Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

Publicité

Crise Financière : Paris et Berlin veulent élargir la liste noire des paradis fiscaux

Réunis à Paris, 17 pays, la France et l'Allemagne en tête, ont appelé l'OCDE à établir une nouvelle liste des paradis fiscaux non coopératifs dans laquelle pourrait être intégrée la Suisse, grande absente de la rencontre.

 

"Il faut totalement faire le ménage dans la liste noire" des paradis fiscaux, a estimé, mardi, le ministre français du Budget, Eric Woerth, à l’issue de la réunion organisée sur le sujet à Paris, à l’initiative de la France et de l’Allemagne.

 

Les 17 pays participant se sont ainsi entendus pour demander à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) de compléter et de réactualiser la liste des paradis fiscaux non coopératifs qui, à l’heure actuelle, ne réunit plus que trois pays, l’Andorre, Monaco et le Lichtenstein.

  

L’absence de Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe et Premier ministre du Luxembourg, a mis en lumière la division de l’Union européenne sur le sort des paradis fiscaux.

 

 "Cela n’est pas un signe très encourageant car, de par ses deux fonctions, Jean-Claude Juncker peut parler au nom de tous les ministres des Finances sauf lorsqu’il évoque la morale financière et le secret bancaire", déclare Raphael Kahane, spécialiste économie à FRANCE 24, avant d’ajouter : "c’est le principal absent".

 

La Suisse montrée du doigt

 

A l’instar du Luxembourg, la Suisse a renoncé au dernier moment à venir. Ce qui n’a pas empêché les participants d’évoquer son cas lors de la conférence de presse qui a suivi la rencontre et à l’occasion de laquelle le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a estimé que la Confédération helvétique, adepte du secret bancaire, "méritait d'être inscrite sur la liste noire".

 

"Je ne remets pas en cause la souveraineté de la Suisse ou du Liechtenstein, a-t-il ajouté. C'est la souveraineté de la République fédérale d'Allemagne qui est mise à mal par les conditions offertes par certains pays." Le ministère suisse des Finances s'est borné à répondre dans la journée qu'il  "ne voyait pas de raison dans l'immédiat de réagir". De son côté, le Luxembourg s'est dit prêt à "discuter" du secret bancaire, refusant toutefois d'être assimilé à un paradis fiscal.

 

Rendez-vous à Berlin



"Nous avons évoqué un certain nombre de pays, les Bahamas, les Iles Caïmans, les Iles Vierges britanniques, Samoa, des centres financiers offshore comme Singapour pour, au fur et à mesure du temps, mettre la pression sur ces Etats en attendant d'avoir bâti cette liste, a encore expliqué Eric Woerth.

 

Rendez-vous a été pris pour une nouvelle réunion en mai ou en juin 2009, avant le G8 à Berlin, afin d’examiner la liste mise au point par l’OCDE. L’Allemagne se veut en effet en première ligne du combat contre la fraude fiscale. "L’opinion publique allemande a été très choquée d’apprendre en février 2008 que de nombreux ressortissants fortunés aient dissimulé leur argent au Lichtenstein, explique Anne Maillet, correspondante à Berlin pour FRANCE 24. Ce scandale financier a joué un rôle très important dans la prise de conscience des politiques."

 

Les différents participants à la réunion se sont félicités du "signal fort" envoyé par tant de pays contre la fraude fiscale. Pour Stepen Timms, secrétaire d’Etat britannique aux Finances, "les pays ont tout intérêt, commercialement parlant, de ne pas être blacklistés".

 

"La crise financière a donné de l’impulsion"

 

Programmée avant la crise financière, cette réunion intervient dans un contexte bien particulier. "La crise a donné une impulsion aux appels lancés pour assainir le système, relève Raphael Kahane. Les pays qui accueillent les hedges funds non régulés doivent porter une partie de la responsabilité de la crise."

 

"Ces annonces correspondent à ce que nous avions suggéré", s'est, pour sa part, félicitée l'organisation non gouvernementale Transparency International France. Selon elle, avec la crise financière, il n'y a jamais eu "une volonté aussi forte" de lutter contre les paradis fiscaux.

 

Transparency International France estime qu’environ 10 000 milliards de dollars, soit quatre fois le Produit intérieur brut (PNB) de la France, sont cachés sur des comptes secrets qui échappent à toute taxation et impôts.


Les présents et les absents


Dix pays étaient représentés à la réunion par un ministre : la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Danemark, l'Irlande et l'Australie.

 

Y participaient également la Finlande, l'Islande, l'Italie, le Japon, la Corée du Sud, le Mexique, l'Espagne, ainsi que le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría.

 

L'Autriche, critiquée pour son application restrictive de la directive européenne sur l'épargne, avait décliné l'invitation, comme les Etats-Unis, en campagne électorale.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article