais sûrement, et au regard de ces indices, on tend vers la prise d’une seconde ordonnance sous le régime en place. La première a été prise par le Président de la République face au refus catégorique de ces mêmes députés de ratifier un important accord de crédit de financement pour la gestion de l’érosion côtière dans le Littoral.
Et pour que l’histoire ne se répète pas, il faut que les députés de l’opposition mettent de l’eau dans leur vin. Le Chef de l’Etat a déjà joué sa partition en envoyant à l’Assemblée nationale, et ce conformément à la Constitution, son projet de budget général gestion 2009. Il ne reste donc qu’aux opposants déguisés de prouver, pour une fois, leur bonne foi, en l’approuvant simplement.
Le contraire entacherait sérieusement leur crédibilité. Cette 2ème session ordinaire reste ouverte jusqu’à fin décembre 2008. Pendant qu’il est encore temps, ils peuvent se mettre au travail. Le boycott des activités parlementaires n’arrange pas les choses. Bien au contraire, il vicie les relations entre députés d’une part et entre l’exécutif et le législatif d’autre part.
Le vote de ce budget ne saurait être un moyen pour faire chanter le pouvoir. Le budget 2009 a besoin d’être adopté par les voies les plus appropriées pour permettre au gouvernement de remplir pleinement et convenablement sa mission. En refusant de lui donner les moyens de sa politique, c’est la preuve que les députés de l’opposition veulent vraiment bloquer le fonctionnement de l’Etat. Mais avec la détermination du Dr Boni Yayi, ce n’est pas sûr qu’ils arrivent à dicter leur loi sur ce sujet.
Dans les coulisses, on apprend qu’ils ne sont pas prêts à lâcher du lest. De toutes les façons, le Chef de l’Etat a la situation en main : la loi lui donne tous les moyens nécessaires pour réaliser ses ambitions pour le Bénin. Même si c’est par ordonnance, l’histoire retiendra les tenants et aboutissants des manœuvres politiciennes qui vont le contraindre à recourir éventuellement à cette mesure.
Léonce HOUNGBADJI