L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La chaîne de télévision privée Canal 3 Bénin a reçu pour son émission « Zone franche » d’hier l’honorable Eric Houndété. Le rejet du collectif budgétaire a été le sujet principal de cette émission qui a aussi offert l’occasion pour ce député de Force-clé d’apprécier les autres événements de l’actualité nationale.
Mais que de regrets dans les propos de l’honorable qui, dans son appréciation de la situation a confirmé indirectement que le vote contre le collectif budgétaire reposait sur la mauvaise foi des députés de la coalition des « G » et de force clé qui manifestement veulent bloquer l’appareil d’Etat.
Le député Eric Houndété de Force-clé est revenu hier sur la chaîne de télévision privée canal 3, sur le vote contre le collectif budgétaire introduit par le gouvernement à l’Assemblée nationale. Dans son appréciation, il s’est campé sur une dénonciation des manquements du gouvernement. Mais il a manqué lui de son côté, de beaucoup d’arguments pour soutenir ses propos.
Son appréciation qui se veut personnelle a fini par être la preuve d’une guerre collective des députés des « G » et de Force-clé dont il est par concours de circonstance, porte-parole contre le gouvernement. Pour cause, Eric Houndété a dit les mêmes choses que les autres députés de son bord qui justifiaient leur vote contre le collectif budgétaire, par le manque de réalisme.
selon eux, dans ce document notamment au niveau des rubriques concernant les dépenses des travaux de réhabilitation du Palais des congrès et du Centre international des conférences de Cotonou et l’organisation de la célébration de la fête du 1er Août à Parakou, les dépenses sont énormes. L’honorable Houndété s’est mis dans la peau d’un défenseur des intérêts du peuple pour dire que le choix des priorités du gouvernement ne reflète pas les aspirations du peuple que représentent les députés au Parlement.
Mais ce rôle de représentation des intérêts du peuple n’a jamais été joué par ces députés qui prennent leur temps à bloquer le gouvernement. Le contrôle de l’action gouvernementale que confère le pouvoir législatif aux députés ne devrait pas être travesti par une volonté manifeste de bloquer les actions du gouvernement comme cela a été toujours le cas à l’Assemblée nationale.
On en veut pour preuve le report sine die en vertu de l’article 46 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, des débats sur trois projets de ratification d’accord de prêt et un projet de loi modificative sur le code des investissements.
Ceci avait conduit le président Boni Yayi à la prise de sa première ordonnance le 28 juillet 2008 pour contourner la mauvaise foi des députés et faire exécuter quatre dossiers importants bloqués par les députés. Le peuple a été témoin de l’attitude vulgaire des députés qui mettaient au devant leur orgueil collectif.
Ainsi, Eric Houndété encore moins les députés de son bord ne sont pas des personnes indiquées pour donner une leçon de bonne gouvernance au gouvernement qui a toujours affiché malgré les blocages sa bonne foi d’œuvrer pour le développement harmonieux du Bénin. Revenant sur d’autres sujets de l’actualité comme la désignation des chefs-lieux de département, l’honorable Houndété a mis en relief une absence de gouvernance concertée.
Pour lui, l’avènement de la décentralisation devrait amener le gouvernement à associer les élus locaux à la désignation des chefs-lieux. Mais ce qu’il oublie est que la loi ne l’a pas disposé ainsi. Il a souhaité que le gouvernement change de méthode et prenne la France qui après les départements est passé à la désignation des régions comme exemple.
Ce qui a échappe à l’invité est que le Bénin est une infirme partie de la France. Sur d’autres sujets il a aussi parlé de trop de chantiers abandonnés comme l’essence frelatée. Là, il est en retard sur les événements car le gouvernement est avancé sur la question.
Chris-Amos Aholou