L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Hier, la plénière convoquée par le président Mathurin Nago n’a pu avoir lieu malgré la présence de la majorité des députés. La cause principale est la disparition suspecte de Joachim Dahissoho, 1er secrétaire parlementaire.
Les députés n’ont pas pu travailler hier, au palais des gouverneurs, à cause de l’absence du 1er secrétaire parlementaire, Joachim Dahissiho.
Convoqués pour 10h, par le président Nago, les députés ont massivement répondu présent. Mais jusqu’à 16h, la plénière pas pu s’ouvrir.
Il faut dire que la 2ème secrétaire parlementaire Amissétou Affo Djobo est absente du territoire national, en mission officielle. Le 1er secrétaire parlementaire qui n’avait pas annoncé une quelconque absence au bureau, devrait prendre part avec le président de l’Assemblée nationale, aux différentes séances plénières jusqu’au retour de sa collègue.
Rappelons que, selon les textes du Parlement, la présence d’un secrétaire parlementaire est indispensable pour qu’une plénière se tienne. Malheureusement, bien qu’étant présent le matin, Joachim Dahissiho a disparu alors que le président était prêt à descendre vers l’hémicycle pour ouvrir les travaux.
Les députés Fcbe dénoncent un montage
Excédés par le comportement de leur collègue Dahissiho, les députés Fcbe sont montés au céneau pour dénoncer cette attitude suspecte. Pour le député Janvier Yahouédéhou, porte parole du groupe Fcbe, il n’est pas compréhensible que quelqu’un qu’on a vu il y a quelques minutes disparaisse de cette façon. Il a affirmé que leurs amis d’en face veulent bloquer l’étude d’un dossier qu’ils ont eux - mêmes demandé.
"Nous sommes prêt à ce qu’on évacue définitivement ce dossier et qu’on passe à d’autres choses" a déclaré le député Yahouédéhou. Appuyé par ses collègues Fcbe, il a dit qu’on ne peut pas vouloir d’une chose et de son contraire. Pour eux, leurs amis ont purement et simplement fait disparaître le 1er secrétaire parlementaire pour que le dossier ne soit pas étudié. "Ils savent que nous n’allons pas nous arrêter à la vérification de la gestion de Mathurin Nago. On va voir clair dans les dossiers des deux questeurs, surtout les passations des marchés à l’Assemblée. Nous voulons les détails de l’utilisation des 7 milliards" a déclaré avec force le député Chabi Sika.
Il a ajouté qu’ils ont déjà leurs experts pour faire le travail et c’est peut être ce qui sème la panique dans l’autre camp. Pour les députés Fcbe, cette disparition n’est qu’un montage pour éviter que la vérité éclate à l’Assemblée nationale. Ils espèrent que le 1er secrétaire parlementaire sera là aujourd’hui pour qu’enfin ce dossier soit vidé.
Clarification du paysage politique à l’Assemblée nationale
Eloi Aho démissionne du groupe parlementaire "Sursaut patriotique"
Depuis hier, le député Eloi Aho, élu sur la liste Fcbe n’est plus membre du groupe parlementaire "Sursaut patriotique". Au cours d’une déclaration très courte, il l’a fait savoir à la presse en présence de ses collègues. Il faut rappeler que lors de la plénière du mardi passé, lors de la constitution du groupe parlementaire "Sursaut patriotique", le nom du député Aho a été cité parmi les signataires. Approché, l’’homme n’a pas nié le fait. Il a surtout réaffirmé son appartenance à la famille Fcbe à qui il doit son élection en tant que député.
Pour lui, il est allé dans un groupe où se trouvent des amis alors qu’il était non inscrit. Eloi Aho a expliqué que son action avait pour but de tout faire pour ramener la paix et exhorter les amis députés de ce groupe à soutenir l’action du Président Boni Yayi. "Mais, c’est avec regrêt, affirme le député, que j’ai appris que les députés Houdé et Ahossi ont refusé la main tendu du chef de l’Etat".
Tirant les conséquences de ce refus d’aller au gouvernement de ses collègues, Eloi Aho précise, qu’il a préféré redevenir non inscrit en démissionnant du groupe parlementaire "Sursaut patriotique. "Je ne peux pas continuer à composer avec les ennemis du changement. C’est pourquoi j’ai choisi de partir" a - t - il ajouté.
Les "G" en difficultés au Parlement
Les conséquences de cette démission est l’éclatement de ce nouveau groupe parlementaire. C’est un coup dur à ce bloc, surtout dans le cadre de la mise ne place de la commission d’enquête et de contrôle de la gestion du président Nago. En effet, avec le groupe parlementaire "Sursaut patriotique, les "G" auront 5 représentants au sein de la commission d’enquête sur 9 ; car cette commission sera composée d’un membre par groupe parlementaire.
Avec le départ de Eloi Aho, ce groupe n’existera plus, car il passera de 9 à 8 membres. Selon le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il faut 9 députés pour composer un groupe parlementaire. On peut donc affirmer que les "G" se trouvent en difficulté, car leur plan pour contrôler la commission d’enquête vient de tomber à l’eau.
C’est peut être l’une des raisons de la disparition du 1er secrétaire parlementaire dont l’absence a bloqué les travaux hier. Est - ce pour gagner du temps, afin de trouver une autre stratégie d’attaque ? Attendons la journée d’aujourd’hui pour voir. Mais le danger est que la présente session extraordinaire prendra fin le lundi prochain au plus tard, car la session budgétaire démarre le mardi prochain.
Selon les textes du Parlement, si le processus n’est pas enclenché avant la fin de la session, ce dossier risque d’être classé. Nous vous informerons des suites de cette situation très délicate à l’Assemblée nationale surtout qu’à l’ouverture de la session budgétaire, le président Nago présentera un autre rapport d’activité.
Justin GBEMENOU