L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

Les leaders de l'opposition ont effectué une visite dans certaines écoles hier pour, disent-ils, constater l'effectivité de la rentrée des classes. Houngbédji, Idji, Sèhouéto et consorts se sont rendus dans au moins trois écoles et collèges de Cotonou. A l'analyse, on constate tout simplement qu'ils veulent juste amuser la galerie, comme ils en ont l'habitude. Ce faisant, ils tombent dans le ridicule et se discrétise davantage. Parce qu'il y a mieux à faire.
Les têtes de pont des G et F se sont rendues hier lundi dans certains établissements scolaires publics de Cotonou pour rencontrer les enseignants, les parents d'élèves ainsi que les syndicalistes afin de «s'enquérir de leurs problèmes». L'école primaire publique de Yagbé dans le 1er arrondissement de Cotonou, le Collège d'enseignement général (Ceg) de Godomey et le complexe scolaire et universitaire Sainte Félicité sont les points de chute des responsables de l'Alliance Un hier lundi.
On ignore pour le moment les mobiles réels d'une telle initiative qui n'émeut guère. Mais une chose est sûre, une raison politique sous-tend cette démarche des G et F et cela relève d'une agitation folklorique de ces leaders politiques qui n'ont plus rien à démontrer au peuple béninois. On sait que ces leaders politiques en veulent toujours au Président Boni Yayi et sont toujours dans leur logique politicienne de le coincer et lui créer tous les problèmes dans la perspective de 2011. En réalité, les leaders des G et F n'avaient pas intérêt que la rentrée scolaire commence sans bouderie et sans crise. Sinon, ils donneraient l'occasion de laisser entrevoir que tout va pour le mieux pour le Président Boni Yayi.
En allant offrir une attention, une solidarité et un attachement déguisé aux enseignants, ils espéraient mettre en relief le renoncement et le recul du pouvoir en place vis-à-vis de ses propres engagements. C'est ce qui explique justement cette initiative d'une tournée dans les établissements à un moment où les éducateurs eux-mêmes ne sont pas aux abois. Par cette nouvelle trouvaille, on voit les leaders des G et F dans un combat qui n'a pas sa raison d'être. Comme si une rentrée apaisée n'arrange pas leurs affaires, ils cherchent simplement à attiser d'autres frondes sociales pour la crispation politique du pays.
C'est une option politiquement stratégique mise en œuvre par les G et F pour créer les sentiments d'une décrépitude profonde du changement dans l'opinion publique nationale voire internationale. Voilà des leaders politiques qui de leur position d'opposants refusent de jouer véritablement le rôle de l'équilibre politique et s'adonnent à des actes pour amuser la galerie. Face à la crue du fleuve mono qui a provoqué des inondations, on n'a pas vu ces leaders politiques apporter leur assistance ni leur soutien aux populations qu'ils croient défendre. Quel sens prend alors aujourd'hui leur combat qui les amène dans les écoles à l'orée de cette rentrée académique 2009-2010?
Si cela leur coûte cette démarche dans le sens d'une bonne rentrée pour les enseignants, alors certains parmi eux comme Bruno Amoussou et Lazard Sèhouéto pour ne citer que ces deux- là devront se faire des procès d'intention. Ils ont servi sous un gouvernement où les crises sociales faisaient rage sans prendre auparavant de pareilles initiatives. Si les G et F pensent donner l'impression d'un contrôle de l'action gouvernementale alors ils se trompent car il ne revient qu'au parlement de le faire. Si l'opposition croit par ces actions qu'elle se rapproche enfin des populations, elle se trompe également car les Béninois savent ce que valent ces hommes politiques et ce ne sont pas des promenades dans des écoles qui leur amèneront le triomphe.
Chris-Amos Aholou